‹ L'origine de la vieChapitre 18 sur 33 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

chercheurs désintéressés du vrai — nous ne craignons pas de leur répondre par l’affirmative. Il importe de connaître les différentes phases par lesquelles passent les grandes questions scientifiques, d’assister à leur évolution, de savoir jusqu’aux entraves que la Vérité rencontre avant de triompher.

Nous avons dans ce livre , essayé de montrer que la doctrine de la Panupcrmie ne pouvait plus se soutenir devant les faits acquis à la science. Il est certain , d’ailleurs , que depuis longtemps cette vieille hypothèse perd chaque jour du terrain ; elle est aujourd’hui lettre morte pour le plus grand nombre et ne doit sou reste d’autorité qu’à deux ou trois noms influents. La doctrine de l'Hétéro- (jénie que nous lui avons substituée ne vient donc pas, à proprement parler, usurper une place occupée , elle prend une place à demi-vacante.

La genèse spontanée hétérogénique consiste , nous raA'ons dit, dans la production d’un être organisé nouveau , sans parents et dont les éléments primordiaux sont tirés de la matière ambiante organique. Elle se manifeste toutes les fois qu’un liquide putrescible est exposé au contact de l’air, dans des conditions données de chaleur , de lumière et d’électricité.

Les faits suivants dont la Panspermie ne peut rendre compte , élèvent au contraire l’IIétérogénic à la hauteur d’un fait :

l’origine de la vie.

L’examen microscopique de la poussière de l’air, démontré qu’elle ne saurait être regardée comme le réceptacle des corps reproducteurs des animalcules ou des plantes qui apparaissent dans les infusions. Parfois riche en principes organiques , elle ne contient que par exception quelqu’œuf de raicroEoaire ou quelque spore de cryptogame et , les corpuscules aériens, pris jusqu’ici pour des germes , ont été confondus avec des grains d’amidon ou des granules de silice ;

L’expérience directe et à ciel ouvert prouve qu’il n’est pas non plus possible de donner pour origine aux protoorganismes des infusions , des atomes ou germes imperceptibles, autres que des ovules ou des spores ;

Les caractères pli3'siques d’un grand nombre de ces derniers sont connus, et les Pauspermistes n’ont jamais pu les renconircr dans l’air. Les limites de leur résistance vitale sont calculées , et ils apparaissent dans des milieu.x préalablement soumis a des températures excédant de beaucouji ces limites ;

On peut , sans entraver la production d’organismes , substituer à l’air atmosphérique , de l’air fortement calciné , de l’air lavé dans de l’acide sulfurique concentré , de l’air artificiel ou de l’oxvgène. On peut, également, remplacer l’eau ordinaire par de l’eau bouillie ou par do l’eau obtenue

COXCLUSIO.V.

artificiellement. On peut enfin , soit par la voie sèche, soit par la voie humide , porter le corps putrescible à des températures extrêmes. Il se produit donc des microzoaires et des mycrophytes dans des milieux absolument privés de tout vestige d’organisme vivant ;

On ne rencontre jamais d’infusoires ciliés lorsqu’on opère en vases clos et avec des liquides bouillis. On obtient , à volonté , des infusoires ciliés ou non ciliés , des animalcules ou des plantes : il suffit , pour cela , de faire varier les conditions de l’expérience ;

La production de protoorganismes est proportionnelle à la quantité de matière putrescible employée et non pas à celle de l’air comme cela devrait avoir lieu dans l’hypothèse panspermiste ;

Sous un même volume donné d'air mis successivement en contact avec des infusions diverses, on voit se développer des faunes et des flores différentes ;

La production des microzoaires non ciliés se fait en raison directe du cube de la masse de liquide fermentescible et , celle des Infusoires ciliés , en raison inverse du carré de la surface de ce même liquide ;

Toujours l’apparition d’un organisme compliqué est précédée de celle de formes inférieures dont souvent il dérive: et, l’observation micros-

l’origixe de la. vie.

copique permet de suivre, jusque dans ses plus

mûmes détails , sa genèse , son développement et son éclosion.

Les phénomènes de genèse spontanée , si intenses lorsque leur marche régulière est respectée , se manifestent encore , tout en s’amoindrissant successh-ement, à mesure qu’on multiplie les entraves , pour cesser enfin de se produire lorsque les phénomènes de fermentation et de putréfaction sont eux-mêmes empêchés. Les hypothèses mises en avant par les défenseurs de la panspermie, pour expliquer leurs résultats , ne découlent pas nécessairement de leurs e.xpériences. Enfin , les expériences invoquées jusqu’à ces derniers temps contre la genèse spontanée hétérogéniquc ont été démontrées sans valeur , reconnues telles par les panspermistes eux-mêmes et celles qui ont été récemment entreprises dans le même but , sont toutes entachées de quelque cause d'erreur. Il n en est pas une seule dont les hétérogénistes ne puissent expliquer les résultats sans avoir recours à 1 hypothèse de germes prééxistants.

L Heterogenie est donc une vérité démontrée et , non-seulement elle nous rend compte de l’apparition de ces myriades d’animalcviles qui peuplentles infusions, mais elle nous révèle comment la vie a pu apparaître sur la terre primitivement minérale.

CUXCLUSION.

Si l’on rejette la formation spontanée des germes , dit le célèbre auteur du Système des contradictions économiques , force est d’admettre leur éternité..^. Ainsi la négation de la génération spontanée ramène riiypothèsc de cette spontanéité. L’expérience démontre , d’ailleurs , que la Matière peut successivement revêtir les trois formes inorganique , organique et organisée.

^lais la genèse spontanée ne produit jamais que des organismes relativement fort simples. Elle est le premier degré de l’organisation. Lorsqu’elle se manifeste au sein de tissus préexistants , elle no donne non plus naissance qu’à des éléments anatomiques. Elle est donc impuissante à nous rendre compte de l’apparition des animaux supérieurs ; il faut en chercher ailleurs l’explication.

La solution du problème de la genèse des espèces animales et végétales qui se succédèrent sur notre planète aux diverses périodes de sou histoire , sousenteud celle d’un grand nombre de questious qui, toutes , n’ont pas encore acquis le même degré de certitude. Notre tâche se résume donc à chercher la conclusion la plus en harmonie avec l’état actuel de nos connaissances.

Or, toutes les branches de la science des êtres organisés aboulissent, en dernière analyse , à la variabilité sous l’influence des milieux , de ce que l’on est convenu d’ajipelcr espèces. Ces dernières

l’origixe de la vie.

proviennent de transformation^ lentement opérée.s durant les siècles ainsi que le démontrent notamment les nombreuses formes intermédiaires qu exhume chaque jour la paléontologie et, le retour passager et tératologique de certains animaux aux caractères de types disparus.

Si donc, la Genèse spontanée ne fit, comme aujourd’hui, apparaître à l’origine que des organismes relativement élémentaires , elle a suffi à produire des types dont la Mutabilité s’est emparée et qu’elle a successivement perfecfionnés.

L Hétérogénie et la Mutabilité se complètent 1 une l’autre. Elles fournissent une conception positive du monde qu’elles expliquent par des lois immanentes à la matière.

Dans les sciences d’observation , tout fait ou dehors de la phénoménalité est ultra-e.xpérimental et partant , ultra-scientifique. Cette vie même , comme le dit Proudhon , ne devient une réalité intelligible qu’en deçà du phénomène ; au delà , ce n est plus qu’une hypothèse.

Enfin , la doctrine que nous professons a l’axmntage immense de lier le présent au passé et à l’avenir !

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