‹ L'OrléanaisChapitre 16 sur 20 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Luuia XI. — Mort de Dunoia. — Charles Vlil. — Louis XII. — TrHilé de Blois. — Bibliothèque de Bloix. — Henri , duc d'Orléans. — Rè(;nc de François I" , Chambord ; entrée du roi k Chartres.—Calvin et sa réforme; commencement des persécutions religieuses. — Vendôme, Cléry.

— Pavsji|;c de Qtarles-Quint à Orléans. — Henri II cl Diane de Poitiers. — Les sires de Lorj^es.

— Progrés du calvinisme. — Catherin* de Médicii; les Guise. — États d'Orléant. — Mort de François II.

Louis XI fut de renverser ce que son père avait élevé , de changer les ministres, de chasser les favoris, d'abaisser les seigneurs, de s'entourer de gens de mince condition , et de faire sentir, moins par esprit de vengeance que par calcul politique , qu'une révolution sociale et gouvernementale commençait. 11 abolit la Pragmatique Sanc-

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tion , et porta un coup violélit aux seigneurs qui avaient de L'infloence dans les élections ecclésiastiques. Par son ordre , tant il avait à oœur de prouver que les gens de naissance vulgaire lui étaient plus chers , dans leur mémoire et honneur , que les grands seigneurs , on commença tout à la UÙB des pourBuitea contre le sire de Chabannea et contre les juges de la Pucdle. Deux de ces miaéraUea étaient encore vivants : traduits devant un tribunal , ils confessèrent l'innocence de Jeanne, et furent punis de la peine qu'ils lui avaient fait souffrir. Les cadavres des autres juges furent exhumés et livrés aux flammes.

Les empiétements de Louis sur les droits et l'autorité des grands vaasanx ne tardèrent pas à susciter contre loi une ligue redoutable» qui prit le nom de ligue du Bien publie. La plupart dès princes s'armèrent, résolus de soutenir la lutte jusqu'à la dernière extrémité. Le roi fit bonne contenance, et marcha sans hésiter à leur rencontre. Près de Montlhéry s'engagea une bataille où de part et d autre l'une des ailes foi victorieuse; cependant le comte de Charolais, chef des confédérés, se prodama vainqueur. Étampes devint le point de réunion de tous les mécontents, et l'attaque de Fbiis fut résolue. Louis, réduit à traiter, accepta toutes les conditions de ses adversaires. - Jamais la féodalité n'avait remporté une si grande victoire; elle se trouvait pour ainsi dire reconstituée, et Louis XI n'était plus, comme Louis VI, que le suzerain de ses vassaux*. • liais aucun prince ne supporta mieux l'adversité et ne se sentit plus de ressources slon qu'A semblait' tombé plus bas. Il s'faumilia devant tout le monde, suscita des embarras ; des guerres à ceux qui s'étaient déclarés ses ennemis, et parvmt.à obtenir ainsi toutes les réformes qu'il avait méditées. '

Le bon duc de Bourgogne, Philippe, si fiwile à vaincre dans les négociations,. ayatat laissé sa coàronne àten bdliqueux fils, Ghaiksle-Téméraire, on vit Ldois XI préparer à ce vaillant ennemi des luttes où il finit par succomber. £n lui s'éteignit la dernière lueur

Diyilizea by GoOglc

Diyilizea by ^OOglc

de cette redoutable puissance des grands vassaux, et le roi atteignit son but, l'affranchissement de la royauté, le bonheur, ou plutôt l'établissement des droits du peuple. Pour cela tous les moyens lui furent bons, la duplicité, l'oubli de sa dignité, le crime même; car son bourreau abattait ceux que la justice de ses parlements eût épargnés. Aussi, vers le milieu comme au déclin de sa vie, remarquet-on en lui une dévotion outrée qui attestait le trouble de sa conscience, ses inquiétudes et ses remords. Il enrichissait les églises, faisait présent à Sainte-Oroix d'Orléans de magnifiques tapisseries , et prenait la qualité d'abbé et de chanoine de Saint-Aignan , oii il fît plusieurs voyages (1466). En ces occasions, il revêtait le surplis et l'aumusse ; il faisait fabriquer une châsse d'argent pour y mettre le corps de saint Aignan , et deux autres plus petites qui devaient renfermer la mentonnière et le bras du saint; il offrait à la même église une grosse cloche qui reçut son nom , et faisait reculer l'enceinte des murailles au delà de cet édifice , afin de le soustraire à de nouvelles chances de destruction (1478). Il achetait au comte de Dunois, seigneur de Cléry, l'église de ce bourg, et montrait pour

