LIGNES
longation des études et, avec elle, à l’approfondissement des connaissances acquises. Elle n’est surtout nullement entravée par le service militaire, dont nous parlerons dans l’un des chapitres suivants.
Le nombre des étudiants en médecine augmente d’année en année. Il y a cinquante ans, il se montait à peine à un quart du chiffre actuel. Il était :
de 1954 en 1843; de 2348 en 1853; de 2489 en 1863; de 3594 en 1873; de 6172 en 1883; et de 8379 en 1893.
La Faculté de médecine de Berlin comptait en 1893, 1364 étudiants, avec les élèves des écoles de santè militaires, Giessen et Rostock, les Facultès les moins fréquentées, 111 chacune.
Les deux premières années, au moins, sont consacrées à l’étude de l’anatomie, de la physiologie, de la chimie, de la physique, de la zoologie et de la botanique.
Les études anatomiques et physiologiques, surtout les premières, sont généralement très sérieuses et très complètes. Les cours qui s’y rapportent, de même que les salles de dissection et les laboratoires d’histologie, sont sénéralement bien fréquentés.
Par contre, l’étude des sciences naturelles et expèrimentales laisse beaucoup à désirer. Les cours de physi-
Tuer
que, de chimie et d'histoire naturelle font partie de l’enseignement de la Faculté de philosophie. Ce sont des cours de science pure, ne tenant aucun compte de lapplication de la médecine. Aussi les étudiants en mêdecine, n’y étant pas préparés par des études antérieures, les suivent-ils le plus souvent sans grand profit. Les travaux pratiques n’étant pas exigés, les laboratoires de physique, de chimie et d’histoire naturelle sont absolu-
ment délaissés.
Il en résulte qu’un nombre très restreint seulement d’entre eux parvient à acquérir des notions plus que superficielles dans ces branches de l’enseignement médical dites accessoires, et qui, cependant, sont d’une si
grande importance.
La seconde partie des études, qui est également d’une durée de deux années au moins, s’étend à toutes les branches de la médecine proprement dite.
La matinée est généralement consacrée aux lecons cliniques, après-midi aux cours théoriques et pratiques.
Les leçons cliniques ne sont faites que par un très petit nombre de professeurs, par un seul pour chaque branche dans la majorité des Universitès. Elles ont lieu dans des services spéciaux, faisant partie de l’Université, et à des heures différentes, de façon à permettre aux éléves d'en suivre, au moins, deux ou trois tous les jours.
Les plus fréquentées sont les cliniques médicale, chirurgicale, obstétricale et gynécologique, ophthalmologique, neurologique et psychiatrique.
ses
Vu leur nombre restreint, l’auditoire y est nécessairement très considérable, et, pour cette raison, elles se font généralement dans un amphithéàtre où on améne les patients devant servir à l’enseignement. Ce n’est qu’exceptionnellement qu’elles ont lieu dans les salles d’hôpital.
L'étudiant ne peut donc pas s’approcher des malades et, le stage hospitalier obligatoire n’existant pas, il n’aurait que peu l’occasion d’en examiner, s’il ne pouvait suppléer aux leçons cliniques par les nombreux cours de diagnostic, cours d’auscultation et de percussion, cours d’ophthalmoscopie etc., suivis par un moins grand nombre d'élèves à la fois.
A ces cours pratiques viennnent s’ajouter ceux de mêdecine opératoire, d’opérations obstétricales, d’opérations sur les yeux, et de nombreux Cours théoriques sur la pathologie et la thérapeutique.
Les cliniques de dermatologie et de syphiligraphie, celles de laryngologie, de rhinologie, d’otologie et d’odontologie sont moins fréquentées, quoique fournissant généralement un bon enseignement théorique et pratique et offrant aux élèves l’occasion de s’exercer au maniement du laryngoscope, à l'extraction des dents, etc. L
Une large place, dans les études médicales, est faite à la pathologie générale et à l'anatomie pathologique, représentées dans toutes les Universités allemandes par une chaire spéciale. C’est à l'institut de pathologie que sont faites les autopsies de tous les malades morts dans les services cliniques. C’est là aussi que se font les cours