‹ L'Organisation sanitaire rurale en RoumanieChapitre 11 sur 13 · CE. | NE · texte numérisé non relu

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l'hôpital rural, sont envoyés à l'hôpital du chef-lieu départemental.

Celui-ci pourra êtré un grand et bel hôpital avec plusiéurs sections et de nombreux médecins. C’est loin d’être la règle.

C'est ainsi qu’à Hotin (en Bessarabie), Bordeéiafu aväit trouvé à son arrivée un état exactement supberposäble à celui décrit pour les hôpitaux ruraux les plus délaissés. C’est exceptionnel.

Noûus décrirons le fonctionnément de l'hôpital de Fälticeni que hous connaissons particulièrement bien et qui représente la bonne moyenne.

Il ést là donation d’un riche particulier qui l'habitait ét fonctionne depuis 30 ans. Propre, assez coquet, il possèdé en dehors du domicile du personnél médical et auxiliaire, trois chambres à dix lits, une chambre à deux lits pour les femmes en couché, üuné autre à huit lits, pour les maladiés vénériehnés et deux chambres à quatre lits pour les maladiés infectiéuses. Il n’y a pas de laboratoire, pas dé radiographie, pas de salle d'opération. La salle d’Atténite est suffisäité pour les 20 à 46 consultants journaliers qui sont la plupart dés paysans hé pouvant pas être soignés chez eux ou dans les hôpitaux ruraux.

Une seule salle sert de cabinet de consultation, de salle de pansements et d'opérations de toutès sortes ainsi que de::. bureau administratif.

Le médecin est aidé par un infirmier — d’ailleurs consciencieux et expérimenté — quelques infirmières sans instruction spéciale et d’une sagefemme faisant au besoin le service de soignante.

Un intendant lui est adjoint pour la partie administrative, car le médecin est non seulement le chef médical, mais aussi le responsable au point de vue administratif. Les médicaments et les pansements arrivent tant bien que mal du centre.

Les malades plus fortunés achètent leurs médicaments et paient la consultation et le séjour à l’hôpital.

L'activité du médecin est prodigieuse. Les salles sont constamment pleines. La consultation est très chargée et il s’occupe en plus de la direction médicale d’un dispensaire de la première enfance qui est indépendant de l'hôpital.

On soigne dans cet hôpital toutes les maladies, souvent avec des moyens de fortune. Pour les grandes interventions ou les maladies nécessitant des soins spéciaux, on les envoie dans les centres universitaires ou grandes villes possédant des hôpitaux suffisant et bien outillés.

Les maladies sociales dans le milieu rural.

Dépourvue jusqu’à ces dernières années de toute assistance médicale et abandonnée aux guéris-

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seurs populaires, la classe rurale, nombreuse et pauvre, est décimée par des maladies d’une fréquence et d’une gravité extrême.

De tout temps, on a signalé la triade pathologique du paludisme, de l’alcoolisme et de la pellagre, qui se retrouve d’ailleurs fréquemment associés sur le même sujet.

Nous signalerons en plus l'énorme mortalité infantile, la fréquence de la syphilis, de la tuberculose et des maladies infectieuses.

Les médecins de campagne, en nombre nettement insuffisant et dépourvus souvent de l’indispensable, ne peuvent pas suffire à leur tâche. Les agents sanitaires sont d’un réel secours malgré leurs connaissances extrêmement rudimentaires.

L’étendue des maux est loin d’être connue.

Les statistiques anciennes sont fantaisistes ou sont faites par des gens sans aucune compétence médicale. Celles plus récentes, faites avec le secours d'agents sanitaires, ne sont souvent pas bien meilleures. Les meilleures sont celles qui appartiennent aux hôpitaux et aux dispensaires; mais elles sont incomplètes, le paysan ne venant se soigner que « in extremis ».

Nous essaierons de montrer la fréquence, la gravité et la lutte contre les maladies les plus communes du milieu rural.

La mortalité infantile est d’une fréquence ex-

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trêémé. La débilité congénitale, le tétanos du nouveau-né, la gastro-entérite et la broncho pneumonie en sont les causes. Elle témoigne de l'ignorance complète des notions de puériculture et d'hygiène. Aussi, malgré le très grand nombre de naissances, l’accroissémént de la population est loin d'être rapide. Dans certaines régions on a pu Voir un quart Dans une région particulièrement bien étudiée on a signalé uñe natälité variant, suivant les années, de signalé une natalité variant suivant les années dé 54,50 à 31,83 pour 1.600 et une mortalité de 15 à 19,40 pour 1.600, ce qui donne un excédent variant de 4 à 6 pour 1.000.

