De ces expériences, plusieurs conclusions se dégagent
\° A. — Certains embryons marins peuvent se développer, et les larves correspondantes s'adapter, dans une eau d'autant moins salée qu'ils appartiennent eux-mêmes à des espèces habitant plus près du niveau de la marée haute. En effet, les larves d'animaux vivant dans la limite du balancement des marées supportent généralement une dessalure à moitié, c'est-à-dire l'adjonction à l'eau de mer d'un égal volume d'eau douce, et quelquefois même d'un volume double ou triple (1). Ce sont les formes euryhalines (2).
L'uniformité relative des populations aquatiques fluviale et même saumàtre (opposée à la variété prodigieuse de la vie marine) s'explique alors par le fait que ce sont, par toute la Terre, les mêmes groupes zoologiques qui sont euryhalins et qui peuvent, seuls, contribuer à former ces deux faunes, saumàtre et fluviatile.
B. — D'autres, au contraire, ne résistent pas, même dans l'eau de mer très peu dessalée (ne renfermant qu'un tiers d'eau douce), et voient leur développement arrêté plus ou moins vite, mais définitivement et pour toujours (3). C'est, d'une façon générale, ce qui arrive pour les embryons et larves d'organismes vivant à la limite de
(1) Pliolas, Purpura.
(2) Elles sont en même temps euryhalines et eury thermes à l'état larvaire (Pelseneer, Sur le degré d'eury thermie de certaines larves marines, Bull, de l'Acàd. roy. de Belgique, 4901, p. 288;, ce qui correspond au caractère commun de leurs adultes.
(3) Philine, Lamellaria.
Digiti
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la mer basse et au-dessous. Ces formes sont donc sténohalines.
Peut-être parmi elles en est-il, comme les Oursins et autres Échinodermes, qui ont besoin de divers sels de la mer, au point de vue constructif, pour la formation de leurs tissus : dans ce cas, c'est par phénomène chimique que la diminution de ces substances constitue déjà un agent défavorable (1).
Mais, de même que Paul Bert Ta reconnu pour les adultes (2), c'est essentiellement la différence physique de densité des milieux qui cause la mort des embryons et des larves d'animaux marins à respiration branchiale, transportés dans une eau moins salée. Ainsi, des embryons placés dans de l'eau distillée rendue aussi dense que l'eau de mer par l'addition de sucre pur (3) ne voient pas leur développement interrompu; tandis que celui-ci est arrêté dans une eau renfermant encore 1.57% de sels (4).