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I y a actuellement 1 % de syphilitiques dans les campagnes.
Les travailleurs étrangers, le service militaire semblent y avoir contribué.
Relativement fréquente dans les villes, elle est amenée dans la campagne surtout par les militaires ayant fini leur stage.
D'ailleurs, à la campagne, la syphilis n’est pas en général pas une maladie vénérienne mais une raladie de promiscuité. Le malade en pleine éruption floride, la répand en toute ignorance dans sa famille et son voisinage.
La promiscuité, la vaisselle commune, les verres qui vont de bouche en bouche, rendent inévitable la contagion. L’ignorance et l’indolence font qu'on voit les malades, surtout en période tertiaire, quand les lésions portent notamment sur la face.
Le dermotropisme est d’ailleurs particulièrement accentué, par contre, il y a peu d'’atteintes nerveuses,
Une campagne intense a été menée contre ce fléau. Des affiches, des conférences, voire même des films de propagande ont éclairé un peu la population. Aussi les consultations pour la syphilis sont très nombreuses dans les hôpitaux et dispensaires de campagne. Le traitement est gratuit ; malheureu-
sement le paysan se fait faire quelques injections à peine suffisantes pour guérir ses lésions apparentes et ne vient plus jusqu’à l'apparition de nouvelles lésions. Bien rares sont ceux qui suivent un traitement de quelques mois.
L'éducation du public est loin d’être parfaite.
D'ailleurs, l’organisation des dispensaires et leur approvisionnement en médicaments laisse aussi, souvent à désirer.
La loi prévoit des institutions d'assistance médicale en nombre suffisant et des laboratoires d’analyses. Les malades sont obligés de se traiter. Les soins sont gratuits. La transmission consciente des maladies vénériennes est justiciable d’un emprisonnement de 3 mois à un an. Il existe des dispositions législatives en ee qui concerne les professions particulièrement exposées au contage extra-vénérien et les militaires ayant contracté la syphilis pendant leur service militaire.
Les publications pornographiques et celles qui dans un but purement commercial recommandent des médications douteuses, sont passibles d’une forte amende.
Enfin, tout récemment, considérant que les maladies vénériennes sont surtout dues à la prostitution, on a voté son abolition.
Sans vouloir entrer dans des considérations qui
dépassent le sujet de notre thèse, nous signalerons que les espoirs sont loin de se réaliser. La prostitution réglementée, contrôlée et présentant malgré tout, un minimum de sécurité, n'existe plus. Les conditions économiques extrêmement mauvaises poussent à la prostitution un nombre toujours plus
croissant de femmes qui « travaillent », sous les”
yeux des autorités impuissantes, à la dissémination rapide des maladies vénériennes.
Dans l’état économique et moral actuel, il semble que la prostitution réglementée, malgré les justes critiques qu'on peut lui porter, aurait dû être maintenue.
Une mesure vraiment utile serait la déclaration et le traitement obligatoire de ces maladies. Elle se heurte à trop de préjugés pour pouvoir l'envisager dans un avenir plus ou moins approché.
La tuberculose, sans être aussi fréquente que dans les grandes agglomérations, est loin d’être exceptionnelle dans les campagnes. Les statistiques des dispensaires et des hôpitaux en font foi. L’examen d'aptitude militaire révèle dans la classe rurale un nombre de plus en plus grand'd’adolescents tuberculeux. Malades depuis longtemps ou rendus malades par un séjour infectant dans la ville,
les usines ou écoles, ils reviennent à la campagne
AE TL AUSR
guérir. Le résultat le plus certain c’est la contagion de l'entourage car, aucune précaution, si élémentaire soit-elle, n’est prise.
L'Etat a fait un certain effort, mais les quelques dizaines de dispensaires anti-tuberculeux sont pratiquement sans aucune valeur pour les quelques centaines de mille de tuberculeux qu'on connaît.
Il en meurt approximativement 60.000 par an.
Un essai en grand a été fait pour la vaccination anti-tuberculeuse avec le B.C.G. de Calmette. Ces essais ont montré l’innocuité de cette vaccination, mais les résultats n’ont pas été suffisamment démonstratifs pour justifier la généralisation et l'obligativité de la méthode.
Mais, le professeur Cantacuzène, en se basant sur une statistique qui porte sur 17.436 cas arrive à une triple conclusion :
a) L’inoccuité absolue de la méthode ;
b) Action incontestable sur la mortalité générale. En Roumanie, la mortalité atteint 27 % chez les enfants de moins d’un an ; chez les enfants soumis au B.C.G. la mortalité s’abaisse à 9,7 %.
c) En Roumanie, la proportion des enfants vivant en milieux bacillifères et morts de tuberculose est en moyenne de 25 % si on considère les enfants
re
vaocinés et qui ont été déclarés morts de tuberculose, nous n'avons plus que 1,4 % au lieu de 25 %.
