‹ L'Orient musulman (volume 2)Chapitre 2 sur 39 · V ases et bouteilles (série de petits · texte numérisé non relu

V ases et bouteilles (série de petits

de verre, à ornements géométriques et linéaires moulés, de cercles ponctués de gros clous ronds en relief, trouvés dans des tombeaux et en rapport étroit avec les vases syriens antiques de même origine.

Art syrien ou byzantin, premiers temps de l’hégire.

La série des verres à décor en relie!* moulé de petits disques en bourrelets renfermant au centre un bouton saillant, est connexe (si elle ne se confond) avec des verres dits byzantins, dont le type remarquable est la lampe à suspension du Trésor de Saint-Marc à Venise, rapportée de la quatrième croisade après le pillage de Constantinople par les Francs et les Vénitiens (120^).

VoirYjV. Dillon, Glass, 1909, pl. XI.

6. (Pl. 3) Flacon de verre quadrangulaire opaque, décoré sur chaque face de deux oiseaux adossés moulés en relief méplat.

Art fatimide d’Egypte, x'-xi* siècles, haut. : o m 06.

7. (Pl. 3) Coupe (petite) de verre verdâtre, décorée sur son pourtour de médaillons de petits quadrupèdes moulés en relief.

Art fatimide d’Egypte, x'-xf siècles, haut. : o m 025. — diam. : o m o5.

7bls. Etalon de poids, petit disque en verre translucide moulé en relief d'un oiseau tenant une branchette-rinceau au bec. Cf. série au Musée du Caire.

Art fatimide d’Egypte, x*-xi* siècles, diam. : o m 02.

8. (Pl. 3) Flacon à panse élargie et aplatie, décoré autour de la naissance du col d’une rosace dorée, de petits médaillons à animaux et écussons d’armoiries sur l’épaulement, d’une frise circulaire à rinceaux et entrelacs dorés, interrompue par de petits médaillons à fond bleu, portant des personnages ou animaux dorés, et à la partie inférieure d’une frise étroite d’animaux dorés se poursuivant.

Un gobelet, mince, décoré d’une frise émaillée circulaire d’inscriptions à eulogies bleues sur fond d’or, renversé sur le col du flacon, le coiffe exactement comme

une capsule recouvre le goulot d’une fiole, et sert de verre k boire, exemple unique de réunion des deux objets dont l’usage s’explique réciproquement.

Art syrien, xii'-xm* siècles.

Don de M. David Weill.

haut, du flacon rom 18, du gobelet rom 10.

larg. — romi2, — : o m o3.

9* (Pl. 3) Gobelet (fragment d un grand) émaillé en or épais d’une figure de femme assise à l’orientale et nimbée, dont le dessin du visage et des plis de vêtements est indiqué en traits rouges (trouvé à Rakka).

Art syrien ou mésopotamien, xn‘-xiu*s.

Don de M. Kouchakji.

haut, r o m 10. — larg. o m 06.

10. (Pl. 4) Gobelet de verre, émaillé d’une frise circulaire de trois cavaliers sur des chevaux rouge, noir et hlanc, dessinés au trait rouge sur fond de feuilles d’or, et reliés par des rinceaux d’or fleuronnés, entre deux frises d’inscriptions aux titres anonymes d’un sultan (lecture de M. Guest).

Art syro-égyptien, xiiiVxiv* siècles.

haut. : o m i5.

Ce gobelet fut trouvé il y a vingt-cinq ans environ sous un autel de l’église, aujourd’hui disparue, de Santa Margherita d’Orvieto en Italie (A. Venturi, Storla dcli? arte italiana, II, 1902).

Blbt . — Cf, un objet analogue dans Schmoranz, Altorlentahscbe Glass-GcfcUse, fig. 27 et 28, Vienne, 1898.

Décor semblable sur les gobelets des Musées de Dresde et de Cassel (G. Migeon, Jtla,nuel, fig, 3i2 et 3 14),

it. (Pl. 4) Gobelet de verre, décoré d’une frise centrale de petites perles de verre blanc et bleu, et de frises circulaires d’inscriptions en émail bleu sur fond d’or, aux titres anonymes d’un sultan.

IO

Art syro-égyptien, xiii*-xiv' siècles.

Don de Mme Octave Homberg en souvenir de son mari.

baut. : o m i 5.

Ce décor perlé en relief se retrouve sur le gobelet du Musée de Chartres (G. Migeon, Manuel fig. 3ii), sur un autre de la collection Cb. Gillot {Id., fig. 3io).

12. (PI. 4) Gobelet de verre, décoré de poissons d’or dessinés au trait rouge, et portant une bande circulaire de fleurettes émaillées vert, rouge et blanc.

