‹ L'Orléanais; histoire des ducs et du duché d'Orleans, comprenant l'histoire et la description de la beauce, du pays chartrain, du biésois, du vendomois, du gatinais, du perche, et de ce qui constituait l'ancienne généralité d'OrléansChapitre 1 sur 38 · L'Orléanais; histoire des ducs et du duché d'Orleans, comprenant l'histoire et la description de la beauce, du pays chartrain, du biésois, du vendomois, du gatinais, du perche, et de ce qui constituait l'ancienne généralité d'Orléans · texte numérisé non relu

L'Orléanais; histoire des ducs et du duché d'Orleans, comprenant l'histoire et la description de la beauce, du pays chartrain, du biésois, du vendomois, du gatinais, du perche, et de ce qui constituait l'ancienne généralité d'Orléans

Le seul iiiiloiii- ((ui ail comiiieTKV l'histoire de in luoNincc orléanaiso c.M le maniuis de Liichel . ur vers le milieu du dix-huitième siècle et moit en I70'2. Il |)uhlia son onvraiic (Ml 1706, s'arrêta an milieu de son travail par des motifs ((ue nous ne redirons point ici. Fidèle adepte de l'école voltairienne , il tourne en dérision les choses les plus respectables, omet les lé2:endes sacrées et dénie à plaisii- toute intervention divine dans les conflits des peuples, comme sil était permis de supposer que le créateur reste en dehors des mouvements de l'humanité 1

Mais si la province dans son ensemble n"a eu cpie cet historien, il n'en est pas de même des principales villes, qui toutes ont été l'objet des recherches d'hommes distingués par leur zèle et leur érudition. Plusieurs excellents ouvrages ont paru à diverses époques sur Orléans , Blois , Chartres et quelques-uns des chefs-lieux principaux de l'Ancienne Généralité. Quant aux ducs, dont le nom se môle aux grands événements de notre patrie, ils ont eu d'ardents panégyristes et de violents détracteurs. Si donc nous j)ouvions

M IMUFACK.

cspcivr (le Iioiin ci iiiic aide |tiiissiiiit(' diiiis les liiiviiux de nos (IcNancicrs . en co (jiii concciiic la pioNinco, notre làclie ost (l('\(Mnio plus (lillicilc lors(|iiil s'est agi do parler de la j)ersonne de< ducs d'Orléans, sujet traité par une foule d'écri- \ains tantôt sur le Ion de llioinélie, tantôt sur celui du panipiilel et de la satire.

.Nous n e\pli(|ucrons point ce que nous avons voulu faire à notre tour, et nous laisserons le lecteur juger de ce que nous avons fait. Quant à notre plan, nous sera-t-il permis d'en dise quelques mots ? Rassembler avec tout le soin possible les faits historiques relatifs à la province, les coordonner après avoir discerné le vrai du faux, et les livrer au lecteur avec peu de discussion et de commentaires, tel a été le but de nos etforts. Nous avons parfois reconnu que nos moyens ne répondaient point à notre désir, car il n'est pas de province qui ait eu autant de saints ni plus de miracles, autant de monastères ni plus de Chartres ! Comment faire jaillir la lumière du chaos des âges monastiques où des légendes mensongères revêtent , sous la plume de candides f eligieux , les couleurs de la vérité! Comment retrouver les traces du passage ou du séjour de ces grands rois et de ces illustres reines (jui prodiguèrent à nos aïeux tant de richesses monumentales et de si pompeux souvenirs! Ici des faits peu importants, mais curieux ; là des batailles et des sièges justement célèbres; plus loin les progrès du commerce et de l'industrie à observer dans ces lieux oii palpite le cœur de la France!...

Commençant aux temps druidiques , nous suivons les progrès de l'invasion des Francs, et nous assistons aux événements les plus célèbres de notre histoire. Au moment où la monarchie franchise se réduit à la seule province orléanaise,

pui:i-A(.i:. VII

nous lioiiNons des détails spéciaux cl &\i\u' iiidiv idualilc alisolue. Mais à jjarlir du siégo d'Orléans, en Ii2N, riii>l()iic dv la piovince se lie inliniemcnl à c«'llc do ses ducs (pu jouent un rôle princijjal dans toutes nos luttes intestines. Lindividualité de l'Orléanais reparait au temps des Calvinistes et de la Fronde, après (juoi l'histoire des ducs devient celle de Tapanage.

Ce livre est donc I histoire de lancien apanaiic complétée par celle des ducs d'Orléans.

A rimilation de presque tous les auteurs qui ont traité d'une province, nous avons cru devoir faire précéder la partie historique d'une description topographicpie des lieux tels qu'ils sont aujourd'hui. Le curieux y trouvera un aliment pour sa frivolité; ceux (|ui écriront un jour l'ensemble de l'histoire de France à l'aide de celle des provinces verront avec intérêt ce que furent jadis les villes et les monuments de V Orléanais, et ce qu'ils étaient encore à l'époque où parut cet ouvrage.

VillcuiaiTcau , près Beaui^omy, ce 30 novembre 1841.

DUSCHII'ÏIOIV

DK L'ORLÉANAIS

ET

DE LA GEiMEUALITE D'OKLEAXS.

