‹ L'Orgie gauloiseChapitre 17 sur 25 · I.E SIÈGE DE GERGOVIE · texte numérisé non relu

I.E SIÈGE DE GERGOVIE

cent quatre-vingt-treize cavaliers dont soixante-sept blessés. Le proconsul réfléchissait. Il semblait hésiter à parler.

— Où allez-vous à présent ? dit-il enfin aux trois amis.

— Au Nord, vers Labiénus, pour le seconder.

— Le connaissez-vous ?

— Pas plus que César. Nous ne l'avons jamais vu. Il nous suffit de savoir qu'il est en danger.

— Qui vous l'a dit ?

— Sa situation ne permet pas d'en douter, puisqu'il ne rejoint pas C^csar, lorsque le proconsul a besoin do lui.

— • Pourquoi n'allez vous pas à César ?

-— Plus tard ; quand nous aurons seconde Labiénus et qu'il pourra lui parler de nous.

Les trois gaulois et le pro« consul, suivis des hommes de l'escorte commandée par Tu linax et Collovèze arrivaient

à une bifurcation du chemin. L'une de ces bifurcations con^ duisait vers le camp des Romains, l'autre où le a corps franc » s'était engagé, s'en écartait, au contraire. Corpact s'arrêta, désignant la première voie.

— Voilà ton chemin, dit-il. Adieu.

— Merci, répondit le proconsul, qui s'éloigna suivi de Collovèze et de Tulinax, à la tête des cinquante cavaliers.

Eoxiaa GaiiiCiae,

Une demi-heure plus tard, Corpact, qui n'avait pas ajouté un mot et dont on respectait le silence en observant fidèlement l'obéissance promise, appela le voué Sigorex, près de ses soldats, vers le milieu de la colonne de marche.

— Sigorex ! Détache du convoi la benna. Fais-y monter Flacius Livius et ses filles et conduis-les au camp romain,

xo

où tu les remettras au premier Centurion que tu rencontreras pour qu'il les conduise à César. Ensuite, fais diligence pour nous rejoindre sur la rive gauche de l'Elaver et n'oublie pas que tu n'as jamais vu César.

— Mais, puisque...

— Silence ! Je te répète que tu n'as jamais vu César ; garde-toi de l'oublier !

Sigorex n'insista plus et s'empressa d'obéir, tandis q.ie Corpact donnait aux autres voués l'ordre d'activer la marche de la colonne.

Il y avait une heure que Sigorex s'était éloigné du convoi avec la benna emmenant Flacius Livius et ses filles lorsque Tulinax et Collovèze revinrent avec leurs cinquante cavaliers.

— En vue du camp romain, dit Collovèze, interrogé par lAulercien. nous avons été remerciés et congédiés par le proconsul, qui voulait rentrer seul.

Corpact sourit d'un air satisfait, puis il dit sévèrement :

— As-tu donc imaginé que vous accompagniez le proconsûi des Romains ? Détrompe-toi ; ce n'était qu'un simple tribun mihtaire.

— Mais, seigneur, j'ai bien reconnu-.

— Je te défends de reconnaître ; . . .

— Ah !

— Et, répète-le : je défends à tous de reconnaître en ce tribun antre chose qu'un sim.ple tribun. Qu'on le sache et que nul ne l'oubhe. A part cela, je rends la liberté de parler.

Quelque temps après que cet ordre avait été donné, Sigorex revint avec la benna, dans laquelle se trouvait un itahen. — Rends-nous compte de ta mission.

Page 1