‹ L'OrientChapitre 8 sur 12 · MUSICIENS CHINOIS · texte numérisé non relu

MUSICIENS CHINOIS

La musique chinoise, comme la musique arabe, a ses traditions et ses règles, tout aussi compliquées et tout aussi savantes que les nôtres, avec lesquelles elles sont pour la plupart en opposition formelle; il est, du reste, facile de s'en convaincre, en observant les transitions harmoniques qui font la base des 'accompagnements de presque tous les chants orientaux. Ces chants nous frappent par leur caractère mélancolique et par leur rhythme bizarre; mais ce n'est souvent qu'après les avoir abâtardis en leur prêtant les ressources de notre orchestration et en les modifiant d'après quelques-unes de nos lois musicales, que nous pouvons en apprécier complètement le charme et l'originalité.

La presque totalité des Européens ne ver-

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rait dans un concert indigène, arabe ou chinois, qu'un charivari composé de miaulements sortant de gosiers éraillés et se mêlant d'une façon discordante aux crins-crins de la poiiïtra, delà pey-pat ou au rhythme monotone àupung-ivoo ou du taraboiik. Les peuples orientaux sont pourtant aussi sensibles à ce genre de musique que nous pouvons Tètre à l'exécution d'une belle symphonie. Cela prouve tout simplement que leurs oreilles ont une sensibilité musicale, sinon moins exquise, du moins d'une tout autre nature que la nôtre.

Nous devons à M. Giraldon, qui fait avec beaucoup de courtoisie les honneurs du salon chinois de la rue Yivienne, la traduction des trois romances que nous avons entendu chanter par M"' Yung-Achoy, et dont nous avons noté les airs, non sans quelque difficulté.

La première est intitulée : Caout-thee ; voici quel en est le sens :

C'est une mère qui fait des remontrances a son enfant parce qu'il a négligé ses de-

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