A généralité d'Orléans * était située entre la Bour^og^ne , le Nivernais , le ^ Berry, la Touraine, le Maine, le Haut-Perche et l'Ile-de-France; sa longueur de l'orient à l'occident était de cinquante lieues, depuis Châtillon- ^^ sur-Loing jusqu'au dernier village de Clajnecy ; sa largeur du midi au nord Irémité de Romorantin, jusqu

de quarante lieues. Dans cette étendue, se trou- ''9^4 ""^^^ vent : au centre , l'Orléanais proprement dit , la Sologne , le Blaisois, le Vendomois, le Bas -Perche, le Gâtinais, le comté de Dunois, la Beauce et le pays Chartrain. On l'avait divisée en douze élections , gouvernées ou desservies par sept mille sept cent quarante-sept officiers , tant royaux que seigneuriaux , en y comprenant les procureurs, notaires, huissiers et praticiens. Elle renfer-

, depuis Vatan , à 1 ex- ^ i''\\K5M \^ -^ ;qu à Ramboidllet, était >V ( t^/ ^-^

Voir le Mémoire dressé par l'ordre du duc de Bourgogne en 1708.

,v DKSCRII'TION DH l.OHlJ-: AN A IS

niait trois évêchos , ceux d'Orléans, do Chartres et de Blois , avec partie des diocèses de Sens , d' Auxerre , de Bourges , de Tours et du Mans. L'évêché d'Orléans se composait de deux cent soixante-douze paroisses , subdivisées en archidiaconats , trente curés avaient le titre de prieurs; il renfermait huit abbayes, trente et un prieurés, onze églises canonianes. et plusieurs chapelles et bénéfices; on comptait en outre six couvants de franciscains , vui de jacobins , deux de carmes, un de chartreux, un de bénédictins, trois d'ursulines, un de carmélites , un de la Visitation , un du Calvaire et un de Fontevrault. Le diocèse de Chartres s'étendait dans les généralités circonvoisines , mais il occupait un grand territoire dans celle d'Orléans. Avant l'érection du siège épiscopal de Blois par le pape Innocent XII, en 1697, l'évêque de Chartres avait dans sa dépendance mille sept cents paroisses, vingt-huit abbayes, deux cents prieurés et quatorze chapitres ; on distinguait les abbayes de Saint- Père , de l'ordre de Saint-Benoît ; de Tiron , de la congrégation de Saint-Maur; de Colombs, près Nogent-le-Rotrou ; de Josaphat, dont le site rappela aux croisés le célèbre vallon de la Palestine ; de la Madeleine, de Châteaudun, de la congrégation de Sainte-Geneviève. On citait les chapitres de Saint- André , de Saint-Maurice , de Saint- Nicolas, deMaintenon et de Montmirail ; il y avait en outre un grand nombre de monastères et de communautés de femmes. L'évêché de Blois se forma des portions de celui de Chartres comprises dans les élections de Vendôme , de Blois et de Châteaudun ; il contenait deux cents paroisses , cinq abbayes et quarante prieurés ; le plus renommé de ses chapitres était celui de Vendôme, fondé par les anciens comtes. La partie de l'évêché du Mans qui entrait dans la généralité consistait en trente-neuf paroisses, trois abbayes , dont l'une, l'Étoile de Prémontré; neuf prieurés, parmi lesquels se trouvait celui de Lavardin ; des couvents et des monastères de divers ordres , et la commanderie de Villefranche , aux religieux de Saint- Jean-de- Jérusalem.

Kl Dl' l.A (il.M.HAI.m DOIU. i:\NS v

Le g()U\erneur militaire, qui résidait à Orléans, avait scius ses ordres deux lieutenants-généraux et trois lieutenants du roi; les villes avaient cluuuiic k'ur ((inmiandant particulier. La généralité fournissait dans les cas de guerre deux régiments de milice ; la police y était faite par des officiers de maréchaussée et des lieutenants de robe courte , établis aux chefs-lieux d'élection ; la ville d'Orléans avait en outre une compagnie du guet. La justice était divisée en quatre bailliages ou sénéchaussées , dont les présidents résidaient dans les villes de B!ois, de Chartres, d'Orléans et de Montargis. Dans chacun des sièges ou subdivisions des bailliages , se trouvaient les lieutenants du bailli , et dans les petites localités existaient les officiers de justice inférieure, tels que les prévôts, qui connaissaient en première instance des causes populaires et de la police des lieux soumis à leur juridiction. Les justices seigneuriales, jiKis ou moins étendues, selon la nature et l'importance des fiefs, étaient aussi des tribunaux inférieurs dont les sentences pouvaient être réformées par le bailli ; plusieurs de ces justices s'étendaient sur un vaste territoire , mais la plus considérable était la châtellenie d'Orléans. Les baillis avaient le droit de tenir des assises dans les sièges de leur dépendance immédiate , qui tous ressortissaient au jiarlement de Paris . hors les cas présidiaux. On comptait six maîtrises, étabHes pour veiller à la conservation des forêts ; chaque maîtrise avait cinq officiers , sans les gardes ; la forêt d'Orléans était divisée en six juridictions, ressortissant à la maîtrise principale, fixée à Orléans. ]l"y avait, en outre des capitaineries à Beaugency, Montargis, Blois et Chambord, la juridiction des consuls, établie par un édit de 1663, qu'exerçaient les marchands choisis parmi les notables , devant les lieutenants-généraux de Chartres et d'Orléans. L'état des finances se composait de tailles , qui s'élevèrent en l'année 1695 à 10,808,987 livres. L'ustensile, le supplément de fourrage, l'habillement et la solde de l'état-major des milices, la capitation , la remise accordée aux receveurs et collecteurs étaient autant d'impôts,

