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que les laboureurs et les manufacturiers de Roubaix ne vivaient point toujours en trés bonne intelligence (1).
Si Roubaix a été appelé ville dans plus d’un document, il ne faut point prendre ce mot dans le sens de ville fermée. Ce n'était qu'un village important. Il en avait l’organisation.
Une charte de 1414 (2) à concédé à Roubaix sept échevins. Mais ils ne sont, en matière judiciaire et municipale, que les délégués directs du seigneur, qui conservera jusqu'à la révolution toute ses prérogatives sur la communauté. Ses pouvoirs administratifs sont détenus par un baïlli qui est le représentant de sa personne et de ses droits. Un lieutenant le supplée dans ses fonctions.
Choisis par le seigneur dans la localité, les échevins tenaient de ce choix la soumission à l'autorité légitime. Ils tenaient du milieu dont ils étaient issus le dévoùûment aux intérêts communaux. Ils juraient d’ailleurs à leur entrée en fonctions « de garder la loi et la franchise de la ville » (3), c'est-à-dire de sauvegarder, au profit des manans de Roubaix, le bénéfice des diverses immunités ou exemptions que les lettres des seigneurs
avaient pu leur octroyer.
(1) C. C., 9, No 68.
(2) Charte du 1% octobre 1414, octroyée, de Gand, par Jean, duc de Bourgogne et comte de Flandre. 7€ registre de l’ancienne Chambre des comptes de Lille, fo 92,
(3) Archives de Roubaix, B. B , 2.
ATOS
Le bailli, les échevins et le greffier formaient ensemble « le magistrat ». Le magistrat, surtout à partir d'une certaine époque, à joué vis-à-vis de la manufacture (1) un rôle important.
Il faisait des règlements, spontanément ou à la requête des égards. Souvent il prenait, avant de les édicter, l'avis des notables manufacturiers
Il avait aussi des fonctions judiciaires. La juridiction des échevins avait en 1420 remplacé la juridiction des juges cottiers, des hommes de fief. Ils avaient obtenu la connaissance de toute justice, haute, moyenne et basse. Pourtant, le plus généralement (2) les procès criminels continuérent à être jugés par les hommes de fief. L'échevinage avait surtout l'administration de la justice civile, de la police, des intérêts de la commune.
En matière de manufacture c’est àeux queles égards déféraient les contraventions qu'ils étaient chargés de dresser.
Les plaids se tenaient à Roubaix à deux heures de l'après-midi. A partir de 1553, à la requête de la Dame de Roubaix, Charles-Quint ordonne que les audiences se tiendront « devant disner..….. à telle heure que par les dits baïlly, échevins, hommes de fief ou juges, sera advisée, et lors oyr les dits parties d'un costé et
(1) C'est le mot presque continuellement employé dans les documents des archives.
(2) Généralement, car nous voyons des échevins intervenir dans une
condamnation aux verges et au bannissement,
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d'autres en tout ce qu’elles voudront dire et alléguer et leur faire et administrer raison et justice ainsy qu'il appartiendra, sans faveur ou dissimulation(1) ».Le motif de ce changement d'heure est à citer : « Les plaids se sont de longtemps accoustumez tenir à deux heures de l’'apres-midy. Or, est-il que, à raison de ce, ceux qui ont à faire auxdits plaids, où plusieurs d’iceux, gens champestres, sont souventes fois et pour la plupart du temps embus et yvres tellement qu'on ne les sait bonnement induire (2) ».
(1) Archives de Roubaix, F. KF., 1, N° 9. Acte donné par Ch. Quint le 1553, 23 juin, à Bruxelles.
(2) Archives de Roubaix, même source, même acte.
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