Art syro-égyptien, xiv* siècle.

baut. : o m i5.

Bibl. — Sir Ch. Read, A Saracenic gobUt of. enamelled glass (Archaelogia, LVIII. i 902, février), a publié fig. 2 un gobelet tout à fait semblable du Britisb Muséum, trouvé à Koft (Egypte).

13. (PL 5) Gobelet de verre décoré au trait rouge d’une frise supérieure de rinceaux, d’une frise de poissons et d’inscriptions aux titres anonymes d’un sultan séparées par des rosaces.

Art syro-égyptien, xiv' siècle.

baut. ! o m 10.

14* (PL 5) Lampe (petite) à col brisé, de forme ovoïde décorée de rinceaux, de poissons et de cartouches d armoiries en réseau de triangles blancs, noirs ou rouges. Elle est en verre opaque émaillé d’une Irise d’inscriptions bleue aux noms et titres du sultan rassoulide du Yemen Umar, fils de Youssouf (1296-1297).

« Gloire à notre maître le sultan al Malik al Achraf Muhammad adunya wad-dîn Abul-fath-Umar, enfant du Sultan al Malik al Muzaffar Yusuf, fils de Umar, fils de Ali, fils de Rasul ».

Art égyptien ou du Yémen, fin du xnf siècle.

Legs de la Baronne Delort de Gléon.

baut. : o m 1 1.

Bibl . — Van Berchem, Notes (Journal asiatique, p. 44). — G. Migeon, Manuel, fig. 3 04. — Id., Exposition, cat. n° 637.

15. Lampe (fragment de) de mosquée (col) en verre émaillé décoré de cartouches à armoiries d’un Emir, interrompant une inscription coranique en grands caractères bleus.

Art syro-égyptien, xiv* siècle.

Legs de la Baronne Delort de Gléon.

haut. : o m i3.

16. (PL 5) Flacon décoré d’un médaillon rond émaillé d’un gerfaut chaperonné et éventré, entouré d’une inscription à formules de souhaits anonymes.

Ce gerfaut se retrouve dans de nombreuses armoiries d’origines et d’époques diverses, sans précision héraldique. — On ne saurait y voir l’écusson de Mahmoud, sultan Ortokide de Diarbékir, vers 1218, comme l’avait proposé Schmoranz.

Art syro-égyptien, xiif-xiv' siècles.

Ancienne collection Hakki bey.

Don de M. J. Peytel.

baut. : o m 125. — diam. : o m 09.

Bibl — Schmoranz, Altorientalische Glass-Ge filsse, fig. 6, p. 4. * — Van Berchem, Notes ( Journal Asiatique, p. 54). — G. Migeon, Manuel, fig. 294 ; Id., Le Musée du Louvre, n-pi-9>-

17. (PL 8) Bouteille à long col, décorée sur la panse d’un décor émaillé d’inscriptions, désignant le cellier d’un fonctionnaire de Malik Kamil (peut-être s’agit-il du sultan Châban qui régna au Caire de 1 3^5-i3^6),

Les armoiries « de gueules au gerfaut et à la coupe d’or » que porte la bouteille se retrouvent sur deux lampes du British Muséum au nom de l’émir Tuguzdimur.

(G. Migeon, Alanuel, fig. 3o3).

Art syro-égyptien, milieu du xiv* s.

Ancienne collection Spitzer.

Haut. : o m 5o.

Bibl. — G. Migeon, Manuel, fig. 3o 7. — Cf. aussi deux lampes au même blason au Musée du Caire et au Musée du Bargello, à Florence (collection Carrand).

Herz Bey, Bulletin de l’Institut Egyptien, 5e série, tome I, p. 181.

18. (PI. 6) Lampe de mosquée, sur la panse une grande inscription dit : « Gloire à notre maître le sultan Malik Nâsir (roi victorieux) Nâsir ed dûnya wed-din (auxiliaire du monde et de la religion) Hassan, lils de Muhammed, que sa victoire soit exaltée ». Le sultan Hassan, dont la mosquée du Caire est un des plus beaux monuments de l’art arabe, y régna (1 347~i36i). D’autres lampes de la mosquée sont au Musée d’art arabe du Caire (catalogue de Herz Bey, 2* édit. , n" 8-4 1 . fig. 58'5g).

Art syro-égyptien, xiv° siècle.

Ancienne collection Spitzer.

Haut. : o m 35. — diam. d’orificé : o m 26.

Bibl. — G. Migeon, Manuel, p. 3o2.

19- (PB 7) Lampe en verre émaillé d’une inscription commençant au col et continuant sur la panse : Ceci a été fait pour le mausolée de feu son excellence Saïf al-din Tankiz-Bugha amir madjlis (Chambellan) de Malik Nassir » (sultan Hassan Le mausolée de cet

émir existe parmi les tombeaux des

Kalifes au désert au Caire, terminé en 1 362.

