PARIS
MALLET ET C'\ ÉDITEUns.
9, RUE DE i.'aubavr. a paris.
PRÉFACK.
seul auteur (jiii Mil conMiK^ntc I lii^toirc dp la prn\iiicc orl(^anaisc csl le marquis de LucIk'I , lu- vers le milieu du dix-huilième siècle et mort en 4792. 11 publia son ouvrage en 1766, 8*arrèta an milieu de son travail par des motifi^ que noas ne redirons point ici. FidMo adopte de i'<Vo|p vol * tairienne , il toiinu* en déi ision les choses les plus respectables, omet les légendes sacrées et déAie à plaisir toute intervention divine dans les conflits des peuples, comme s*il était permis de suppser ([uo le créateur reste en dehors des
iiiouveriients de I huinanih'' !
Mais si la province dans son ensemble n'a eu que cet historien, il n'en est pas de même des principales villes, qui tontes ont été Tobjet des recherches d*hommes distingués par leur zèle et leur érudition. Plusieurs excellents ouvrages ont paru à diverses époques sur Orléans, Blois, Chartres et quelques-uns des chefs-lieux principaux de l'Anrienne Généralité. Qnant aux dncs, dont le nom se mêle anx grands événements de notre patrie, ils ont eu d'ardents panégyristes et de violenLs délractcurs. Si donc nous ))ouvions
VI PRfiFACK.
ospércr do Imuver une aide puii»sanlc dans les travaux de nm devanciers , en ce qui concerne la province , notre tâche est devenue plus difficile lorsqu'il s*cs( agi de parler de la personne dcf! dues d'Orlônns , sujet (raité par iiik» foule d'écrivains tantôt sur Ir ton de 1 homélie, (aiilôt sur celui du pamphlet et de la satire.
Nous n'expliquerons point ce que nous avons voulu foire à notre tour, et nous laisserons le lecteur juger de ce que nous avons fait. Quant à notre plan, nous sera-t-il immiuIs dVn dire quelques mois? Hassembler a\<'<' tout le ntin possible les faits historiques relatifs à la province, les coordonner après avoir discerné le vrai du feux , et les livrer au lecteur avec peu de discussion et de commentaires, tel a été le but do nos elVorts. Nous avons parfois reconnu (jue nos moyens ne répondaient point à notre désir, car il n'est pas de f)rovinoe qui ait eu autant de saints ni plus de miracles, autant de monastères ni plus de Chartres! Ck>mment foire jaillir la lumière du chaos des Iges monastiques où des légendes menson£?ères revêtent , sous la |)lunie de candides religieux . les couleurs de la vérité 1 Comment retrouver les traces du liassage ou du séjour de ces grands rois et de ces illustres reines qui prodiguèrent à nos aïeux tant de richesses monumentales et de si pompeux souvenirs! Ici des foits peu importants, mais curieux; là des i)iilailles et des siéires justement c('»lèbres; plus loin les progrès du commerce et di> I industrie à observer dans ces lieux où palpite le cœur de la France I...
Commençant aux temps druidiques , nous suivons les progrès de rinvasîon des Francs , et nous assistons aux événements les plus C('l('l)res de noire histoire. .\u iiiomciil où la monarchie française se réduit ù la seule province orléanaisc,
PRÉFACE. vu
nous trouvons des détails s[H'('iaux et t\ m\v iiidis idiialitc ab- ' >oiue. >Jais à ]>ai'Ui' du biù^c d Oricans, en 14^8, l'histoiie de la province se lie inUmemeal à celle de ses ducs qui jouent un rôle principal dans toutes nos luttes intestines. L'individualité de TOrléanais reparaît au temps des Calvinistes et de la Kronde, après quoi l liistoire des ducs devient celle de Tapanage.
Ce livre est donc l'histoire de l ancien apanage, complétée par celle des ducs d*Orléans.
A l'imitation de prescjue tons les auteurs (jui ont traité d'une province, nous avons cru devoir faire précédei la jwrlie historique d'une description topographique des lieu& tels qu'ils sont aujourd'hui. Le curieux y trouvera un aliment pour sa frivolité; ceux qui écriront un jour lensemblc de I histoire de France à l'aide de celle des proNinces verront avec intérêt ce que lurent jadis les villes et les monuments de VOrléanait^ et ce qu'ils étaient encore à l'époque oCi parut cet ouvrage.
Villeinarrctu , prto B(«u(mK7, 30 novembre 1844.