PRÉFACE DU TRADUCTEUR
Les problèmes de l’origine et de l’évolution de la vie peuvent être abordés par plusieurs grandes voies : la physique et la chimie terrestres, la paléontologie, la morphologie, l’'embryologie, la physiologie, la biochimie, les grandes théories de la biologie générale. D'’excellents ouvrages (1) ont fait connaître au public éclairé l’état actuel de la plupart de ces sciences. Mais jusqu'ici aucune coordination n'avait été tentée pour rassembler toutes ces données, pour les exposer dans leur ensemble. Une telle synthèse, qui exige à la fois des connaissances particulières approfondies et l'aptitude aux idées générales, est peut-être prématurée, mais elle n’est pas vaine; car les diverses disciplines se prêtent mutuellement appui, leur rapprochement fait apparaître des analogies et des parallélismes féconds ; la multiplicité des points de vue et surtout l'introduction des méthodes d’une science dans une autre sont de grands moteurs de l'invention. Cette synthèse est en tout cas la tâche essentielle de la philosophie, qui ne consiste pas à spéculer sur des problèmes dénués de toute signification, par lesquels une vieille métaphysique s'efforce de se survivre, mais à coordonner les diverses sciences, à en étudier la méthode et à en apprécier les résultats. La philosophie apporte dans la science, avec les méthodes mêmes de la science, des préoccupations plus générales ; elle sti-
(1) Chimie et physique terrestres : S. MEUNIER, La géologie biologique ; paléontologie : LAPPARENT, Abrégé de géologie ; BOULE, Conférences de paléontologie ; biochimie : J, DUCLAUX, La chimie de la matière vivante, Les colloïdes ; LAMBLING, Précis de biochimie ; BOHN et DRZEWINA, La chimie et la vie; morphologie : Hous- SAYE, La forme et la vie ; DEPÉRET, Les transformations du monde animal; biologie générale : DELAGE, L'hérédité, Les théories de l’évolution ; E. RABAU», Eléments de biologie générale, etc... Voir les notes bibliographiques en tête de chaque chapitre et au bas des pages. C. Flammarion a publié, il y a plus de trente ans, un ouvrage un peu superficiel et non sans quelque fantaisie, mais qui mérite d’être mentionné ici, parce qu'il a été conçu, comme celui d'OSBORN, dans un esprit très synthé-
tique et général : Le monde avant la création de l'Homme, Flammarion, 1886. A signaler unesynthèse récente : Edm.PERRIER, Laterre avant l’histoire, La Renaissance du livre.