L'Etat s’est particulièrement ému de cette mortalité infantile. Actuellement, l'instruction dans les écoles, les brochures de propagande d'autre part, le médecin et les sages-femmes enseignent dans le milieu rural les notions indispensables de l'hygiène.

Les secours aux familles nombreuses, l’amélioration de la situation matérielle et la création de nombreux dispensaires pour la première enfance contribuent progressivement à diminuer cette effroyable mortalité.

Le paludisme a occupé toujours en Roumanie une place considérable. Ovide exilé au bord de la mer Noire, en avait déjà souffert et ef laissa le souvenir dans ses récits:

Dépuis, tous les auteurs nationaux ou étrangers l'ont décrit comme un des maux les plus fréquents etle plus redoutable.

La misère physiologique des villages, l'étendue et la persistance des eaux stagnantes, l’absence de toute prophylaxie ou thérapeutique, faisait que 80 à 90 % de la population rurale en étaient atteint.

Félix et Babes ont donné le cri d'alarme. Emu, l'Etat a fait des efforts très louables suivis d’un succès retentissant quoique encoré incomplét. La quinirie à été largement distribuée, lé médecin, lé maire, les curés, l’instituteur ont chacun collaboré au succès des grändés Campagnes anti-paludéennes.

Des travaux édilitaires importants ont été faits; c’est ainsi que le paludisme à diminué dans des proportions très appréciables.

Cet effort n’a pas été suffisamment persistant, c'est pourquoi encore maintenant il faut compter 5 à 10 % de malades.

L'aléoolisme s'est développé d’une manière particulièrement néfaste depuis la grande guerre. L’amélioration, d’ailleurs partielle, des conditions d'existence du paysan, son éducation rudimentaire, le nombre excessif de débits dans la campagne et en ville ont contribué à développer l'alcoolisme dans une proportion extrèmeément inquiétante.

L'hiver, quand il s'ennuie, le dimanche et les

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fêtes, ou bien les jours de marché dans les villes voisines, le paysan consomme des quantités énormes d'alcool sous forme de tzouica, rachiou, basamaque, ou tout simplement de vin. Plus d’un tiers de l'alcool est consommé par la classe rurale.

Les crimes, les suicides ou les accidents lui sont redevables en grand nombre. Les maladies neuropsychiatriques sont particulièrement nombreuses.

L'Etat, qui tire de la consommation de l'alcool une grande partie de ses revenus, était loin de la combattre. Dernièrement, un grand mouvement de protestation s’est fait entendre et une législation restrictive pour la fabrication et la vente de l'alcool a été votée.

Elle est encore trop récente pour pouvoir en juger le résultat.

La pellegre apparut en ‘Roumanie vers la fin du xvu° siècle en même temps que l'introduction de la culture du maïs.

La misère physiologique, le paludisme et l’alcoolisme préparent le terrain, mais il semble indiscutable qu'à l’origine de cette maladie est la consommation du maïs altéré. Elle se manifeste par des troubles digestifs graves, un érythème pellagreux caractéristique et une psychose toxique à type confusionnel ou hallucinatoire.

Elle réalise une déficience physique et psychi-

que extrême, ainsi qu’une prédisposition à la maladie, transmissible aux enfants.

Depuis son apparition, elle a été signalée par de nombreux auteurs.

Félix, en 1882, pense qu’il y a 5.000 pellagreux environ. Les campagnes sanitaires ont permis dès cette époque de constater un nombre infiniment supérieur. À mesure qu'on s'intéresse davantage à la classe rurale, on se rend compte de son extraordinaire fréquence. Il y aurait en ce moment plus de 100.060 malades. Dans certaines régions, il faut considérer 50 p. 1.000 de pellagreux.

La campagne qu'on mène contre cette maladie est rendue difficile et inefficace par la misère et l'ignorance du paysan qui consomme le maïs, même s'il est très altéré.

Des brochures, des conférences sont faites pour leur montrer les dangers qu’ils courent. Le repos, l’alimentation variée et nutritive et quelques fortifiants l’améliorent généralement assez vite. Mais ces mesures ne sont pratiquement possibles pour les paysans, qu’à l'hôpital. Or, celui-ci, quand il existe, manque de place et de fonds.

La syphilis, qui semble avoir existé depuis toujours, connaît, depuis quelques dizaines d'années, un accroissement extrêmement rapide.

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