QUATRE QUESTIONS SUR L'ORIGINE DE LA VIE
1° L'origine de la vie revrésente-t-elle quelque chose de nouveau dans l'univers, ou est-elle la continuation et l’évolution de formes d'énergie et de matière que l’on trouve sur la terre, dans le soleil et dans les autres étoiles? À cette question il n’a pas encore été
(i) Sur ces questions générales voir : Y. DELAGE, L'Hérédité et les srands problèmes de la biologie générale, Schleicher, 1895, 2e édit., 1903 ; Y. DELAGE et M. GOLDSMITH, Les théories de l’évolution, Flammarion, 1909; F. LE DANTEc, Les limites du connaissable, Alcan, 1903 ; Les lois naturelles, Alcan, 1904; La lutte universelle, Alcan, 1906 ; Eléments de philosophie biologique, Alcan, 1907; Le chaos et l'harmonie universelle, Alcan, 1911; La mécanique de la vie, Flammarion, 1913 ; Fr. HoussAy, La forme et La vie, Schleicher, 1901 ; Nature et sciences naturelles, Flammarion, 1901 ; Forceet cause, Flammarion,1920 ; A. GIARD, Controverses transformistes, Naud, 1904 ; À. DASTRE, La vie et la mort, Flammarion, 1916; J.DucrAux, La Chimie de la matière vivante, Alcan, 1910 ; M. LECLERC DU SABLON, Les incertitudes de la biologie, Flammarion, 1912; L’'Unité de la Science, Alcan, 1920 ; E. RaABAUD, Le transformisme et l'expérience, Alcan, 1911, Eléments de biologie générale, Alcan, 1920 ; B. BRUNHES, La dégradation de l’énergie, Flammarion, 1909 ; L. Cuénor, La $senès?2 des espèces animales, Alcan, 1911 ; G. Bonn et À. DRZÉWINA, La chimie et la vie, Flammarion, 1920 ; Ed. PERRIER, La terre avant l'histoire, La Renaissance du Livre, 1920. (Note du traducteur.) |
OsBORN.
répondu par la science (2), quoique deux opinions aient été émises.
Dans l'opinion traditionnelle, quelque chose de nouveau se serait produit sur notre planète, et peut-être sur d’autres, avec l'apparition de la vie ; cette conception est inhérente à toutes les anciennes et nouvelles hypothèses qui se groupent autour de l'idée de vitalisme, c'est-à-dire de l’existence de propriétés spécifiques, propres à la matière vivante et n'appartenant pas à la matière inerte.
La conception scientifique, plus moderne, est que la vie est née d’une recombinaison d'énergies préexistant dans l'univers. Cette conception, qui ne fait pas de la vie une forme nouvelle d'énergie, ni le produit de séries nouvelles de principes, mais qui la présente simplement comme un stade de l’évolution générale, concorde certainement avec le développement de la mécanique, de la physique et de la chimie depuis Newton et avec celui de l'évolutionnisme depuis Buffon, Lamarck et Darwin. Descartes (1644) a orienté la pensée de tous les philosophes naturalistes des temps modernes, lorsqu'il s’est avisé de rechercher l'explication de la vie dans les concepts physiques de mouvement et de matière. Kant s’est d'abord rallié à ces vues (1755-1775), puis s’en est écarté (1790).
Ces deux conceptions opposées, qui sont certainement aussi vieilles que la philosophie grecque et probablement bien plus anciennes encore, sont les conceptions dites vétaliste et mécaniste de la vie.
En ce quinous concerne, nous pensons, par application des principes généraux de l’évolution, que, lorsque la vie est apparue sur la terre, des énergies préexistantes sont entrées en relations nouvelles avec les éléments chimiques préexistants. Puisque, depuis la révolution chimique de Lavoisier (1743-1794), tout progrès dans l'étude de la vie est dû à des explications physicochimiques plutôt qu'à des explications vitalistes, nous sommes fondés à suivre la même direction et à considérer comme probable que la dernière étape dans ce domaine de l'inconnu (si elle est jamais franchie par l’homme) sera une explication physicochimique des propriétés mesurables et véri-
(2) La science est un ensemble bien établi et bien vérifié de faits et de lois de la nature. Elle doit être nettement distinguée de l’amas des pures théories, des hypothèses et des opinions, qui peuvent néanmoins l'aider utilement dans son progrès (3).