M nKsc.HiPTioN i)K L oin.i: \N.\1S

dont plusieurs furent supprimés comme excessifs. Les aides et gabelles produisaient au roi des revenus énormes. La ferme générale des gabelles se composait de vingt-deux greniers de vente volontaire, étal)lis à Orléans, Sully, Beaugency et autres lieux; il en sortait jusqu'à neuf cents muids de sel , dont le prix s'élevait à près de deux millions, malgré des fraudes audacieuses. Les droits des aides, comprenant la vente des papiers et parchemins timbrés, étaient pour la plupart dans l'évaluation des apanages du duc d'Orléans. Le tout s'affermait, année commune, la somme de 478,000 livres. Le roi s'était réservé les fermes du tabac , du contrôle , des exploits , des actes notariés et du sceau, produisant dans la généralité près de 150,000 livres. Les officiers des bureaux des finances, ceux des élections et des greniers à sel , avaient dans leurs attributions la direction des fermes, soit du duc, soit du roi, et la juridiction contentieuse des affaires de leur ressort. Le bureau d'Orléans, créé par Henri II , se composait d'un premier président et de vingt-trois trésoriers. L'intendant de la province avait sous sa direction particulière les routes, les ponts et les chaussées, dont les péages et revenus étaient affermés en audience publique , au plus offrant enchérisseur.

Cet aperçu pourra donner quelque idée de l'état politique, militaire, ecclésiastique et financier de la généralité d'Orléans. Nous avons choisi l'époque de sa plus grande prospérité ; elle avait subi de notables modifications , et était destinée à en éprouver de plus considérables encore , avant de disparaître dans le cataclysme de la révolution de 1789. 11 nous reste à donner, dans cette partie de notre travail , la description fort abrégée des cours d'eau , canaux et autres grandes voies de communication traversant le pays dont nous nous occupons.

En première ligne nous citerons la Loire , qui entre sur les terres de la généralité un peu au-dessous de La Charité , et en sort au delà de Blois. Elle prend sa source dans les Cévennes, coule du midi au nord, tourne ensuite à l'ouest, et se jette, après un cours de cent

Kï nii LA (iKNKKALlTK I) OULKANS vu

cinquante lieues, dans l'Océan. C'est une des jurandes artères commerciales du royaume; mais, tantôt à sec, tantôt gonllé au point de franchir ses bords, ce fleuve causerait d'affreux ravages, si l'on n'était sans cesse en garde contre ses caprices , et toujours occupé de le vaincre ou de le gouverner. Les plus célèbres de ses débordements sont ceux des années 581, 1003, 1037, 1414, 1428, 1570, 1628, 1707, 1709, 1733. Dans d'autres temps, elle se rétrécit à ce point qu'on a vu des armées la traverser à gué : ainsi Philippe- Auguste, marchant à la rencontre du roi d'Angleterre, la passa près de Tours avec ses escadrons-. Avant 1730, on ne citait sur ce fleuve que cinq ponts en pierre, souvient rompus par les crues, et une infinité de bacs servant à communiquer d'une rive à l'autre.

Les ducs, les seigneurs et les villes profitaient des droits de navigation perçus sur les marchandises. Les contestations qui s'élevaient entre les propriétaires de ces droits étaient jugées directement par la grand'chambre du parlement de Paris. Des officiers en titre veillaient à l'entretien et à la conservation des levées; les fonds nécessaires à ces dépenses étaient imposés sur la généralité , et il en coûtait aux Orléanais 60,000 livres environ chaque année. Les autres principales rivières sont : l'Yonne, dont la source est dans le Nivernais, et qui passe à Magny, Saint-Didier et Clamecy; le Loing, qui traverse l'élection de Gien, celle de Montargis, et reçoit quelques ruisseaux. Les autres rivières sont : l'Eure, qui baigne Chartres et Maintenon ; le Loir, qui prend sa source dans l'élection de Chartres , et passe à Bonneval , Châteaudun , Vendôme , Lavardin et Montoire ; le Loiret , qui , après un cours de deux lieues , se jette dans la Loire près d'Orléans; le Cosson , le Beuvron , qui arrose Châtillon , Lamothe , La Ferté , et a son embouchure dans la Loire , près de Blois; la Sandre, qui passe à La Ferté- Imbault, à Selles et àRomorantin; le Cher. Ces rivières sont couvertes de ponts en pierre et en bois. 11 n'y a que le Cher et la Loire de navigables; l'Eure, ^^'onlH' et le Beuvron sont flottal)les. Le canal de Briare et celui

Mil DESCHII'TION i)K l.O |{ 1. K AN A 1 S

tl'Oiléaiis servent, en outre, ;iux besoins du eoninierce. Ce dernier, eoinnieneé en I(j8I2 et terminé en 1G9'2, part de Combleux, une lieue au-dessus d'Orléans, et se jette dans la Loire au delà de Montargis.

Parmi les forêts de la province , on cite celles d'Orléans , de Boulogne, de Marchenoir, de Fréteval , de Chambord et de Dourdan.

