‹ L'Organisation du Travail à Roubaix avant la RévolutionChapitre 3 sur 26 · DOCUMENTS D’ARCHIVES · texte numérisé non relu

DOCUMENTS D’ARCHIVES

Archives municipales de Roubaix.

Les matériaux dont je me suis servi dans ce travail sont surtout les documents de première main que m'a fournis la portion des archives communales de Roubaix antérieure à 1790.

Cette portion des archives est divisée en neuf séries.

J'ai puisé dans quatre de ces séries, les séries AA, BB, CC, HIT:

La série AA, relative aux titres constitutifs et politiques de la commune, se compose de 17 dossiers.

J’aiutilisé, dans le dossier 3, les pièces qui accordent la haute justice au seigneur de Roubaix et qui créent dans le bourg

un corps d'échevins.

La série BB, relative à l'administration communale, se compose de 17 dossiers.

Au dossier ‘ reposent les documents qui ont trait aux différends entre les laboureurs et les fabricants ou le magistrat

à propos des impôts.

Les dossiers 16 et 17 contiennent les dénombrements des feux

et de la population faits à diverses époques.

La série CC relative aux impôts et à la comptabilité se compose de 171 dossiers. Ces dossiers permettent d'établir la

liste des impôts perçus à Roubaix.

La série HH se compose de 82 dossiers. Les 10 premiers concernent l’agriculture. Les dossiers suivants que j'ai compulsés renferment tous les documents intéressant l’industrie et le commerce.

Les dossiers 11 à 40 ont conservé les titres divers : ordonnances et lettres patentes, statuts, règlements, sentences concernant les privilèges de fabrication ; les pièces des procès mettant en discussion la juridiction du magistrat en matière de manufacture (dossiers 11 à 17).

Les uns sont consacrés exclusivement aux procès du corps de métier de Roubaix avec les corps de métier de Lille (21, 22, 23, 30, 32, 33, 34) les autres aux procès avec des corporations voisines : Mouvaux, Lannoy (20, 25). Sous l'étiquette HH. 41 se trouve un registre qu’on pourrait appeler registre de la manufacture. C’est un recueil de nombreuses copies de docu-

ments d'archives. J'ai cité souvent cette référence : HH. 41.

À la suite viennent les dossiers relatifs aux comptes des égards. Ils m'ont été très utiles. Ils s'accumulent pendant le

cours de deux cent trente années, de 1557 à 1787.

NA

Autres sources.

J'ai feuilleté aussi, aux archives municipales de Lille, sous la lettre C, les dossiers 7, 9, 10 relatifs aux différends de cette ville avec le plat-pays.

Enfin, quelques renseignements émanent des autres archives : Archives de Wasquehal, série HH. Liasse 2. Archives de Linselles, série AA. Liasse 1.

* L- ” | 4 LÉ € LU »" % ‘ à ” A Le .

ne x : 5 En:

ù - ° ou sw ; > —— L »

j . - $ En n »

On n’assigne généralement pas à l’industrie roubaisienne une origine bien éloignée. En tant au moins qu'elle parait digne de faire figure dans l'histoire de la fabrication des tissus, on la croit plus volontiers fille du dix-neuvième siècle que du quinzième, du régime manufacturier que du régime corporatif. Il est vrai que c'est depuis la Révolution surtout qu'elle à pris son essor le plus important et qu'elle s’est développée prodi-

gieusement.

En réalité, ce développement était préparé de longue date. La fabrique de Roubaix n'a pas germé spontanément; elle ne s’est pas épanouie en un jour. Elie a dans le sol des racines profondes. Sa prospérité, les qualités d'initiative et d'ingéniosité de ses industriels sont le résultat des efforts prolongés et tenaces, du bon

sens de plusieurs générations.

Ce n’est qu'au prix de ces efforts qu'elle a pu vaincre les difficultés inhérentes au régime des privilèges dans lequel elle à vécu, et qu'aggravaient encore l'intolérance jalouse et la rivalité injuste des bonnes villes voisines. C’est par son bon sens qu’elle a su atténuer la gêne que

PVR

devaient créer pour elle les formalités corporatives, et s’accommoder au mieux d’une réglementation stricte

et peut-être nécessaire.

Ce sont ces considérations que nous essaierons de

faire apparaitre dans cette étude.

Le Bourg de Roubaix.

Au milieu du XV® siècle, c’est-à-dire au début de la période qui nous intéresse (1), la terre de Roubaix forme, dans les mains de Pierre de Roubaix, une seigneurie très importante.

Pierre de Roubaix est vassal du comte de Flandre ; il a lui-même de nombreux vassaux. Ce sont les seigneurs de Wasquehal, de la Haye, de le Vigne, de la Havrie, de la Bourde (2), fiefs mouvans de Roubaix.

A côté de ces portions du domaine contituées en fief, biens nobles, il y en a d’autres, biens non nobles ou roturiers, que le seigneur à conservés à son usage où qu'il a octroyés à cens.

Le seigneur de Roubaix a la haute justice sur sa terre. Il la tient, depuis le commencement du siècle, des mains de Philippe le Bon, duc de Bourgogne et comte de Flandre. En 1420, Philippe a accordé « à son amé et féal chevalier, conseiller et chambellan,

(1) Le premier privilège de fabrique date de 1469. (2) LEuriban. Histoire des seigneurs et de la seigneurie de Roubaix, p. 238.

messire Jehan, seigneur de Roubaix et de Herzelles, sur tous les fiefs et arrière-fiefs de son domaine, la haute justice (1), telle et semblable que les autres justiciers de Lille ont coutume d'avoir (2) ».

La salle de Lille comprenait quatre hautes justices.

Le bourg de Roubaix occupait le centre de la seigneurie de Pierre de Roubaix.

Une pièce, en date de 1726, qui repose aux archives de Roubaix et qui porte le nom de «modele où questionnaire pour la paroisse de Roubaix» nous indique ainsi sa situation exacte : Roubaix est un gros bourg de la Flandre française, appelé ville dans diverses chartes des souverains du pays. Il est situé à « deux heures de chemin de Lille, à trois heures de Menin, à quatre de Tournai, à quatre de Courtrai, à une heure de Lannoy, à un quart d'heure de Tourcoing +. Il est régi par la coutume de Lille.

Plusieurs hameaux environnent le gros du bourg, qui est percé de sept rues pavées, dont l’une, traversant la place, est de la longueur d’une portée de canon. On y trouve sept à huit grosses fermes et métairies et plusieurs autres petites dont les terres sont fertiles et produisent du froment, des colzas et du lin (3).

Nous verrons, à propos de la répartition des impôts,

(1) Archives de Roubaix, B. B., 1, f0 15. Sentence condamnant Pierre Farvacque à la peine de mort pour homicide,

(2) À. À, 3, registre,

Page 1