Art syro-égyptien, xiv' siècle.

Legs du Comte Lair.

Haut. : o m 32.

Bibl. — Van Berchem, Matériaux pour un Corpus •, I Egypte, p. 273. — 19., Bulletin du Comité de Conservation des Monuments de l’art arabe. Index, i58. Le Caire, 1914* — G. Migeon, Le Musée du Louvre, III, pl. 3p.

20. (Pl. 7) Lampe de mosquée en verre émaillé de fleurs d’or et d’émail bleu épais dessinées en traits rouges ; au col trois cartouches à blason d’émir, écusson émaillé mi-partie rouge, mi-partie blanc avec le sabre recourbé rouge et or, répétés sous la panse.

Art syro-égyptien, milieu du xiv' s.

Legs du Baron Davillier.

haut. : o m 32. — diam. d’orifice : o m 17.

21 . Kamariyas ou Shemsiyas (ensemble de), les vitraux de l’architecture musulmane, dont le décor floral, architectural, épigraphique ou d’arabesques, est obtenu par un ajourage de cloisons minces de stucs, les vides étant remplis par des verres diversement colorés.

Ces vitraux décoraient des fenêtres de mosquées, souvent le fond du mirhab, souvent aussi les fenêtres des maisons.

Art égyptien, * xv' siècle jusqu’à nos jours.

Legs de la Baronne Delort de Gléon.

Céramiques

L’étude de la céramique des peuples musulmans est une des plus attachantes, parce qu’il n’en est pas d’une abondance et d une variété de décors plus surprenante. Ils ont triomphé dans la faïence, dans la technique des émaux colorés d’une richesse éclatante et harmonieuse. Ils ont eu le sens grandiose du décor où les formes humaines, animales, végétales et même géométriques et épigraphiques ont une beauté de stylisation décorative qui n’a jamais dans aucun art été dépassée.

Mais par contre il n’est pas d’étude plus difficile, se heurtant à plus d’énigmatiques questions, et à des difficultés d’interprétation dans l’examen des objets mêmes.

Ces céramiques découvertes en fragments par des fouilleurs anonymes, nous arrivent reconstituées par les importateurs, sans aucun certificat, même moral, d’origine précise. Les fouilles n'ont jamais été faites d’une façon profonde, en tenant compte en un journal des lieux fouillés, des couches en profondeur, non plus qu’en opérant un classement rigoureux des débris.

En outre, nous ne pouvons faire sur les pièces de céramique musulmane cette riche moisson de renseignements épigraphiques que nous ont donnés abondamment les cuivres gravés ou incrustés d'argent, livrant fréquemment par leurs inscriptions un nom d'artiste, un nom de lieu, une date, parfois même un nom et des titres protocolaires de souverain ou de grand personnage. Sur les céramiques l’inscription qui n’est pas purement ornementale est très rare.

On ne peut donc dissimuler le caractère provisoire et trop souvent hypothétique de tout classement actuel, quelques ordre et clarté qu'on cherche à y apporter.

Du moins, pour les origines, avons-nous comme instrument d'étude l'excellent recueil de documents que patiemment M. Pézard a réunis, et dont l'abondance et la nouveauté permettent d'opérer désormais sur une considérable variété de types connus. Cette vaste enquête permet d’affirmer catégoriquement l’étroite dépendance dans laquelle s'est maintenue longtemps la primitive céramique musulmane, qui n’a vécu pendant plusieurs siècles que des anciennes formules décoratives iraniennes, surtout sassanides, qu'avait d'ailleurs adoptées aussi l’art byzantin, en notant qu'à partir du jour où l'Islam entra en contact plus étroit avec l'Empire du Milieu sous la dynastie

des Tang, la céramique musulmane subit l'évidente influence de la Chine, maîtresse de procédés techniques bien plus parfaits.

Il est certain que la part de l'Iran, dans le développement des céramiques musulmanes, est considérable, que la courbe de son rayonnement s'étend jusqu’aux confins de l’Europe, puisque le procédé du lustre métallique est. peut-être sorti de la Perse, sinon sassanide, du moins proto-islamique, . — qu’il s’est propagé en Mésopotamie, en Egypte, en Tunisie, au Maghreb, et jusqu'en Espagne, et que l’influence persane continue à se faire sentir en Asie Mineure et en S3rrie dans les revêtements muraux et dans la vaisselle, aussi bien sous les Seldjouks que dans les ateliers qui firent les beaux plats dits de Damas ou de Rhodes, et les éclatants carreaux des Mosquées de Brousse et de Constantinople.

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