Les arbres qu'on y voit sont l'orme, le hêtre, le tilleul , le pommier, le poirier, le noyer, le châtaigiiier. La forêt d'Orléans, du temps de François 1", contenait cent (luarante luilli' arpents, mais elle est au-

l'T 1)K LA GKNtRAl.lTK DOULKANS. ix

jourd'hui beaucoup moins étendue. Elle abondait en gibier de toute espèce ; Henri III y fit mettre des buffles et des chameaux, et Gaston Phœbus, comte de Foix , y chassa avec des meutes de seize cents chiens.

Les ^ ignobles s'étendent sur les bords de la Loire, depuis Châteauneuf jusqu'au delà de Beaugency, sur une largeur variable. Le plant d'Auvernat est le plus estimé. Nos rois recherchaient le vin d'Orléans, et Henri l" ne buvait que du Rebrechien.

Le pays est divisé par la Loire en deux parties bien distinctes. Au sud du fleuve est la Sologne , au terroir sablonneux , couverte de bruyères, de bois de sapins, d'étangs, de forêts de chênes rabougris, mais ofl"rant çà et là des coteaux plantés de vignes qui donnent des vins de médiocre qualité. Sous la couche première, formée de détritus de plantes et de tourbe , est une couche argileuse qui s'oppose à l'écoulement des eaux dans les années pluvieuses, et à la décomposition putride quand la saison est sèche. Jadis peuplée, et sans doute bien cultivée, ainsi que l'attestent diverses ruines et les découvertes des archéologues , elle n'était point insalubre comme aujourd'hui. Mais , livrée à des agriculteurs que minent des fièvres endémiques, elle est inféconde, et semble, aux portes de Paris, un désert abandonné à des hommes auxquels l'amour de la chasse ou le zèle ardent du bien public font braver des maladies lentes , insidieuses dans leur cours, et souvent mortelles. C'est en effet le pays des grandes études agricoles, de la noble lutte de l'intelligence avec les difficultés de la nature ; c'est la terre qui attend des colons , et que l'on oublie pour fonder ailleurs des établissements sans avenir. Au nord de la Loire sont les plaines fertiles de la Beauce * , avec de belles prairies artificielles, de gras pâturages et des forêts majestueuses. Là viennent en abondance les céréales de toute espèce, que

Belsia, dulce solum, tibi desunt fliimina, solùm Fontes, prata, nemus, montes, virgulta, racemus , Fructus, strala, panis, mulier, caro, piscis et i^nis.

X OESCHII^TION 1)K I.'OKLKANAIS

sèment et récoltent des hommes laborieux , intelligents et robustes.

Une chaîne de collines peu élevées traverse le ])ays du sud-est au

nord-ouest.

Le climat est doux et tempéré. L'air, pernicieux en Sologne, était autrefois si salubre près de Montargis , que les reines de France y venaient passer le temps de leurs couches. Les eaux des puits engendrent, dit-on, la gravelle et la pierre; celles du fleuve n'ont point ces propriétés malfaisantes.

A ces cours d'eau si multipliés, qui fécondent la terre, les conquêtes de l'art ont de nos jours apporté dans les limites de l'ancienne Généralité plusieurs lignes de chemins de fer. L'un des premiers canaux creusés dans le royaume avait été le canal d'Orléans , qui devait joindre une grande ligne commerciale , la Loire , à un grand centre de débouchés et de produits ; par les mêmes raisons , le premier chemin de fer mis en activité sur un long parcours fut celui de Paris à Orléans. Ce chemin fut autorisé par la loi du 7 juillet 1838 , et concédé à des particuliers pour une durée de soixante-dix ans. Les lois du l""' août 1839 et du 15 juillet 1840 apportèrent des modifications à ce traité. La concession est de quatre-vingt-dix-neuf ans , et le gouvernement garantit , pendant quarante-six ans et onze mois à partir de la mise en circulation , un minimum d'intérêt de 4 pour 100 sur le capital des dépenses , à la condition , par la compagnie , de réserver chaque année 1 pour 100, pour amortir le capital. Il fut accordé cinq ans pour la construction de la ligne. La partie de ce chemin qui est entre Paris et Corbeil fut livrée au public le 17 septembre 1840. Mais , à la suite de quelques dissidences entre l'Etat et la compagnie , les travaux de la ligne de Juvisy à Orléans ne commencèrent que vers la fin de janvier 1841. Les entrepreneurs déployèrent une célérité si grande, qu'ils terminèrent en 1843 ce parcours de 102,437 mètres de développement , et purent inaugurer la ligne principale le 2 mai de la même année. Sept mille cinq cents parcelles de terrain avaient été achetées

KT DR LA G i: m: H. M, 11 K DOIU.r-ANS. xi

pour la somme totale de 6,980,000 francs. On avait remué près de 5,000 ,000 de mètres cubes de terre. Les ouvrages d'art , au nombre de deux cent vingt-sept, sont remaniuables. Mais ceux qui se trouvent dans rOrlranais proprement dit oflVcnt peu d'intérêt. Les eaux nécessaires aux machines sont fournies ])ar des puits creusés à de grandes profondeurs. Le prix total dt-s travaux s'éleva à la somme de 49,200,000 francs.

