‹ L'Orient et ses peupladesChapitre 11 sur 20 · L'ENFER DE MAHOMET · texte numérisé non relu

L'ENFER DE MAHOMET

« Où seront les hommes de la gauche, c’est-àdire les impies, les injustes et les méchants?

« Ceux-là seront au milieu de vents pestilentiels et d’eaux bouillantes, dans l’obscurité d’une fumée noire.

« Ils n’auront ni frais ombrages ni bons fruits;

« Ils mangeront le fruit amer du zakoum ;

« Ils boiront de l’eau bouillante;

« Et pas la moindre houri ne sera là pour les consoler. »

Mahomet trouve une punition très -originale pour les avares : il leur dit que dans l’autre monde Dieu, pour les châtier d’avoir gardé pour eux seuls les trésors qu’il leur avait confiés sur cette terre et n’avoir fait ni aumônes ni actes généreux, les obligera à porter, suspendus à leur cou , tous

les biens amassés par leur avarice et dont ils n’ont pas su faire un bon usage ici-bas.

Voyez-vous d’ici le m X l’homme le

plus avare de France, ayant, dans l’autre monde, suspendu au cou tout l’or qu’il possède et dont il est si peu prodigue en celui-ci?

Si Mahomet était sublime en parlant de la Divinité, si sa parole était éloquente et persuasive, comme général il fit aussi de vrais prodiges. Unissant la puissance du glaive à celle de la parole, il vit bientôt presque tous les Arabes se ranger sous sa bannière; des mosquées furent édifiées à la Mekke et à Médine ; le Hedjaz et le Yemen furent conquis par lui en peu de temps; toutes ces tribus errantes ne formèrent plus qu’un seul peuple uni par la même foi et sous un même chef. Son but était atteint ; mais alors l’ambition chez lui grandit avec la puissance ; comme César, il rêva la conquête du monde ! Il envoya ses troupes en Syrie. La mort mit un terme à cette ambition, il mourut l’an 11 de l’hégire des musulmans, l’an 432 de l’ère chrétienne, à l’âge de soixante-trois ans. Son tombeau est à Médine, où les musulmans vont en pèlerinage le visiter.

Après la mort du Prophète l’islamisme eut pour défenseurs d’intrépides généraux, et nous savons

L’ORIENT

comment Omar, Àmrou, Abou-Obeydah, Serdjyl, Saad, forcèrent en peu de temps la Syrie, la Palestine et l’Égypte à se soumettre au croissant et à reconnaître les musulmans pour maîtres.

On le sait, les coptes, ou chrétiens d’Égypte, ôtaient si las du gouvernement oppressif qu’ils avaient, qu’ils ouvrirent eux-mémes les portes de l’Égypte aux musulmans et conclurent avec le général Amrou un traité de paix. La dynastie des califes successeurs immédiats et légitimes d-u Prophète s’établit alors en Égypte.

Nous allons v.oir les sectateurs de Mahomet, sous le nom de Turcs, fonder un empire grand et puissant sur les débris de l’empire d’Orient.

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