Bilans de la Banque de l’économie nationale
banque des administrations autonomes, des entreprises d'Etat et des institutions d'ordre social et des caisses d’épargne, non seulement comme dispensatrice des crédits, mais aussi et surtout comme détentrice de leurs fonds de roulement monétaires. ; :
Il est intéressant de souligner le rapport entre la Banque et les caisses d'épargne des administrations autonomes. Prenant en considération qu’à l'avenir les caisses auront pour but direct plutôt l'accumulation des capitaux populaires que celui de la distribution des crédits, la Banque prétend au titre de centrale financière de ces caisses et veut, de ce chef, devenir le réservoir des’fonds accumulés par elles. À ce point de vue, la Banque de l’économie nationale ne joue encore qu'un rôle de second ordre pour le moment, ces caisses employant leurs ressources principalement en opérations de crédit. La Banque se heurte d’autre part à ce sujet à la concurrence des banques «communales ». Le montant des comptes courants des caisses à la Banque était à la fin de 1928 de 6. 963,6 mille zl.; à la fin de 1929 de 1.962, 5 mille zl. et à la fin de 1930 de 1.965 mille 71.
D'une facon générale, la Banque commence à appuyer largement son action de crédit sur Îles crédits de banque et le réescompte du portefeuille. Le très fort développement des relations de la Banque avec le marché financier international est à souligner.
C) Opérations de crédit. — En abordant l’étude des opérations de crédit de la Banque, il est nécessaire de faire une distinction
1) Entre les opérations de crédit à long terme basées sur les fonds du Trésor Public;
2) Entre les opérations de crédit à long terme basées sur l’émission de titres;
3) Entre les opérations de crédit de la Banque proprement. dite, aussi bien à court qu’à long terme, énumérées dans la section commerciale du bilan (à partir de 1929) et basées sur les capitaux propres de la B. E. N.et les capitaux emprutés, autres que les. placements du Trésor’.
1. Nous parlerons de l’activité de crédit à long terme de la Banque dans la 11e partie, chap. NI, sect. IV.
oO
L'activité de la Banque dans la distribution du crédit à court terme n’est pas l'essentiel à l’heure actuelle et le montant de celui-ci, bien qu'’augmentant continuellement en dehors de l’année 1930, n’est pas très considérable par
rapport à l’ensemble des crédits.
Voir tableaux ci-contret.
a) Politique de crédit. — Le revirement dans la politique de crédit commence surtout vers la fin de 1927.
A quoi donc doit-on attribuer ce changement dans l’activité de la banque qui se tend nettement à la prépondérance des crédits à long terme?
C’est que la Banque de l’économie nationale commence alors une nouvelle période deson activité, envisageant particulièrement le développement des crédits à long terme, par émission de titres, d'accord, d’ailleurs, avec ses statuts. On peut constater également, à la même époque, le raffermissement des banques privées et une recrudescence de leur activité, à laquelle la Banque de l’économie nationale ne veut pas faire concurrence.
Dans la distribution du crédit à court terme, la Banque veut rester uniquement l'institution centrale destinée à financer les entreprises d'Etat dans lesquelles elle a des intérêts, les entreprises des administrations autonomes et les entreprises ayant un but social. Les crédits à l’économie privée sont faits généralement sur les placements du Trésor et ont un but fixé d'avance, celui de favoriser certaines branches de l’économie nationale, dont le développement est prévu par le plan économique du gouvernement.
Quoique les crédits à court terme de la Banque de l’économie nationale étaient en principe à trois mois, celle-ci ne se tenait pas aussi rigoureusement à cette règle que la Banque de Pologne; nous avons cependant vu que même cette dernière fut obligée de prendre en considération les conditions spéciales de la vie économique en Pologne et de lui faire quelques concessions. C’est ainsi qu’une décision du conseil d’administration de la Banque de l’économie nationale du mois de décembre 1926 rend possible l’escompte d’effets de commerce jusqu’à six mois. Cette mesure, ayant pour but d’adapter l’échéance des crédits à la longueur du cycle de travail, avait
1, Bilan annuel de la Banque pour l’année 1930.
Tableau-des crédits à court terme distribués par la Banque de l’économie nationale.
Total | Effets escomptés à) Prêts à terme Comptes-courants sr] | | | En mil- | En mil- | En mil- En mil- | Date | lions de (y lions de ga lions de ca lions de | o2 | zl. | zl. zl. | zl. | | | | | : % Eur n 31 déc. 1924 Fa 82.3 | 100 | 48.3 59 | MAN reel | 8.4 10 TO SET. | 122.3 | 100 4 PME53"0 BR | 2273 | 21 | 4703 27 ÆLI926 o 156.7 | 100 | 73.3 | 48 | 24.6 160 |p 5870 36 +, 1927 co 220.3 | 100 136.9 62 21.6 10 | 61.8 28 ALORS 7. | 282.3 | 100 | 177.4 63 40.1 14 64.7 23 224 EP | 3267 | 100 185.1 57 62.1 19 795 24 011030 ee JAVA | 100 | 168.3 53 | -35.1 | 11 | LISE RIM FEU je GA |
a) Y compris les effets d’escompte protestés dont les montants respectifs furent à la fin de l’année : en 1924 de 0.2 millions de z1., en 1925 de 0.8 millions de zl., en 1926 de 0.2 millions de zl., en 1927 de 0.5 millions de zl., en 1928 de 1.3 millions de z1., en 1929 de 2.1 millions de zl. et en 1930 de 3.1 millions
| de zl.
