‹ L'Orient musulman (volume 2)Chapitre 1 sur 39 · L'Orient musulman · texte numérisé non relu

L'Orient musulman

G. Migeon, Manuel ( Manuel d’art musulman . II. Arts plastiques et industriels). G. Migeon, Gazette ( Gazette des Beaux-Arts).

G. Migeon, Exposition ( Exposition des Arts musulmans au Al usée des Arts décoratifs. 1 album, Paris, ic)o3. Librairie Centrale des Beaux-Arts, Paris).

G. Migeon et H. Rivière, La Céramique (La Céramique dans l’art musulman. Paris, Librairie Centrale des Beaux-Arts , 2 albums, pi. en couleurs, 19 13).

G. Migeon, Le Musée du Louvre (Les acquisitions des Musées Nationaux : i° depuis 1914, 2 albums, 2° en 1920 , 1 album. Paris, Demotte, 1919-1920).

Van Berchem, Notes (Notes d’archéologie orientale. Journal asiatique, III. 1904).

S arre-Herzfeld, Keise im Euphrat (... .and Tigris-Reitner. Berlin, 1920, 4 vol. et pl*)* Jahrhuch (J ah r hue h der K. preuszischen Kunstsammlungen. Berlin).

Amlliche Berichte . . . (Ans den Konigt. Kunstsammlungen. Berlin).

Pezard, Céramique archaïque (La Céramique archaïque de l’Islam et ses origines. 1 vol., 1 album. Paris, Leroux, 1920).

https://archive.org/details/lorientmusulman02mige

JVtusée du Louvre

L’Orient Musul

man

Les Cristaux J

e roche

Les musulmans ont conservé des peuples de l'antiquité les pratiques traditionnelles de la taille des pierres dures, et l’art particulier de tirer du cristal déroché taillé et gravé de beaux objets à décor ornemental et épigraphique.

Makrisi, historien arabe du Caire, du XIVe siècle, a décrit les immenses trésors princiers qui renfermaient une quantité de vases de cristal de roche, sous les sultans fa timides aux Xe et XIe siècles. Tout ce que l'on sait du style et du caractère du décor fatimide à cette époque concorde bien avec les représentations décoratives des quelques beaux objets de cristal de roche que possèdent les Musées et les trésors d'Eglises; et de plus la provenance égyptienne fatimide se trouve assurée par la superbe buire du trésor de San Marco à Venise, portant le nom du calife fatimide Aziz Billah (976-996), dont on peut rapprocher les beaux objets tout analogues du Victoria- Albert Muséum de Londres, du Musée Germanique de Nuremberg et du Musée du Louvre.

1. (PI. i) Aiguière à anse, en cristal de roche, avec couvercle gravé et filigrane, décorée en relief gravé de rinceaux, de deux perroquets affrontés, et d’une inscription circulaire de bénédictions au possesseur en coufique orné : « bénédiction et contentement et (sic) à son possesseur » . Provenant du trésor de l’ Abbaye de St-Denis.

Art fatimide d’Egypte, x‘-xi* siècles, haut. : o m 2i.

Bibl. — ■ Dom Germain Millet, Catalogue du Trésor de T Abbaye de St-Denis, 1 638, p. 1 20 . — > Felibien, Histoire de L’Abbaye de St-Denis, 1706, pl. IV, fig. 6. — Ch. de Linas, Origine ,f de l'orfèvrerie cloisonnée, I, p. 267. — Longpérier, Œuvres, I. p. — Barbet

de Jouy, Gemmes et joyaux, pl. IX.

Deville, Histoire de ta Verrerie, pl. CX. — G. Migeon, Manuel, fig. 32 1.

2. (Pl. 2) Coupe en cristal de roche gravé de rinceaux, dont le pied porte sculptés en relief une suite circulaire de bouquetins couchés : bordures et nœuds en cuivre dorés d’une facture occidentale.

Provenant du trésor de l’Abbaje de St-Denis.

Art fatimide d'Egypte, xe-xie siècles, haut : o m 22. — diam. : o m 10.

Bibt. — Barbet de Jouy, Gemmes et Joyaux, pl. IV. — G. Migeon, Manuel, fig. 323.

— E. Babelon, Histoire de la gravure sur Gemmes, 1902.

Le, V

erre.

émai

es

L'industrie du verre en Orient est très ancienne, et la Phénicie connut en cette industrie de brillantes époques d'activité. A en juger par de nombreux spécimens trouvés dans les tombes coptes de l'Egypte, l'industrie du verre à décor moulé y fut pratiquée avant et après l'apparition de l'Islam, qui dut là encore s'attacher aux mêmes techniques.

On ne saurait dire à quelle époque et en quel pays les verriers musulmans commencèrent à décorer les verres par l'émaillage, mais à s'en rapporter aux récits des voyageurs et des géographes arabes, il paraît bien qu'à une époque ancienne, et peut-être déjà au Xe siècle, cette industrie était prospère en Syrie, particulièrement à Tyr, à Damas et à Alep. Que de nombreux fragments de verre émaillé aient été trouvés dans les fouilles de Rakka et de Samarra en Mésopotamie, cela n'infirme pas une origine possible syrienne et une importation, pas plus d'ailleurs que les inscriptions aux noms de sultans mammlouks d'Egypte qu’on rencontre sur un grand nombre de lampes de leurs mosquées, la Syrie ayant été toujours en rapports étroits aussi bien avec la Mésopotamie qu'avec l'Egypte. Nos inventaires royaux, notamment celui de Charles V en i38o, citent d'ailleurs des verres ouvrés en façon de Damas. Et si très nombreux du xive siècle les verres émaillés sont si rares du xiii” comme du xve siècle, peut-être peut-on l'expliquer par la soumission de la Syrie pacifiée aux mammlouks par la prise de St- Jean d' Acre en 1291, et par la ruine de toutes industries à Alep et à Damas par l'invasion des Mongols de Timour Lenk en 1400.

Sans qu'on puisse d'ailleurs nier que cette industrie ait existé dans les grandes cités musulmanes de la Mésopotamie comme Mossoul ou Bagdad, de même qu'en Perse où les fouilles en ont révélé.

3-4* Va ses (deux) de verre quadrangulaires à anses, décorés en relief moulé de quadrillés, de chevrons, de croix ou d’oiseaux, et d’un personnage accroupi.

Art copte d’Egypte, début de l’hégire.

ire haut. : o m 2 3. — 2e haut. : o m i5.

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