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CHALEUR ET LUMIÈRE PRIMITIVES

I] est possible que, dansles premiers stades de l’histoire terrestre,

(1) Voir sur ce chapitre : H. LENICQUE, Théorie chimique de la formation de la terre et des roches terrestres, Hermann, 1910 ; S. MEUNIER, La géologie biologique, Alcan, 1914 ; A. GAUTIER, La chimie de la cellule vivante, Gauthier-Villars et Masson, s. d.; F. Le DANTEC, La matière vivante, la forme spécifique, Gauthier- Villars et Masson, s.d.; G. MATISssE, Action de la chaleur et du froid sur l'activité des êtres vivants, Larose, 1919 ; J. Du:LAUx La chimie de la matière vivante, Alcan, 1910, Les Colloïdes, Gauthier-Villars, 1920; E. LAMBLING, Précis de biochimie, Masson, 2° édit., 1919.

Sur la catalyse, les enzymes, anticorps et antigènes : P. Sabatier, La catalyse en chimie organique, 2 éd., Béranger, 1920 ; E. GLEY, Traité élémentaire de physiologie, J.-B. Baïllière, 4e édit., 1918-1919 ; ARMAND-DELILLE, Le mécanisme de l'immunité, t. I: Anticorps, antigènes, Masson, 1910; M. NicozE, E. CÉsaRt et C. Jouax, Toxines et antitoxines, Masson, 1919 ; E. BURNETT, Microbes et toxines, Flammarion, 1919,

Sur les corrélations fonctionnelles humorales : E. GLEY, Essais de philosophie et d'histoire de La biologie, Masson, 1900 ; Les sécrétions internes, J.-B. Baïillière, 1914 ; Quatre leçons sur les sécrétions internes, J.-B. Baillière, 1920. (Note du traducteur.)

la lumiere et la chaleur solaires aient été différentes en quantité de ce qu'elles sont aujourd'hui. Autant qu'on peut en juger par les faits constatés, il est probable que, si elles ont présenté des différences appréciables, elles ont été plus abondantes qu'aux temps actuels. Mais, si elles ont été plus grandes, l'atmosphère a dû être plus remplie de nuages — comme celle de Vénus paraît l'être actuellement — et a dû réfléchir dans l’espace interplanétaire beaucoup plus que les 45 p. 100 des radiations incidentes qu’elle réfléchit aujourd'hui. Sur la surface terrestre, sous la couche des nuages, la température n’a pas été nécessairement beaucoup plus élevée que la température moyenne actuelle ; mais elle était certainement beaucoup plus uniforme et beaucoup plus humide, alors que la quantité de lumière solaire qui atteignait la surface de la terre pouvait être moins élevée et plus irrégulière.

Voici quelques-unes des raisons pour lesquelles les actions solaires primitives sur la terre ont pu différer des actions présentes :

11 semble probable que la surface inanimée de la terre était analogue à celle de la lune actuelle, couverte, non seulement de roches ignées, mais d’amaset de débris concentrant la chaleur, tels que Russell (2) les a décrits récemment ; si la terre, comme la lune, n'avait pas eu d’atmosphère, la réflexion de sa surface n'aurait déterminé qu'une perte de 40 p. 100 de la chaleur solaire. Mais une quantité abondante de vapeur d'eau et d’anhydride carbonique contenue dans l'atmosphère formait probablement un écran, arrêtant les radiations solaires qui avaient pénétré jusqu'à sa surface et faisant obstacle aux variations de température. Il y avait ainsi sur la terre primitive une plus grande régularité dans l’'approvisionnement de la chaleur solaire, avec plus d'humidité.

En somme, si l'atmosphère primitive contenait plus de vapeur d'eau et d’anhydride carbonique que l'atmosphère actuelle, son pouvoir réflecteur de la chaleur et de la lumière solaires était plus considérable. La surface de la terre, couverte de débris épars, aurait retenu une plus grande quantité de la chaleur qui l’atteignait directement ; mais avec une telle atmosphère, une très petite partie des radiations solaires pénétrait directement jusqu'à elle. Ce qui est vrai pour la lumière, l'est également pour la chaleur. D'autre part, l'opacité

(2) RussEeLL (H.-N.), 1916, p. 75.

plus grande de l'atmosphère tendait à maintenir à la surface une température voisine de la température actuelle, malgré la pénétration d'une moindre quantité de chaleur.

Il est aussi possible que les premières formes de la vie aient emprunté de l'énergie à la terre par les sources chaudes et la chaleur des régions volcaniques. Ceci s’accorderait d'une façon générale avec le fait que les organismes les plus primitifs qui aient survécu, les Bactéries, ont besoin plutôt de chaleur que de lumière pour maintenir leur énergie.

Nous avons donc constaté jusqu'ici que la terre, l’eau et l’atmosphère primitives contenaient tous les éléments chimiques et des composés importants — eau, nitrates, anhydride carbonique, — qui sont essentiels à la vie dans ses divers stades de Bactérie, de Végétal préchlorophyllien, d’Algue et de Végétal chlorophyllien

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