‹ L'organisation Médicale En AllemagneChapitre 21 sur 27 · CARRE · texte numérisé non relu

CARRE

En effet, l’exercice illègal proprement dit n'existe pas en Allemagne. On n’y peut poursuivre et condamner que ceux qui usurpent le titre de médecin ou de docteur. La peine encourue est de 300 marks, 375 francs.

Malgré cela, les charlatans, rebouteurs et autres parasites de ce genre ne sont pas très nombreux et ne se trouvent en quantité appréciable que dans certaines

contrées.

Honoraires. — Presque dans tous les États allemands, il existe une taxe fixant les honoraires du médecin. Il est juste d'ajouter qu’elle n’entre en vigueur que lorsqu'il s’élève un conflit à propos de la somme à payer, et que lun des partis s’adresse à la justice pour terminer le litige.

Les taxes varient très sensiblement dans les différents États. Nous ne citons que la plus élevée, celle de la Saxe :

Première visite : 1,50 à 6 marks, 1,87 à 7 francs 50.

Visites suivantes : 1 à 3 marks, 1,25 à 3 francs 75;

: Première consultation : 1 à 4 marks 50, 1,25 à o francs 62;

Consullations suivantes :0,75 à 3 marks, 0,95 à3 fr. 75;

Et la moins élevée, celle de Schaumburg-Lippe;

Première visite : 0,50 à 1 mark 50, 0,62 à 1 franc D15

Visiles suivantes : 0,50 à 1 mark, 0,62 à 1 franc 25;

Consultations : 0,25 à 0,75 mark, 0,31 à O0 franc 95.

Des taxes supplémentaires fixent les honoraires à payer pour les visites de nuit, les visites en dehors du lieu de

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domicile du médecin, les visites à des malades atteints daffections contagieuses, les soins donnés à plusieurs membres de la même famille et habitant la même mai- SON.

Dans certains États, il y a des taxes spéciales pour toutes les manipulations et opérations chirurgicales et obstétricales, l’assistance à ces opérations, l’électrisation, le massage, la vaccination, pour les examens d’urine, certificats, autopsies, etc.

En Alsace-Lorraine, il n’existe pas de taxe.

Dans le grand-duché de Bade, elle est ègalement abolie depuis 1873.

L'action des médecins pour les soins donnés à leurs: clients se prescrit par quatre ans en Prusse, par trois ans en Bavière et dans la plupart des autres États.

Les associations médicales. — Elles sont fondées surtout dans le but de défendre les intérêts professionnels et de veiller à l’hygiène publique. Elles sont reconnues et légalisées par l'État.

En Prusse, les médecins de chaque département se réunissent pour former un Bezirksverein, association départementale. Chaque province possède, en outre, une Aerzlekammer, chambre médicale, dont les membres sont élus par les associations départementales.

Les autres États ont leurs associations régionales, délégations médicales etc., dont l’organisation diffère peu des associations départementales et chambres médicales prus-

siennes.

Weisgerber 7

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De plus, il existe un Aerzlevereinsbund, union des associations médicales, qui comprend actuellement 239 associations avec un total de 13467 membres. Une fois par an, au moins, il y a une assemblée générale, Aerzlelag, à laquelle toutes les associations envoient leurs délégués.

L'Allemagne possède en outre:

S6 sociètès médicales scientifiques,

14 sociètès d’hygiène,

11 sociètès de médecins militaires,

54 caisses de secours aux médecins dont une caisse centrale à Berlin, qui comprend :

Une caisse de secours aux médecins invalides ;

Une caisse de secours aux médecins malades ;

Une caisse de secours aux veuves et orphelins de mêde- Cins.

Statistique. — D’après le dernier recensement, il y à en Allemagne 21.621 médecins pour une population de 49.428.470 habitants, c’est-à-dire, un pour 2.286. Berlin, qui possède la plus forte proportion de mêdecins, en compte 2.799 pour 1.578.794 habitants, wn pour 878.

La contrée qui posséde le moins de médecins, est le département de Gumbinnen, Prusse, où la proportion est de un pour 5.424.

Mais, en général, la répartition des médecins est assez régulière dans les villes et dans les campagnes.

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Comme on Je voit, les médecins se trouvent en nombre très suftisant en Allemagne. Aujourd’hui déjà, la situation de beaucoup d’entre eux est loin d’être brillante, et elle le devient de moins en moins. Car, d’une part, leur nombre augmente considérablement d'année en année, d'autre part, les nombreuses caisses de secours, caisses communales, caisses des usines, sociétés de prévoyance, d’assistance, d’assurance contre les maladies, obligatoires pour une grande partie de la population, souvent aussi, fondées librement, même par des gens aisées, rapportent peu au médecin tout en lui donnant beaucoup d'occupation. Aussi beaucoup de praticiens ont-ils de la peine à gagner leur vie honnêtement. Il en résulte une concurrence à outrance, souvent même déloyale. La confraternité et la dignité de la profession médicale ne gagnent pas à cet état des choses.

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