L'embarcadère de Paris , situé sur le boulevard de l'Hôpital , se fait remarquer par son étendue. On y arrive en traversant une vaate cour, séparée de la \oie publique par une grille en fer. C'est un hangar de 225 m. de longueur sur 26 m. 50 de largeur et Ll m. 50 de hauteur, partagé en trois nefs , dont le milieu renferme les deux voies de service. D'un côté sont les salles d'attente, de l'autre sont les bureaux de la douane, où les voyageurs doivent se présenter à leur arrivée. Les ateliers vastes et bien disposés , les approvisionnements de charbon annoncent la grandeur et les dépenses journalières de l'entreprise.

La machine à vapeur vous entraîne rapidement , et l'on voit successivement La Gare avec ses verreries et ses fours à chaux ; Bei-cy; Yvry -sur -Seine et sa maison de fous; Viiry; Pori-à-l' Anglais , qui doit son nom aux guerres des Orléanais et des Bourguignons , sous Charles VI; Charenlon; Choisy-Ie-Roi , qu'hal)ita mademoiselle de Montpensier, la virile fille de Gaston d'Orléans; adroite est Orly, que les moines du neuvième siècle appelèrent Aurelianum ; VilJeneuve-Ie-Roi ; J' il leneuve- Saint-Georges ; AbJoyi, qui posséda un prêche et reçut souvent les visites de Sully ; Athis-Mons, séjour aimé de Philippe le-Bel ; Juvisy, où Napoléon apprit la capitulation de Paris ; Savigny ; Grand-Vaux ; Epinay, joli village ; Villemoisson ; ' Petit-Vaiix ; Longpont; Saint-Michel; Montlhêry , dont l'imposante tour servit de prison d'État aux Orléanais ou Arnnagnacs en guen'e avec les Bourguignons; Brétigny, qu'il ne faut pas confondre avec le hameau près de Chartres , où fut signé le célèbre

XII i)i;s(;ini'iU).N de loiwAiXNXis

imitv' ' ; Arpcijon , qui s'appelait autrefois Châtres , et qui vit populariser son nouveau nom , grâce à l'ordre donné par Louis de Saverne (le rouer de coups de bâton ceux qui continuaient de prononcer l'anlicn ; Marollcs; Lard y ; Chamarande et son admirable château; Élrcckxj -le- Larron; Marigny ; Efampes , dont le château fut construit par la reine Constance , épouse du roi Robert. On entre dans les plaines de la Beauce Dans le lointain se déploient successivement Afondêsir , MonneiTilIe , Chic/ieny , Pussay , Mérévil/e , où le comte de Laborde fit élever un des plus beaux châteaux de France ; Angerville , dernière ville du département de Seine-et-Oise , fameuse par le conseil de guerre où les chefs de l'armée de la Loire résolurent de se soumettre aux Bourbons.

T/ioury est le premier bourg de l'Orléanais ; son château joua un rôle important dans les querelles féodales et dans nos luttes avec les Anglais ; Artenay , chef-lieu de canton ; Chevilly , sur la lisière de la forêt d'Orléans ; Cercottes, village de bûcherons. Les Aydes, commencement du faubourg Bannier, annoncent enfin Oî'léans. Dans le trajet , on a pu compter 402 passages à niveau pour routes royales et autres chemins ; 198 passages par-dessous le chemin de fer pour le libre cours des eaux ; 35 passages par-dessus le rail-way ; 30 bâtiments de gare , embarcadères et ateliers ; 90 maisons de cantonniers et gardiens de passage .

L'embarcadère , dessiné sur le plan réduit de celui de Paris , a une longueur de 1T4 m. sur 28 de largeur et 14 de hauteur ; il est à 78 m. au-dessus du niveau de la gare de Paris et à 117 m. audessus du niveau de la mer au Havre.

Le chemin de fer qui doit se diriger sur Chartres est encore à

' Le Diclionnaire de Moréri, traducteur de la Géograpkie de Baudrand et d'autres auteurs graves et estimés, ne trouvant point de Brétigny près de Chartres, et voyant Brétigny près de Châtres, qui est l'ancien nom d'Arpajon, ont positivement dit que le traité avait été signé dans cette petite ville, et non dans le pays Orléanais. C'est ce qui motiva l'erreur que nous avons failli reproduire d'après ces auteurs à la page 113 de cet ouvrage. Mais il est bien certain que le Mélïiorial de la Chambre des Comptes de Paris, cote D, folio 32, au verso, dit expressément Bréligny-lès-Charires , ce qu'explique naturellement la position des armées. Nous a.lo]itons donr cette opinion, que partagent le P. Daniel , Anquetil et les meilleurs historiens.