: (En millions de zlotys.)
| Crédits à long terme Crédits à | court terme F-- par rapport | | aux crédits | par émis- à long Dale en espèces a)| sion de | Total terme | | titres en % 31 décembre 1924 ...... 14.2 67.0 81.2 TO IS — 1ILD EE ET 53.4 | 165.0 218.4 AGACESE | | — ROPCMEREREr | 79.4 | 206.1 | 285.5 | 53.4 % — ICT EE | 380 .5b) 391.3 | THIERS EDR | | | — NOZEMPEREES 439.3 583.8 1.023.1 | AGE — 1O2IEREPCE | 482.0 | 663.0 | 1.145.1 Pet NA | | — LOS | 697.9 | 735.4 | 1.433.383 | 22:1 &
a) Montant total des crédits à long terme en espèces (crédits de la section commerciale et crédits de la section des opérations avec le Trésor). b) 184.9 millions de z1. des crédits à court terme ont été transférés dans le
bilan au poste des crédits à long terme.
en vue, avant tout, les besoins de l’agriculture. C’est aussi dans le but de favoriser l’agriculture que la Banque accorda en 1927 des crédits à six mois de 20.4 millions de zl. pour l’achat de semences, etc., autorisant encore une prorogation ultérieure de quatre mois de ces effets. L'industrie nationale ayant besoin d’un crédit d’escompte à terme pluslong,laBanque passa à l’escompte des effets provenant de l’industrie et ayant une échéance à courir jusqu’à quatre etmêmecinq mois. Ceci devait permettre à celle-ci le développement des affaires dans le pays même, ainsi que la lutte contre le «dumping du crédit » de l'étranger. Pour favoriser l'importation de matières premières pour les besoins de l’industrie nationale, la Banque accordait également des crédits spéciaux jusqu’à SIX MOIS.
En dehors de ces crédits à court terme proprement dit, la Banque mobilisa des crédits à terme moyen, c’est-à-dire d’une à deux années et même davantage. Leur but fut :
1° de venir en aide aux branches de l’économie nationale qui se trouvaient dans une situation précaire ou qui présentaient un intérêt spécial pourle pays.Ces crédits devaient alors permettreà celles-ci une réorganisation et des investissements nécessaires pour l'amélioration de leur situation.
2° de donner des bases finacières aux caisses d'épargne des administrations autonomes qui, d’après les projets dela Banque, doivent devenir à l’avenir le fondement de tout le système «communal» de crédit, à la tête duquel sera la Banque de l’économie nationale.
39 la Banque distribua aussiau début de 1928, par l’intermédiaire des caisses d'épargne, des crédits à la petite industrie et aux artisans sous forme de prêts à deux ans et demi, prêts remboursables par versements trimestriels s’élevant à 10°, du capital prêté.
En dehors de ces crédits, la Banque accorda encore une sé- : rie d’autres crédits à terme moyen destinés en majeure partie à l’agriculture. Cest ainsi qu’elle accorda directementaux grands propriétaires agricoles des prêts gagés sur des : billets à ordre et remboursables en douze mois par versements trimestriels, etc. Enfin, la Banque ne recule pas devant la prorogation des prêts venant à l'échéance lorsque l'intérêt de l’économie nationale l'exige et que les causes de leur nonpaiement sont graves.
b) Crédils directs et indirects. — Soulignons que les crédits à court terme que la Banque distribue à l’économie nationale présentent surtout un caractère direct. Cependant, d'accord avec la nouvelle répartition des attributions entre les différentes banques d'Etat, la B.E. N. doit assumer le financement des caisses d'épargne et des sociétés coopératives de crédit, en collaboration avec la Banque agricole d'Etat. Cette activité de crédit de la Banque augmente, surtout à partir de 1927.
Les montants des crédits accordés par la Banque aux caisses d'épargne des administrations autonomes furent respectivement! :
Au 31 décembre 1925 de ...... RAA SES 1.9 millons de z1. — LOL GRR SR Re 279 — — LOVE ER DD — — LOLSNE RER EEE RE 21.8 — — LILI ERPRAREREE. 2 19.4 — — LOS MER Er 25.6 —
Les crédits accordés aux coopératives de crédit sont assez importants. Les données pour l’année 1929 font ressortir pour la totalité des crédits aux coopératives de crédit une somme de 10.9 millions de zl. dont 9.9 millions en crédits de réescompte, pour l’année 1930, 11.3 millions de z1. dont 10.3 millions en crédits de réescompte?.
Les crédits à court terme accordés aux banques subissent une évolution très intéressante. Ils furent respectivement® :
Nu sr décembre Aie EEE 6.4 milions de Z1.
— TOP MERE ne 65.9 — — OPERA 89.7 — — LI DT RER RP ALU 19.8 — — TOO RE Pa fe Me scene 10.6 — — DOD OEM Re late 14.3 — — DOS OR ee 1588 —
1. Les chiffres en question jusqu’en 1929 sont extraits des rapports de la Banque et contiennent également certaines sommes ayant un caractère de crédits provenant des placements du Trésor. Nous avons cru cependant possible de les mentionner tels que, étant donné la faible importance de ces derniers. À partir de 1929, les chiffres mentionnés proviennent exclusivement de la section commerciale de la Banque. A partir de 1928, y figurent également les crédits à terme moyen pour les artisans distribués par l’intermédiaire des caisses d'épargne.