LUXURIA
Il m’ennuie. Je suis lasse de ses étreintes monotones. Sa présence m’irrite ... Eh bien , que sa tête , grimaçante encore du baiser du glaive , me soit apportée ...
(Lagella sort.)
LUXURIA rêveuse :
Pour l’amant nouveau j’ai parfumé mon corps des plus odorantes essences. Le désir ardent de Félix , de sa lan gue ignorée, de ses etreintes inconnues , me brûle
Les yeux grands ouverts , renversée sur les coussins pourpres , Luxuria songe au plaisir prochain , jouit presque , cérébralement , le spasme qu’elle espère. Lagella, qui vient de revenir, l’évente avec un Jlabellurn de plumes de flamants roses .
Des pas lourds sonnent au dehors, sur les dalles du parrum , et des gardes asiatiques paraissent , vêtus de mailles de fer den -
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telées et dorées , armés de lances en forme de faulx découpées
en arêtes de poissons.
Le bourreau s’avance entre eux , présente aux yeux de Luxuria une tête brune d’éphèbe adolescent. Les cheveux dégouttent de sang , et les prunelles sont comme figées , sous les paupières demi « closes .
LUXURIA , penchée pour regarder , /es mains aux genoux, tes prunelles fixes, contemple la face décapitée vers qui , tout à coup, elle lève les bras. Avec un cri déchirant :
Homme stupide ! ( D’un geste furieux, elle menace les gardes immobiles en j ace d’elle!) O mortelle erreur ! On a tué le baiser que jr attendais !
Sanglotant, elle tombe à la renverse sur les coussins de pourpre, oit éclatent les broderies d’or de sa robe et son visage, pareil i une fleur de jasmin, p,rdue dans du sang.
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INTERLUDE
COLOMBE B'JlPHftODITE
(Diptyque)