AVANT-PROPOS
Bmugoup de bons esprits sont persuades depuis longtemps que Ja génération actuelle a pour tâehe de résoudre le formidable problème de Vorganisation du travail, soUs peine d'être visitée par une révolution sociale doiit les terribles conséquences sont incalculabiés. Celle croyance gagne du terrain à chaque instant, et déjà cette question de vie ou de mort pour la civilisation est mise à Tordre du jour par les organes de la publicité les plus reeommandables.
En face d*un problème d'une telle importance, c*est un devoir pour tous les hommes de cœur de venir en aide, autant qu'ils le peuYedt, aux généreux travailleurs occupés sur tous les points du globe a jeter les fon^ementi de rédifice qui doit abriter le genre humain.
Désireux de prendre part a cetîç œuvre immense, j'avais, ouvrier inconnu, fait un exposé rapide de l'organisation du travail, lî ne devait être lu que d'un petit nombre d'amis ; mais cet exposé pourra, m'assure-t-on , contribuer h.
détruire certaines préventions etk ranimer l'espérance des hommes de bons désirs, en leur prouvant la possibilité du bonheur pour tous ; et je me hasarde k livrer au pubUc un travail qui n'était pas fait poar lui*. ^
iV AVANT-PROPOS.
Dans la première partie de ce volume, je passe rapidement en revue nos misères, laissant à chacun de mes lecteurs le soin de grossir cette liste, fort incomplète, en y ajoutant les souffrances et les déceptions qui lui sont particulières.
Dans la deuiième partie, j'expose, en quelques pages , le mécanisme fort simple de l'organisation du travail ; il sera facilement saisi, j'aime k l'espérer, par les personnes les moins eiercées aux questions de cette nature.
Dans la troisième partie, je démontre que cette organisation est conforme aux vues du Créateur.
Le lecteur attentif reconnaîtra sans peine comment, si le travail était organisé dans une commune selon le mode décrit dans la deuxième partie, tous les nobles instincts de l'homme, la piété, l'amour du prochain, le dévouement, se développeraient nécessairement et remplaceraient l'incrédulité et l'égoîsme ; il reconnaîtra aussi que les besoins physiques de chacun seraient amplement satisfaits, en même temps que les jouissances de l'âme, du cœur et de l'esprit deviendraient accessibles k tout le monde.
Gomme bien des enfants de ce siècle, j'ai, durant de longues années, cherché consciencieusement la vérité sans la découvrir. Ne pouvant m'habituer k vivre dans l'indifférence sur les grands et importants problèmes dont se sont préoccupés les hommes de toutes les époques, et; d'un autre côté, ne trouvant pas suffisantes
AVANT-PBOPOS. Y
les solutions qui en ont été données jusqu'à nos jours, je doutais... Les personnes qui se trouvent dans une situation d'esprit semblable comprendront seules combien ce doute me fai* sait souffrir.
Je m'adresse à ces personnes; je les prie de lire attentivement la troisième partie; elles y rencontreront peut-être un terme à leurs doutes, car, si je ne m'abuse , elles seront forcées de reconnaître que la loi sur laquelle est fondée l'organisation proposée porte le cachet d'une bonté et d'une justice sans bornes, et révèle l'existence d'une puissance créatrice infiniment parfaite. Puis, en y réfléchissant quelque peu, le lecteur restera convaincu que cette même loi renferme en puissance la solution du problème si controversé de l'immortalité de l'âme.
D'un autre côlé, la loi qui règle la marche progressive de l'humanité, loi indiquée dans la troisième partie, m'a fait comprendre et aimer le christianisme, contre lequel je partageais les préventions d'un grand nombre de mes contemporains.
C'est donc encore aux chrétiens instruits et d'un esprit élevé que j'adresse cet écrit; ils y puiseront, j'en ai la confiance , des lumières nouvelles propres k fortifier leurs croyances en les élargissant; ils y verront, avec bonheur, que l'organisation dont je fais l'exposé n'est que l'application aux faits sociaux de I'^^^'slvV ^^ rÉvaDg^iie.
Biifi9, ei rartout, Je m'adrèsseaux cœurs honnêtes et sympatliiqties qui souffrent des douleurs de tous, qui gémissent sur les yfces et les désordres de ]k société, qui se demandent où nous allons, et qui aperçoivent un ab|me béant au bout de la toute fatale dans laauelle l'Europe marche II pas précipités.
Je supplie toiis les hommes de bonne volonté, quelle qbe soit leur foi religieuse, à quelque parti politique qu'ils appartiennent, de lire sans préoccupation 6e peu de pages; ils y puiseront, je Tespère, cette conviction qui est la mi^nne, a savoir : que Torganisation du travail est le remède à ioui les maux de l'humanité.
Puissent les lecteurs qui ne trouveront aucune objection sérieuee a faire a la théorie et qui reconnaîtront combien un essai serait facile et concluant, pousser, de toutes leurs forces, l'opinion publique k le demander soit aux Chambres législatives, soit au dévouement des citoyens.