(3) La science est nécessairement un ensemble de théories, mais de théories suggérées par l'expérience et qui doivent être constamment soumises à son contrôle. (Note du traducteur.)
fiables de la vie et que la naissance dela vie et ses transformations subséquentes pourront être scientifiquement expliquées comme une évolution continue dans le monde préexistant.
Sans être matérialiste, il est permis de penser que la vie est la continuation d’un développement évolutif plutôt qu’un fait exceptionnel dans l’ensemble du monde; car le mot de matérialisme est emprunté à une conception qui ne répond pas exactement à l’expérience que nous avons du monde. Cette expérience est celle d’une énergie illimitée et coordonnée. Notre position est celle de l’énergétiste (4). |
2° La seconde grande question est relative à la signification exacte du mot évolution dans son application à la matière inerte et à la matière vivante. Le développement de la vie constitue-t-il une évolution dans le même sens que celui du monde inorganique ou dans unsens essentiellement différent ? Examinonsla question en mettant en parallèle l’évolution de la vie et ce que nous savons de l’évolution des astres et de la formation de la terre, telles qu'elles ont été développées par le physicien Rutherford (5), l’astronome Campbell (6), le géologue Chamberlin (7). Nous pouvons comparer l'évolution de la vie à l’évolution probable des éléments chimiques eux-mêmes, à partir des formes les plus simples, dans la nébuleuse primitive, puis des astres incandescents et des planètes, comme l'ont suggéré Clarke (8) en 1873 et Lockyer en 1874.
Cette comparaison fait-elle apparaître une correspondance entre le développement des astres et celui de la vie? Observons-nous dans la vie une continuation des opérations, qui, en général, setraduisent dans l'univers par un refroidissement lent et une dissipation progressive ? Ou bien, après la répétition plus ou moins monotone de réactions pendant des millions de siècles, les électrons, les atomes et les molécules s’agrègent-ils en de nouvelles formes et de nouvelles manifestations d'énergie, qui ont l’apparence d’une « création » et
(4) Au sens large, et non au sens où l'ont pris Ostwald et Duhem d’une opposition avec l’atomisme. Dans la théorie récente de la relativité (Einstein) la masse se
confond avec l'énergie : m, = — my étant la masse au repos et au zéro absolu,
E V2 E l'énergie et V la vitesse de la lumière. (Note du traducteur.)
(5) RuTHERFORD (Sir Ernest), 1915.
(6) CaAmPBELL (William Wallace), 1915.
(7) CHAMBERLIN (Thomas Chrowder), 1916. Ainsi que LAPLACE, FAYE, G.-A. DAR- WIN, WOLF, ARRHÉNIUS, BELOT, etc, (Note du traducteur.)
(8) CLARKE (F.-W.), 1873, p. 323.
qui nous donneraient tout au moins l'impression d'une genèse indéfinie de nouvelles combinaisons ?
Cette dernière conception paraît concorder avec les apparences sensibles : il semble qu'avec la vie quelque chose de nouveau ait été insufflé dans la matière vieillissante, que les premières opérations de la vie sur la planète aient marqué une transformation dans l’ordre primitif des choses. L'évolution inaugure une reconstruction, abandonnant de vieilles formes pour en construire de nouvelles. Par l'activité organique de la matière vivante, la terre décrépite, qui n'est plus en elle-même qu'une cendre de soleil, développe des myriades de composés chimiques nouveaux; les éléments chimiques de l'océan sont enrichis par de nouvelles réserves : des composés chimiques, produits par des organismesterrestres ou provenant d'éléments terrestres, qui ont été libérés par les opérations de la vie et charriés dans la mer. La composition même des roches est modifiée; une nouvelle croûte vivante commence à couvrir la terre et à s'étendre sur le fond des mers. Ainsi notre vieille planète se réorganise. Nous voyons la matière vivante opposer un démenti à la conclusion mélancolique de Campbell (9) : « Tout dans la nature vieillit et change, lentement ou rapidement, sous l'empire des circonstances; les actions météorologiques et celle de la gravitation nivellent les hauts lieux de la terre ; les matériaux produits par l'érosion sont transportés dans le fond des vallées, des lacs et des mers. »
I1 semble donc que la matière vivante présente un nouvel assemblage d'énergie, des formes nouvelles de coordination entre les éléments chimiques, qui sont aussi anciens que l'univers, s'ils ne sont pas eux-mêmes des produits de l'évolution à partir d'éléments plus simples encore.
