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L’ORIGINE DES TURCS

L’origine des Turcs est assez difficile à trouver, et les auteurs là-dessus sont d’opinions assez divergentes.

Pour moi , en tout ce qui touche la nation musulmane, j’ajoute plus de foi aux auteurs musulmans, ceux-ci étant plus à même de savoir la vérité que les autres. De plus, une justice à leur rendre, c’est qu’ils sont très-impartiaux pour leurs ennemis politiques et leurs ennemis religieux , tandis que les auteurs chrétiens, même en faisant de l’histoire,

se laissent facilement entraîner par un zèle religieux que l’on ne peut qualifier que de fanatisme ou d’intolérance.

En parlant des Turcs, Saadi-Effendi , le fameux poëte et auteur persan, dit :

« Pour expliquer le mot Turc , on croit ce qui suit :

« Ce nom est donné aux habitants de Chala ou Chuten (c’est le Kitahia ou Grande Tartarie de Katay) qui vivent dans les plaines de Capchac, et comme ils ont le visage blanc et de grands yeux noirs fendus en amande, et des sourcils noirs bien arqués, les poètes persans les comparent à des amants et les appellent Turcs. Ce nom de Capchac était celui d’une tribu particulière des Tartares, mais depuis l’expédition de Genghizchan les Perses leur ont donné à tous le nom des Scythes, leurs vainqueurs. »

Scheikh Saadi dans la préface de son Gulistan ou Rosier , dit ceci :

« Ignorez-vous, mes amis, la cause qui m’a fait séjourner quelque temps dans les pays étrangers? Ce sont les iniquités des Turcs qui m’ont forcé à m’éloigner, a

Puis, parlant de leurs mœurs, il ajoute :

« Tous tant qu’ils sont, ils ont l’apparence

d’hommes, dont ils sont les enfants, mais ils ressemblent plutôt à des loups avides de sang... Chez eux ils ressemblent à des anges doués de bonnes mœurs, mais au dehors ce sont des armées de lions! »

Saadi écrivait ceci l’an de l’hégire 656, sous le règne de Bubeker , quarante-quatre ans avant Othman.

Nicéphore, sous le nom de Turc , entend le peuple qui de son temps était sujet d’Aladin, sultan d’Icorie.

Dans un passage de son ouvrage, il dit :

« L’Empereur (Théodore Lascaris, 1255} était occupé quand on vint lui apporter des lerttres qui lui marquaient la fuite de Paléologue vers les Turcs. »

Bien des témoignages des anciens auteurs orientaux prouvent que ce nom de Turc était connu bien avant Othman dans toute l’Asie, et que parce nom on désignait les tribus scythes qui suivirent Genghizchan, et qui se répandirent dans toute la Perse et l’Asie Mineure.

Voici, toujours d’après les auteurs orientaux, comment ce nom fut approprié aux üthomans. Soliman (père d’Othman, tige de la race othomane), prince de Néra, désirant marcher sur les

traces du grand Genghizchan, quitta son pays à la tôte de cinquante mille jeunes Scythes braves et intrépides, et il s’avança victorieux jusqu’à Alep ; en apprenant cela, la cour de Perse donna le nom de Turcs à ces guerriers.

Ceci ce passait, sous le règne de l’empereur Michel Paléologue, à Constantinople.

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