‹ L'origine de la vieChapitre 4 sur 33 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

.rx

brute, cristallisable et la matière vivante douée de mouvement et de sensibilité ; il est donc de toute impossibilité qu’elle ait pu successivemcut et sans transition, revêtir ces deux formes.

Il n’en fut pas ainsi, eu effet, et, grâce aux découvertes de la chimie moderne, nous assistons au passage de sa forme primitive, brute, minérale, à un état semi-organisé dans lequel elle contient tous les éléments de l’organisme, n’est pas encore vivante, mais n’attend pour cela, qu’un certain concours de circonstances. La vie n’apparaîtra, dit fort bien M. Pouchet, que par suite de conditions nouvelles dans lesquelles entrera la matière.

Le caractère le plus saillant de la matière « organique », ce livre est destiné à l’établir, est la propriété qu’elle a de « s’organiser » sous certaines influences. En dehors de tout corps vivant, l’élément anatomique initial d’un grand nombre d’animalcules et de plantes peut en effet apparaître par «genèse spontanée « au sein d’une matière organique amorphe.

La solution du grand problème de l’origine des êtres, demandée d’abord à la théologie, puis à la métaphysique , est essentiellement aujourd’hui du domaine de la science positive. Le règne des hypothèses gratuites est passé, le temps de l’observation et de l'expérimentation

INTROnUCTIOX

TJ'J

est venu. « Science, Conscience se sont embrassées I), dit fort bien M. Michelet; et A. Dumesnil a raison : « nous entrons dans un âge où la plus grande poésie se trouvera dans la Vérité.» Que la science et la théologie poursuivent donc isolément leur chemin, chacun y gagnera ; l'observateur, confiant en ses propres forces, ira librement à la recherche de l’inconnu et le croyant ne s’éveillera plus, chaque matin, en tremblant que quelque savant n’ait arraché dans la nuit une nouvelle page de son Credo.

LES MICROSCOPIQUES

Au-delà du monde visible , il est toute une classe d’ôtres vivants dont le microscope seul nous révèle l’existence et qui, nous montrant la vie dans ses formes les plus simples, sont les plus aptes à nous eu dévoiler le mystère.

Pour les microscopiques, la goutte d’eau est un globe, la bulle d’air une atmosphère et là, pour- ■ tant, respirent, se recherchent où se combattent, aiment et meurent ces infiniment petits de la nature vivante.

A toutes les époques géologiques, les infusoires ont joue un rôle immense. Les recherches d’Ehrenberg eu ont démontré la présence dans la silice de l’Ilc-dc-Francc, le silex pjromacque , le tripoli, la farine fossile de Santa-Fiora ; l’humus des environs do Berlin en est tout entier composé, leurs nombreuses espèces vont mémo jusqu’à former des montagnes. On les rencontre sous tous les climats, au fond de la mer comme au sommet

i L'ORKîINIi UE LA S'IE.

des monts les plus élevés; ils constituent en iin mot, un des éléments principaux du globe.

Dans l’espace d’une année le Gange en transporte une masse égale à six ou huit fois le volume de la plus grande pj'ramide d’Egypte.

Infusoires Iroiivc's au fond de la mer, vus au niicrosfO|ir.

Là, enfin, où la vie semble impossible, près des pôles, on rencontre encore des myriades d’infusoires.

« Supprimez ces microscopiques laestiolettes et le monde sera incomplet! .'> !\Ioquin-Tandon .

La découverte de C3S animaux remonte à celle

LES MIOROSCOPIQÜBS. 3

du microscope , ce sixième sens de l’homme comme l’appelle M. Michelet. Hartzoeker et

Wifroscope achronialique de H, N.irliel.

Lcuwcnhoek sont , en cfTot, les premiers qui en aient révélé l’cxisloucc. On leur donne généralement le nom d infusoires , de protozoaires, de microzoonites ou de microzoaircs.

l’origine de la vie.

Etudiée pour la première fois avec soin par F. Muller, l’anatomie des Microscopiques , commo les appelait Borj St-Yincent et que Buffon considérait comme une simple matière animée , sans organisation intérieure, est aujourd’hui fort compliquée. Il s’en faut de beaucoup cependant que nous possédions sur tous des notions aussi étendues, il en est même dont la nature végétale ou animale est encore douteuse et pour lesquels Bory Saint-Yincent avait créé sou Règiio psychodiaire.

A mesure que la science fait des progrès , ce groupe tout provisoire se dégarnit naturellement. C’est ainsi que , dernièrement encore, grâce aux belles Recherches de M. le docteur Ch. Musset de Toulouse, sur la structure, le développement, la reproduction et la nature des oscillaires , ces êtres bizarres longtemps indéchiÜVés , viennent de prendre définitivement rang parmi les animaux, à côté des derniers représentants du groupe des Annélides. L’auteur cependant , signale l’extrême difficulté qu’il y a souvent à différentiel- le règne végétal du règne animal et il reconnaît av^ec beaucoup de raison , qu’il n’y a pas et ne peut pas y avoir de limite distincte entre eux. Il n’y a qu’un

Page 1