30 Notre troisième grande question est relative au prolongement des lois physicochimiques du monde inorganique dans la matière vivante et pose la deuxième question sous une autre forme. Y a-t-il, dans la vie, création (10) au sens exact du mot, apparition de nouvelles formes d'énergie? La réponse est négative : autant que
(9) CAMPBELL (W.-Wallace), 1915, p. 209.
(10) Création (en latin creatio, creare, participe passé creatus, apparenté au grec -xpxiveuv, en sanscrit kar, faire), par opposition à évolution, est l'acte qui de rien fait quelque chose de nouveau, la production a la fois de la matière et de la forme dans ce qui est fait. L'évolution, au contraire, est la production de quelque chose de nouveau par reconstruction et recombinaison d’une réalité préexistante.
l'expérience permet de le constater, le passage est une évolution et non une création, car tous les nouveaux caractères et les nouvelles formes de la matière vivante semblent produits par de nouvelles combinaisons d’une matière préexistante. En d’autres termes, les anciennes transformations énergétiques paraissent prendre une nouvelle direction.
Cette évolution n'est pas identique à celle des éléments chimiques et des astres. Quoique l'évolution vivante prenne naissance dans les combinaisons d'énergie préexistante, elle est essentiellement constructive, elle produit sans cesse une infinie variété de nouvelles formes et fonctions, qui auparavant n'étaient jamais apparues dans l’univers. Quoique ce pouvoir dérive d'un pouvoir plus ancien, il présente la première et, en même temps, la plus remarquable des divergences entre le monde vivant et le monde inorganique (11).
Puisque les opérations de la vie dans leurs formes simples sont de nature physicochimique et sont interprétables, d’une façon plus ou moins précise, en termes d'énergie, nous sommes nécessairement conduits à admettre que leurs formes complexes pourront être aussi interprétées dans les mêmes termes. Mais, en affirmant que toutes nos expériences convergent vers une explication physicochimique de la vie plutôt que vers les hypothèses vitalistes, il n’en reste pas moins que nous sommes loin de prétendre qu'aucune des explications physicochimiques de la science actuelle soit définitive et satisfasse complètement notre raison.
La chimie et la chimie biologique ont encore beaucoup à découvrir. Une source ou une espèce encore inconnue d'énergie peuvent être en œuvre. Il peut exister dans l'assemblage des éléments chimiques cosmiques nécessaires à la vie (que nous appellerons « bioéléments >) un elément chimique inconnu que l'analyse n’a pas jusqu'à présent révélé. Un élément, comme le radium par exemple, peut être inclus dans la matière vivante, quoiqu'il n'ait pas encore été mis en évidence, par suite de sa diffusion et de sa quantité infi-
(11) Le principe de la dissipation de l'énergie utilisable n'est applicable qu'à des cycles bien déterminés, il ne peut l'être à la terre entière ; car, si nous constatons la transformation perpétuelle d'énergie mécanique en énergie calorifique, nous assistons aussi à des restaurations d'énergie mécanique, comme le transport de l’eau évaporée sur les sommets. Quant à la vie, elle ne modifie en rien l’évolution cosmique ; Sur la terre, elle ralentit la dissipation de l'énergie cinétique, en formant des composés de haut potentiel chimique. Voir notamment Houssay, Force et cause, p. 148-157, 160. (Note du traducteur.)
nitésimale, ou de propriétés qui ont échappé à l'analyse. Ou encore : quelque élément chimique inconnu serait peut-être encore à découvrir dans le complexe des éléments connus.
