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I XVI — A LA SORTIE DES ARTISTES

ENFIN c’est la poussée dans les vomitoires, l’exode bntyant de ta foule vers les portes. Des cris, des exclamations s’entrecroisent, parmi les doléances des partisans de Manechus, des parieurs qui ont perdu, l’exubérante joie des autres. Des bousculades se produisent, que les prétoriens dissolvent, frappant même du manche de

L’IMPÉRATRICE NUE

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leur pilum les fauteurs des rixes ou les récalcitrants. Au dehors, un cordon de prétoriens arg^raspides entoure la porte du Levant, du côté de la loge impériale. D’autres gardent l’issue des salles où s’équipent les gladiateurs libres, avant le combat, où les survivants se dévêtent, après, et font leurs ablutions.

Quand Sépéos sortit avec Àri?anus et Lacero, nombre de plébéiens, d’affranchis et d’esclaves, — car le peuple était curieux de voir de près ces hommes qui risquaient leur vie pour ses plaisirs — les acclamèrent. Nais le décurion d’arg^raspides, Lucius Famma, mit la main sur l’épaule de Sépéos.

— Homme, — dit-il — il faut me suivre.

— Pourquoi ? — demanda le gladiateur.

— Je n’en sais rien. Nais c’est l’ordre.

Docilement, Sépéos se laissa emmener. Des citoyens, qui l’avaient reconnu, huaient les soldats :

— Qu’a-t-il fait?.. Pourquoi arrête-t-on ce vaillant?

Les arg^raspides repoussèrent les curieux trop hardis, sans répondre. Puis, l’attention de la foule fut détournée, parce que, du côté de la porte du Levant, les soldats emmenaient quelques autres captifs. De loin, Sépéos reconnut Filiola et Nacris, que les gardes entraînaient. Le peuple boulait curieusement autour des prétoriens impassibles que Virgilius Licis, le centurion, commandait d’une voix brève.

— Quels sont ces, gens? Quel est leur crime?

tous l’ignoraient. Un de ces badauds et de ces sots qui savent tout et la raison de tout dans la politique :

— Ehl laisse? faire, ce sont des adorateurs de la tête d’âne.

Peu à peu, les groupes se dispersèrent et Rome, drapée de pourpre crépusculaire, continuait sa vie ardente, car ces incidents n avaient pas une importance plus grande, au milieu de l’immense Cité en fête, que si les soldats eussent cueilli des fruits et cassé quelques branches en traversant une forêt du Latium, magnifique d’ors et de pourpres, de toutes les rouilles resplendissantes de l’automne.

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