‹ L'orgue de Jean-Sébastien BachChapitre 27 sur 61 · XXXII PREFACE · texte numérisé non relu

XXXII PREFACE

nière note. Le plain-chant lui-même perd son éloquence, ainsi interprété; et cependant, l'apparente monotonie de son dessin étroitement enfermé dans les limites de l'octave semblerait, tout d'abord, s'accommoder mieux que toute autre forme d'art, d'une basse uniforme.

Eh bien, non ! Cette apparente monotonie n'existe guère que pour ceux dont les yeux ne voient pas, les oreilles n'entendent pas.

Le plain-chant est d'ordre complexe; il a deux visages, comme Janus1. Pour le comprendre, il faut l'écouter littérairement et musicalement à la fois. C'est cette synthèse que, ces dernières années, se sont efforcés de rajeunir les « décadents » poètes ou musiciens.

1 Prenez le plus beau type de plain-chant, l'admirable Te Deum, par exemple. Vocalisez-le simplement, chantezle sans paroles : accents, beauté, grandeur, tout disparaît. Traduisez, chantez la même musique sur un texte ou français ou allemand, cela devient ridicule. Si l'Église catholique n'avait pas imposé le latin comme langue liturgique, nous n'aurions pas de plain-chant.

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