Toutefois, l'hypothèse de beaucoup la plus probable, dans l'état actuel de nos connaissances, est que des principes inconnus d'interaction restent à découvrir ; de tels principes sont encore obscurs dans notre exploration incomplète des divers agents physicochimiques répandus dans la matière végétale et animale.
49 Nous sommes maintenant préparés à l'examen de la quatrième de nos questions directrices. Si l’évolution de la matière brute est commandée par certaines lois physiques, si la matière vivante se conforme à plusieurs de ces lois, sinon à toutes, la question finale est la suivante : le monde vivant obéit-il à des lois dans son aspect essentiel : celui de convenance et d'adaptation; ou les lois apparentes ne sont-elles que l'expression du hasard?(12). En d’autrestermes, la nature, dans l’origine et l’évolution de la vie, rompt-elle avec ses procédés antérieurs (13) et substitue-t-elle le hasard à la loi? C'est peut-être le plus ancien problème biologique que se soit posé l'esprit humain, et c'est l’un de ceux où 1l existe encore le plus de divergences.
Les astronomes ont décrit le développement ordonné des astres, les géologues, celui de la terre. ŸY a-t-il aussi un développement ordonné de la vie? Les formes de la vie sont-elles gouvernées, comme la forme des astres, par des lois proprement dites, ou ne sont-elles soumises qu'aux principes statistiques du hasard ?
Que les formes de la vie aient atteint leur état actuel par survivance d'opérations dues au hasard, par l'effet des mieux adaptées parmi d'innombrables expériences, est l'opinion qu'ont soutenue une longue série de philosophes naturalistes, de Démocrite et Empédocle jusqu'a Darwin, puis Poulton, de Vries, Bateson, Morgan, Loeb et beaucoup d’autres savants contemporains.
(12) Sur la signification de l'idée de hasard : H. POoINCARÉ, Science et méthode, Flammarion, 1908, L. I, Ch. 1v ; LE DANTEC, Le hasard et la question d'échelle, dans Revue du mois, 1907, p. 257 ; Les mathématiciens et la probabilité, dans Revue philosophique. 1910, Il; E. BoREL, Le hasard et la vérité scientifique, dans Revue de Paris, 1°7 août 1912; Le hasard, Alcan, 1914. (Note du traducteur.)
(13) La question du hasard est générale, elle se pose aussi bien à l'égard de la matière inerte que de la matière vivante : les lois sont-elles des donnees premières, ou des moyennes de phénomènes complexes se prodnisant au hasard, de même que les lois de la dilatation des gaz, par exemple, ne font qu'exprimer les moyennes des mouvements désordonnés des molécules ?. (Note du traducteur.)
Le hasard est le fondement même de la sélection naturelle dans la théorie de Darwin. William James (14) a accepté ce point de vue du hasard comme s’il avait été réellement démontré.
« La nature a toujours préféré travailler par la méthode de pile ou face, écrit Davies (15). Des millions de variations se sont produites dans l’évolution pour aboutir au succès d’une seule. »
J'ai soutenu depuis longtemps que cette théorie du hasard dans son application aux formes était un dogme (16) biologique. Elle est l’une de ces chaînes d'hypothèses, auxquelles Darwin a suspendu ses théories de l’origine des adaptations et des espèces, hypothèse qui a été fortifiée par une constante répétition ; je ne sache pas qu'elle ait été réellement démontrée par l'observation rigoureuse d'aucune série évolutive (17).
L'opinion contraire, qui fait dériver les formes vivantes de principes d'ordre, de lois, a été soutenue par une autre école de philosophes et de naturalistes, où figure en tête Aristote, l'adversaire de Démocrite et d'Empédocle. Elle a aujourd’hui moins d’adhérents parmi les savants et les philosophes. Eucken (18), à la suite de Schopenhauer, l’a récemment exprimée en ces termes : « Dès l’origine, la tendance philosophique prédominante est opposée à l'idée que les formes qui nous environnent soient le produit exclusif d’une accumulation de variations individuelles accidentelles, par concurrence aveugle et survivance, sans action d’une loi interne. La science naturelle a de plus en plus démontré son inexactitude. »
Un chimiste moderne, Henderson, se demande aussi quelle est Ia probabilité pour que l'appropriation du milieu à la vie ait été l'effet d’un simple hasard : « Il n’y a, en vérité, remarque-t-il, pas une chance sur des millions pour que les nombreuses propriétés spéciales du carbone, de l'hydrogène et de l'oxygène et surtout de leurs composés stables tels que l'eau et le gaz carbonique, qui sont les principaux éléments de l'atmosphère d'une nouvelle planète,
(14) JAMES (William), 1902, p. 437-439.