i;t DR i.A génkhalu i; d oki.kans. mm

l'état de projet ; mais les études et les travaux préliminaires sont assez avancés pour que nous en disions quelques mots : on coupera , par un rayon intermédiaire, la région de l'ouest, comprise entre l|i Seine et la Loire , le chemin du Havre et celui de Nantes ; on prolongera l'un des deux chemins de fer do Paris à Versailles et l'on ouvrira par Chartres la ligne de Brest. A partir de Versailles, on gagnera le ])lateau de Trappes vers la Maison-Blanche ; puis Rambouillet , en longeant les faubourgs de Pierrefitte et La Louvière ; on descendra la vallée de la Guesle, par Gazeran , Voisins et Hilarion , jusqu'à Epernon ; là , on débouchera entre la butte des .Marmousets et le moulin de l'extrémité du faubourg Grand-Pont. D'Epernon à Maintenon , le chemin se dirigera vers la Voise, restera parallèle au cours de l'Eure jusqu'à Maingournois , où il passera sur la rive droite en longeant Chimay, Le Marais, Mévoisins , Dionval ; l'Eure sera de nouveau franchie , à la hauteur des prairies de la Vilette , en avant du moulin delà Forte-Maison ; après quoi, on arrivera [lar Gorget, Mousseau, Lèves, le coteau du Bourg-Neuf, le clos Saint- Jean et le ravin des Vauroux , dans la ville de Chartres , où le débarcadère sera placé entre la rue Faubourg-Saint- Jean et la routi,de Mainvilliers , près le marché aux chevaux. A partir de Chartres, le chemin de Brest s'établira dans la plaine d'Amilly et se dirigera sur le Mans ou sur Alonron.

Le chemin de Vierzon , en pleine voie d'exécution , traverse la Loire près d'Orléans et se dirige presqu'aussitôt à travers la Sologne. Un pont en pierres, formé de onze arches marinières et d'une autre arche sur la route, a nécessité d'immenses travaux. Le chemin de Bordeaux s'avance vers Meung , Beaugency, Blois, et quitte bientôt ai)rès le territoire de l'ancien Orléanais.

La province est en outre traversée par les lignes télégraphiques de Paris à Brest par Anet , et de Paris à Bayonne par Tom's et Bordeaux.

Les rues Royale et Jeanne-d'Arc attirent d'abord les regards; d'autres mes viennent aboutir à la place du Martroi. Les quais sont larges, couverts de marchandises et garnis de navires. Un pont magnifique joint les deux rives de la Loire. L'aspect de la ville est agréable; cependant, la plupart des rues sont étroites, bordées de maisons mal construites et fort anciennes

La cathédrale de Sainte-Croix est bâtie sur l'emplacement de celle dont sainte Euverte avait jeté les fondements , et qui fut brûlée par les Normands en 865 , détruite de nouveau en 999 et relevée ])ar l'évêque Arnout. Elle fut ruinée de fond en comble parles calvinistes (1567) ; Henri IV ordonna sa reconstruction et en posa la première pierre (L599) ; les travaux, suspendus à diverses reprises, n'ont point encon^ (Iouih- à ce moiiuniciit toute la ])erfection dont il est

DHSCllU'TION Dl' I. (tIM.KAN.MS, KTC. xv

susceptible. Toutefois, rhanuoiiic de l'ensemble et des détails prouvent que le premier plan a toujours été suivi par les architectes qui se sont succédé jjendaiit plus de deux siècles. On admire l'élégance des tours, le portail principal, les portails latéraux, l'irrégularité audacieuse des voûtes , le fini des sculptures et le noble aspect de l'intérieur Jadis on y voyait de superbes vitraux, peints par les Le Vieil , et des dossiers de stalles, chefs-d'œuvre de Jules Dugoullon. Elle possède une Vierge en marbre blanc , due au ciseau de Michel Bourdin; un Christ aux Oliviers, de Jouvenet. Le buffet d'orgues vient de la fameuse abbaye de Saint-Benoît, et le maître-autel est un présent de Louis XV. Parmi les inscriptions tumulaires est l'épitaphe du jurisconsulte Pothier. La longueur totale est de 148 m. 30; la largeur est de 53 m. 64. — L'église de Saint Aignan fut célèbre par les actes de dévotion de nos rois , qui acceptaient le titre de chanoines honoraires de son chapitre. On pense qu'elle fut bâtie |249) sur les ruines d'un temple païen Charlemagne lui donna des terres, et fit faire d'importantes constructions. Brûlée à diverses reprises et toujours rebâtie, elle fut rasée (1370). pour ôter aux Anglais un point de défense en dehors des murs. Louis XI , ayant restauré cet édifice, fit pratiquer au midi de l'église une esplanade, où il allait jouir des vues pittoresques de la Loire. Ce monument d'un assez bel ordre d'architecture, ne contient point d'objets dignes d'attention. La châsse de saint Aignan , placée derrière le maître-autel , dans une armoire de bois , est en grande réputation parmi les personnes pieuses. La chapelle souterraine, dédiée à saint Martin, renfermait ses reliques; elle offre le caractère de l'architecture du temps du roi Robert. — -Suint-Pierre-le-Paellier , la plus ancienne des églises delà ville, renferme de curieuses inscriptions. — Sainte- Euverte, convertie en magasin, était une des plus remarquables d'Orléans. Des fouilles pratiquées aux environs y firent découvrir des chambres sépulcrales , de construction romaine , où l'on trouva des armes , des cendres et des médailles. L'un fie ces c.er-

