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IV. — Le médecin de campagne i et l'hôpital rural

Le jeune médecin nommé après concours, médecin de circonscription sanitaire et chef d'hôpital rural, se fait bien des illusions. Il se voit à l'abri des soucis matériels, et aidé, encouragé, respecté et possédant la liberté et la facilité d'appliquer tout ce qu'il sait pour guérir et protéger.

Arrivé sur les Kieux, il voit bien souvent que l'hôpital est une petite maison particulière aménagée pour la circonstance, quand ce n'est pas un bâtiment en ruine ou en construction, mais délaissé depuis longtemps faute de fonds.

Il n’y a ni électricité, ni gaz, ni eau courante, le matériel médical est archaïque et insuffisant quand il existe. Quelques chambres à plusieurs lits chacune reçoivent surtout iles vieillards, les inendiants et les maladies contagieuses.

La propreté la plus élémentaire manque souvent.

Les paysans viennent en assez grand norabre à la consultation mais, il n’y a presque pas de :nédicaments, de pansements ou d'outils. Aussi, dès qu’il y à quelque chose de spécial, on l'envoie à l’hâpilal de chef-lieu du département.

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Le médecin est obligé de faire, au moins une fois par mois, la visite de très nombreuses communes placées sous sa surveillance.

Aidé dans son travail par les agents sanitaires et les sages-femmes, il prend les mesures sanitaires nécessaires et fait des rapports périodiques qu'il envoie régulièrement à ses supérieurs hiérarchiques. Ceux-ci viennent assez souvent contrôler son travail et ... écouter ses doléances.

Sans matériel et médicaments suffisants, non secondé, non encouragé, le médecin doit s'occuper d'une population nombreuse, indifférente et résignée.

Après quelques efforts, plus ou moins soutenus, il se laisse généralement vaincre par les circoastances et se limite à faire sa visite mensuelle des communes, à dresser Îles statistiques et à faire son rapport périodique en attendant de pouvoir quitter la place pour un poste supérieur tel que inédecin d’un hôpital de chef-lieu.

Encore peut-il trouver là aussi une situation presque analogue. '

Il arrive heureusement assez souvent, que le jeune médecin est doué d’une volonté, d’une persévérance et d’une force de travail toute particulière. Dans ce cas là, il peut changer bien des choses, surtout s’il réussit à se faire des collaborations pré-

cieuses.

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