‹ L'orgue de Jean-Sébastien BachChapitre 37 sur 61 · P. IV · texte numérisé non relu

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réplique au motif principal. Frescobaldi le présente sous cette forme :

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Le contre-sujet chromatique se rencontre aussi dans les Fiori musicalt, dans le 5e verset du Kyrie delli Apostoli (Christe, p. 38).

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En comparant de plus la 6e mesure de ce Christe avec la ioe de la canzone de Bach, Ton voit pourquoi, dans l'esprit de ce dernier, ces

8o L'ORGUE DE JEAN-SÉBASTIEN BACH

deux thèmes se sont associés, sous l'influence de la lecture de Frescobaldi ; cette mesure contient, en effet, un fragment du thème cité plus haut, avec la modification même que Bach devait lui faire subir.

En employant, dans le cas présent, un contresujet chromatique, il est évident que Bach songeait à Frescobaldi, considérant, et ajuste titre, l'usage fréquent de motifs de ce genre comme une des caractéristiques du style de ce dernier. Il est intéressant de remarquer ici que, tout en croyant emprunter à un maître italien, Bach ne faisait que suivre les traditions de Sweelinck *, qui lui avait déjà fourni d'illustres exemples.

Frescobaldi, en effet, s'était approprié ces j ressources pendant son séjour dans les Flan- j dres : il les tenait peut-être de Sweelinck lui- j même, qu'il dut connaître à Amsterdam. Une fantaisie de Sweelinck, éditée par R. Eitner2, est

1 Sweelinck, né à Deventer vers i56o, étudia à Venise près de Zarlino, et, de retour dans sa patrie, en i58o, exerça jusqu'à sa mort (1620) les fonctions d'organiste au temple vieux, à Amsterdam (Gfr. Max Seiffert. — J. Peter Sweelinck und seine directen deutschen Schùler).

2 C'est la troisième du recueil: aDrei Phantasien, dreiToccaten, und vier Variationen, nach einem Manus-

PRELUDES ET FUGUES DE J.-S. BACH 8l

composée tout entière sur cette variation du tétrachorde ionique :

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On peut rapprocher le contrepoint dont il raccompagne de ceux deFrescobaldi et de Bach :

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cript des grauen Klosters zu Berlin aus der Orgeltabulatur ùbersetzt und herausgegeben von Rob. Eitner (Berlin, 1870).

Ces formules étaient particulièrement en faveur près des organistes flamands, qui les inventèrent. Peter Philipps, organiste à Soignies, les emploie dans une « Gagliarda », et dans la « Pavana dolorosa », composée en prison, ajoute, au texte du manuscrit, une main étrangère. S. Scheidt, élève de Sweelinck, s'en sert à plusieurs reprises (Fantaisie super « Jo son ferito casso » — « Fuga quadruplici », etc.).

L'usage s'en étendant avec les années, nous les retrouvons dans les œuvres de Froberger (Toccata fatto a Bruxellis anno i65o), dans une fugue en mi bémol de Christophe Bach (1643- 1703), l'oncle de Jean-Sébastien; en voici le thème :

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Enfin, pour montrer combien ce motif était employé, nous citerons le commencement d'un « Point d'orgue sur les Grands Jeux » de Grigny !.

1 Livre d'orgue (1701).

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Dans la musique profane, même prédilection pour cette suite chromatique, chargée d'exprimer la douleur ou l'effroi (il est amusant de constater qu'à chaque époque musicale , tel motif ou tel accord, plus tard tel instrument, a dû évoquer un sentiment déterminé).

Ainsi, dans cet exemple de G. Andréa Bontempi, tiré de l'opéra «Paride», représenté à Dresde en 1662 :

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