XVI Di-SC.iilPTKtN l)K l.OR I.ÉA N AÏS

cueils renfermait un collici' de fcniiiie, en verre et ambre, mais rien (jiii |iùt iiidiinier ri'>poque de rinliiimation des corps. — Saint- Jacques fut fondée, dit-on, par Louis-le- Jeune, avant son pèlerinage de Galice. — L'Ilôtel-de-Ville, ancienne demeure de Groslot , chancelier de la reine de Navarre, contient d'assez belles salles. Dans celle du conseil est une très-antique vue de la ville et un portrait de Jeanne d'Arc , copié en 1581 sur un autre que le temps allait détruire. 11 s'y passa plusieurs événements remaniuables. François II y fit l'ouverture des Etats-généraux ; il expira dans la pièce qui précède la chambre actuelle du conseil. Jeanne d'Albret avait confié son fils aîné, le duc de Beaumont, à l'épouse de Groslot, femme très-âgée, qui entretenait dans ses appartements une chaleur continuelle et presque dangereuse. La reine lui ayant fait des reproches à ce sujet, elle lui répondit : >• Mieux vaut suer que trembler. " Sous le règne de Henri III , le maréchal de La Châtre tua sur le perron un de ses officiers, coupable de meurtre et de désobéissance. — Le Musée, qui était autrefois la Maison-de-Ville , fut ouvert le 4 novembre 1825, et s'enrichit assez promptement, grâce au zèle désintéressé des Orléanais. 11 contient des tableaux de Vien , de Philippe de Champagne , du Guide , de Van Romain, du Guerchin, de Drouais, de Mignard, de Fragonard, et un assez bon choix de sculptures et d'antiquités. Les portes intérieures sont celles de l'ancien jubé de Sainte-Croix. La Bibliothèque , édifice moderne , a été ouverte au public en 1806. Elle se compose de livres amassés par les bénédictins et d'ouvrages légués par divers habitants. Il s'y trouve de nombreux manuscrits sur l'histoire de la ville et du département , et surtout sur le siège de 1428. — La maison d'Agnès Sorel , rue du Tabourg, a été bâtie vers l'époque de la réunion des États à Orléans par Charles VII. Des sculptures ornent sa façade et ses fenêtres; sur les portes sont des bas -reliefs représentant les victoires de Charles Vil, et des allégories tirées de la fable de Pandore. La cour présente au milieu un compartiment en mosaïque de pierres noires

KT l)H I. A (iKNKH.M.n I-; lt(i|{I.ÉANS. wn

et blanches. Au fond est un puits curieux. Une galerie, soutenue par trois arcades en plein cintre et par des colonnes de six à sept ])ieds de fût, d'un seul nnorceau, est à gauche de la cour. Sur cette galerie est le corridor du premier étage. Le plafond se compose de nombreux caissons au milieu desquels sont sculptés des cœurs percés de flèches , des torches enflammées et en sautoir , des amours , une tortue , un soleil , une assiette de poires et enfin des fleurs de lis. Au fond de la galerie et dans le mur, sont incrustées deux têtes en demi-relief: l'une d'homme et l'autre de femme. Une descente de gouttière , rubanée d'or et d'azur, en spirale , règne au-dessus de la galerie. L'escalier, qui se trouve à l'extrémité de cette galerie , monte du fond des caves jusqu'au dernier étage de la maison. Les marches sont d'une seule pierre de six pieds de longueur. Les armoiries et les ^ écussons qui embellissaient cette demeure ont successivement disparu. Tout porte à croire quelle fut destinée à Sorel; on croit même reconnaître, dans les portraits placés à l'extéiieur de la grande salle, les figures de la dame de Beauté et de Charles VIL La maison de François I" , rue de la Recouvrance , fut construite par un seigneur de sa cour. Les galeries sont élégantes et gracieuses; les chapiteaux, d'ordre corinthien , sont ornés de faunes et de satyres d'une bonne exécution. Ces galeries aboutissent à deux pavillons, qui contiennent chacun un escalier de pierre. Dans le fronton de la porte d'entrée du premier, est une salamandre au milieu des (lammes, parfaitement conservée. Les chiff"res , les armoiries , les emblèmes de la royauté ont subi des mutilations ; mais on remarque une femme nue poursuivie par un amour armé. La maison de Diane de Poitiers, rue des Albanais, fort richement sculptée, fut bâtie par Pierre Châtel , évéque d'Orléans. Diane y fut déposée après la chute où elle se cassa la jambe. La maison de Pothier intéresse par le souvenir de ce jurisconsulte. Celle des Du Lys , donnée par la ville à la mère et aux frères de la Pucelle , a fait place à de Tiouvelles constructions. Le^ services rendus par Jeanne d'Arc a\aient inspiré une juste recon-