(15) DAv1ESs (G.-R.), 1916, p. 583.
(16) La biologie comme la théologie a ses dogmes. Les meneurs ont leurs disciples et leurs partisans aveugles. Toute grande vérité, comme le principe de la sélection naturelle de Darwin, devient un levier pour soutenir des demi-vérités et de purs dogmes.
(17) La critique de l’idée de variation fortuite a été présentée d'une façon frappante par Le Dnatec dans de nombreux passages de ses ouvrages. (Note du traducteur).
(18) EucKkEN (Rudolf), 1912, p. 257.
apparaissent autrement que par l'opération d’une loi naturelle, qui en quelque manière établit des relations entre eux. Il n’y a pas non plus de probabilité pour que ces propriétés spéciales aient été seules, sans cause déterminée, favorables au mécanisme de la vie. Elles ne sont pas de simples accidents. L'explication est à trouver ; il faut reconnaître toutefois qu’on n’en connaît encore aucune (19). »
Cette quatrième question (loi ou hasard dans l’évolution de la vie ?), à la différence de la première (la vie a-t-elle introduit quelque chose de nouveau dans l'univers ?), qui n’est encore qu'à l'état de pure spéculation, n’est plus une affaire d'opinion, mais une donnée, où les observations directes de la paléontologie ont un grand poids. C’est un fait d'observation que dans les générations successives d'animaux et de plantes au cours de longues périodes géologiques, l’évolution des formes vivantes est analogue à celle des astres : leur naissance et leur évolution, telles que les révèle la paléontologie, le démontrent. Il y a une part de vérité dans ce jugement d'Aristote : « La nature produit des objets, qui, constamment mus par un principe interne, tendent à certaines fins...» (20).
Reste à découvrir ce qu'est ce principe interne. Il paraît être une réponse interne à des influences extérieures, un ajustement de relations internes à des relations externes, pour employer le langage d'Herbert Spencer. Il y a d’abord lieu d’exclure, pour expliquer l’origine de ce principe mouvant, le recours à un intermédiaire surnaturel théologique et à un pouvoir créateur externe. Nous pouvons exclure aussi, comme non scientifiques, quoique les apparences visibles possèdent un haut degré de finalité, les hypothèses vitalistes d’une entéléchie, ou de tout autre agent de perfectionnement interne, distinct des énergies physicochimiques connues ou inconnues.
Mais, si nous rejetons les hypothèses vitalistes des anciens Grecs et le vitalisme moderne de Driesch, de Bergson et d'autres, nous sommes ramenés à la nécessité de faire de nouvelles expériences, orientées par l'imagination et soumises à la vérification. Comme nous l’avons indiqué dans notre Préface, les chemins anciens ne mènent nulle part et la question se pose de savoir quelles seront les directions que les nouvelles recherches et les expériences devront suivre.
(19) HENDERSON (Lawrence-J.), 1913, p. 276.
(20) OsBorN (H.-F.), 1894, p. 56.
Le fait que les causes, qui commandent l’origine de nombreuses formes d'adaptation, sont encore inconnues, inconçues et peut-être inconcevables, ne nous interdit pas de penser que l'adaptation est la continuation de l’ordre cosmique, plutôt que l'apparition d’un nouvel ordre de choses (21).
C'est l'observation d'une prédominance de l’ordre et de la loi dans l’évolution mécanique des Vertébrés, qui a conduit l’auteur à chercher une explication de la vie dans les phénomènes énergétiques. Cherchons les causes des variations ordonnées et adaptées.