En se basant sur ces résultats, le professeur Cantacuzène émet le vœu que la vaccination au B.C.G. devienne générale et obligatoire.
Dans l'état actuel, l'effort nécessaire pour arrèter la progression de la tuberculose, dépasse, croyons-nous, les possibilités matérielles de l'Etat.
Les maladies infectieuses ont largement profité de la législation et l’organisation sanitaire actuelle.
La loi sanitaire est sur ce point claire, précise et généralement respectée. Conformément aux conventions sanitaires internationales, le pays se défend contre les maladies infectieuses venant de l’extérieur par un contrôle sanitaire venant sur mer ou sur terre. Les stations sanitaires pourvues du matériel et personnel nécessaire sont en voie d’organisation.
Les maladies à déclaration obligatoire et pour lesquelles des mesures sanitaires sont prises sont : l'anthrax, le bottulisme, la diphtérie, la dissenterie amibienne et bacillaire, l’encéphalite épidémique, la fièvre jaune, la fièvre typhoïde et paratyphoïde, le choléra, la lèpre, la méningite cérébro-spinale, la morve, la peste, la polyomyélite, Ia rage, la scarla-
tine, le typhus exanthématique, le typhus récurant et la variole.
Dans un but statistique les médecins déclarent, une fois par mois, les conjonctivites granuleuses, la dengue, la grippe, le paludisme, la melitococcie, la parotidite épidémique, la pellagre, la rougeole, le tétanos, l’érysipèle, la tuberculose, la coqueluche, la varicelle, la blennorragie, le chancre mou et la syphilis.
En cas d’accroissement inquiétant de la fréquence de ces maladies le ministère prend des mesures sanitaires spéciales à leur égard.
L'obligativité de la déclaration concerne les médecins ou, en leur absence, les chefs des entreprises industrielles, agricoles ou commerciales, les directeurs des écoles, des asiles, des monastères, des hôtels, des prisons, ou toute autre personne dont dépend le malade.
Des mesures d'isolement et de désinfection sont prises soit au domicile du malade sous le contrôle indispensable des autorités sanitaires, soit à l’h6pital.
Les analyses indispensables, ainsi que les soins nécessaires sont gratuits et obligatoires dans les institutions publiques.
Une attention toute particulière et louable a été portée sur les maladies contagieuses.
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L'hôpital rural, aussi petit soit-il, doit avoir une chambre pour les maladies contagieuses. En cas d'épidémie grave, des secours de matériel, de médicaments et de personnel sont prévus. Les réunions publiques de toutes sortes, les marchés, les pélerinages sont interdits ; les écoles sont fermées. Si les locaux hospitaliers ne suffisent pas, on recourt à toute autre maison sanitaire, scolaire, publique ou particulière.
Deux vaccinations sont obligatoires.
La vaccination antivariolique est obligatoire dans la première année et à l’âge de 7-8 ans.
Toute personne mordue par un chien suspect
de rage devra se présenter aux autorités sanitaires respectives et subir la vaccination anti-rabique. En cas d'épidémie grave, le ministre, avec l'avis de la commission des maladies infectieuses, pourra décréter obligatoire la vaccination contre le choléra, la peste, la fièvre typhoïde, etc.
À la campagne, les mesures sanitaires contre les maladies infectieuses sont à peu près satisfaisantes.
Les maires ou les agents sanitaires rapportent les cas au médecin rural qui vient examiner les raalades, prend les mesures sanitaires nécessaires, jes envoient, d'habitude, à l'hôpital, fait faire la désinfection des locaux et des vêtements et adresse le rapport à ses supérieurs. |
En pratique, l'isolement à domicile est inopérant. À l'hôpital, où la réception du malade est obligatoire, les salles communes pour des maladies différentes sont la règle.
En cas de manque de place, les malades sont envoyés à l'hôpital du chef-lieu du département ou dans des infirmeries spéciales créées pour la circonstance.
Malgré les critiques qu’on peut lui apporter, la lutte contre les maladies contagieuses est celle qui se fait le plus correctement. Pour les autres maladies, il s’en faut de beaucoup pour qu’elle le soit.
On a constaté que la léthalité de la scarlatine s’abaisse depuis 30 ans en Roumanie d’une façon constante et progressive.
D’après une statistique du professeur Cantacuzène, la léthalité était de 27 % de 1898 à 1902 ; de 20 % de 1902 à rg11 ; de ro % de 1921 à 1924, et, en 1925, de 7,7 %. La scarlatine était autrefois d’une gravité exceptionnelle, on constate une bénignité croissante du type clinique qui est affirmée aujourd’hui par les médecins praticiens. Ces résultats sont dus en grande partie à l'observation des règles d’hygiène, aux soins prodigués par les médecins et en appliquant les règles d'isolement, de désinfection, etc.
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