xMii KKSCUll'TlON l)K L'UULÈANAIS

naissance aux Orli-anais . qui résolurent de lui élever un monument, à l'extrémité du pont , sur les lieux mêmes témoins des plus rudes combats entre Jeanne et les Anglais. 11 était en bronze et représentait Charles VII et Jeanne d'Arc à genoux devant Notre-Dame-de-Pitié. On le brisa, en 179-2, pour fondre des canons. En 1803, la ville lit choix d'une statue de Jeanne d'Arc , de Gois fils , dont le modèle en plâtre resta quelque temps sur la place du Martroi. L'année suivante, on éleva le piédestal dans le lieu où il est maintenant. Les quatre bas-reliefs représentent Jeanne recevant l'épée des mains du roi , le combat des Tournelles , le sacre de Charles VII et le supplice de la Pucelle. Ce monument est d'un style faible, et l'on a plusieurs fois songé à le remplacer par un autre d'un plus noble effet. Le Palais-de-Justice , le Châtelet, détruit en 1804, puis l'ancien Hôtel-de-Ville, furent occupés par les tribunaux. Le palais actuel s'é-, lève sur l'emplacement des Pères de l'Oratoire. 11 est commode , mais n'a rien de monumental. Le pont, qui joua un grand rôle dans le siège de 1428 et qui était gardé par le fort des Tournelles , sur la rive gauche de la Loire, n'existe plus. Celui qu'on voit aujourd'hui est dû aux ingénieurs Hupeau , Soyer, Tardif, Leroy, Peyra, Chopine\ qui le terminèrent en 1761. On employa aux travaux les régiments de Chartres et d'Orléans-infanterie , qui occupèrent les maisons du Ravelin. Il est formé de neuf arches, dont la largeur varie de 30 à 33 m.; sa longueur est de 333 m. sur 15 m. 50 de largeur. On s'aperçut bientôt que les piles du côté du Portereau avaient fléchi , et l'on pensa qu'elles reposaient sur une des sources souterraines du Loiret. Le mal fut promptement réparé, et, pour faire taire les méchants discours , madame de Pompadour, qui se rendait à Ménars , consentit à y passer la première avec tous ses équipages 2. L'hôtel

' Dont les noms forment ce jeu de mots ; Hupeau , soyez tardit , le roi payera chopine * Ce qui donna lieu avi quatrain suivant :

Censeurs de notre pont, vous dont l'impertinence Va jusqu'à la témérité,

i:t de la gi:m:i;\litk d oulkans. mx

du Préfet était naguère un couvent de bénédictins , fondé lui-même sur remplacement d'un ancien temple gallo-romain. Les prisons passent pour les plus sûres et les mieux disposées de France. Les promenades entourent la ville ot dominent do riants jardins. Le Jardin botanique, créé en 1G40 et augmenté en 1818, est au delà du pont, sur la route d'Olivet. C'est un établissement modèle, digne de la haute réputation dont la ville jouit parmi les horticulteurs. L'Evêché est à peu près le seul hôtel complet qui soit à Orléans. 11 contenait jadis la st-rie de portraits des évêques , et l'on y voit le modèle en bois des tours de la cathédrale. L'évêque est suffragant de l'archevêché de Paris ; il a six vicaires-généraux , un grand-archidiacre et quatre archidiacres. La ville se divise en onze paroisses. L'hôpital est un des plus beaux et des mieux distribués du royaume. Le cimetière actuel n'offre rien de remarquable. Celui qui subsistait autrefois et que plusieurs vieillards peuvent encore se rappeler, avait une entrée répondant rue Pavée et du côté de l'Étape. Deux squelettes de pierre ornaient le fronton. Pyrrhus d' Anglebonne , docteur de l'Université d Orléans, parle en termes pompeux de ce cimetière, " où l'on admirait des ouvrages de peinture et de sculpture dignes d'Apelle et de Praxitèle. •• Tout cela est détruit ou a pris place dans les cabinets des curieux. On y montrait le tombeau de Marie de L'Etoile , qui avait été maîtresse de Théodore de Bèze, alors étudiant à Orléans. L'épitaphe latine, faite par ce fougueux calviniste, fut effacée à coups de couteau. Les Orléanais avaient adopté l'usage de sortir les ossements des morts pour en faire des monceaux exposés aux nijurcs de l'air, et que chacun pouvait toucher et profaner. Les lois sanitaires ont mis fin à ce triste usage.

Les armes de la ville se blasonnent de gueules à trois cœurs de lis d'argent , au chef cousu d'azur, chargé de trois fleurs de lis d'or.

Hupeau par un seul fait vous réduit au silence: Bien solide est son pont, ce jour il a porté Le plus lourd fardeau de la France .

XX DKSCUIPTION l)T- l.OR l.ft AN A IS. ETC.

l<:iles existaient luen avant Louis XI , et on en trouve des traces du

temps de Charles VI '.

• Orléans suis du roi Charles prcmièro ,

Et est mon nom propre le cœur de lis , Ainsi nommée en assemblée première

Des trois États

Je porte en ma bannière ,

Les fleurs de France , dont mon chef est joli : Kt au-dessus , par moult belle manière , Trois cœurs de lis sur champ de gueule sis: Le noble roi porter me l'a permis.

.Cv-rx.*'^

Blois s'élève en amphithéâtre sur la rive droite de la F.oire , dans un site admirable. On la divise en haute et basse ville. La partie supérieure est en général mal bâtie , percée de rues étroites , inaccessibles aux voitures, mais propres et remplies de fontaines. Le long du quai s'offre une suite de maisons élégantes qui s'étendent jusqu'à la levée de Tours. Le pont , formé de onze arches en pierres de taille, joint la ville à un des principaux faubourgs. Son château fut le séjour d'une foule de seigneurs et de princes qui, suivant leurs caprices, en modifièrent l'architecture. Il est assis sur un coteau qui domine la rive droite de la Loire, et son aspect est grandiose. Au nord sont les parties les plus anciennes; sur d'antiques murailles reposent la salle des États et les débris de la tour de Château- Regnaull , ou des Oubliettes ; au midi se trouve une tour dite du Foi.r , sur laquelle Catherine de .Médicis fit construire un pavillon en briques, dont elle avait fait son observatoire. On y Ht cette inscription : Jhaniœ sacrum , qui rappelle le goût do la reinp |)our l'astroloe-ip et l'étndp Afs

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