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oe lieu une dévotion particulière. Il obtint du pape une Imite qui l'instituait dmnoine de Notre-Dame de Qéfy, ainsi que tous les

rois ses successeurs, et lui permettait de siéger en cette église à la première stalle du chœur, revêtu du surplis, de la cape et dr l'aumusse. 11 la fit reconstruire en partie, la dota de deux mille trois cent quatre-vingts écus d'or et de sept mille trois cent vingt- huit livres. Il lui fit aussi présent de deux figures en aigent dsdé. Par lettres patentes il donnait à la même église quatre mille écus pour dire cha(juc jour une messe solennelle et deux messes basses à l'autd de la Vierge. Cette chapelle, objet de tant de sollicitude, «lyant détruite par un incendie, il ordonna qu'elle £^t réédifiée, et il la concéda aux chanoines. 11 allait, disait-on, se coucher de son vivant dans te tombeau qu'il s*y était fiât construire. Cependant il défendait aux ecclésiastiques d'aller à Rome quérir ou pourdiasser bénéfices ou bulles expectatives, et surtout de les acheter à prix d'argent. 11 se ménageait l'occasion de reprendre la Pragmatique et de réveiller les libertés de l'Église gallicane, « qu'il tenait toujours en réserve pour les moments ou il n'était pas content du pape* . - H diaigea des docteurs en théologie de faire un extrait des grie& du clergé du royaume , et ordonna qu'une assemblée de ces saints et doctes personnages se réunît à Orléans Elle eut lieu et les membres envoyèrent une d(^putation au roi , pour lui exposer les vœux et les besoins de l'Église. 11 résultait de leur délibération qu'on devait soUiciter du pape te convocation d'un concile général, afin d'aviser aux besdns de la catholicité. Enfin les députés d'Orléans offraient au roi de lui indiquer les amlxissadeurs qu'il conviendrait d'envoyer au saint-père, de recevoir les doléances et plaintes des universités, et de tout disposer pour les délibérations à venir.

U était dur envers les grands, mais libéral avec te menu peupte. Un jour qu'il était à Cléiy en prières, un derc, nommé Guillaume de Oulant, se jeta à ses pieds pour lui demander assistance contre un créan-

' M. UK Uak/vntk, Hiêtoire des dncê de Bourgogne.

der qui l'avait tenu doiue Doois en pria», et voulait encore l'y iaire cenfenDer. «Ta as bien pria ton temps, mon comp^, lui dit-^il; puisque je viens d'implorer la tnisérioorde de Diea, il fimt que j'aie pitié de toi." Il paya sa dette. Parfois, au sortir de ses nioiueries, il déployait pour le plaisir uiàe ardeur passionnée. Il ouvrait la saison des chnsaea à Maleaherbes, ear- leGàtinais lui semblait le meilleur pays du monde pour prandre des cerfe et des sangliers. • D'autras fins, il procédait à ses rudes exécutions contre les seigneurs. Antoine de Chatenaud, grand boutillier de France, prisonnier à Meung, traversa Orléans pour se rendre au cliàteau de Sully, où il fut mystérieusement noyé. François Villon , poète accueilli par le duc Charles , expiait dans ce même difttean de Meung ses torts envers Thibaut d'Asaigny, évêque d'Orléans. Le roi ne se fit aucun scrupule de proléger oe poète lioencieQX, et au moment où il ordonnait sa mise en liberté *, il faisait périr d'épouvante le duc d'Orléans. Il avait assemblé à Tours les États-généraux pour leur soumettre ses griefs contie François II, duc de Bretagne. Le duc s'y rendit avec René, roi de Sicile, les ducs de Berry et de Nemours. Louis se plaignit amèrement d'un bomme qui était son ennemi personnd. et qui ne cessait de guerroyer. H termina son discours en iMiant les princes de s'expliquer a\ ec franchise et de lui indiquer le moyen de maintenir la paix dans le royaume ; il assurait que le meilleur avis serait infailliblement suivi. Le roi de Sicile protesta de son dévouement et n'épaigna pas les flatteries. Charles d'Orléans, moins adroit et phis sincère, osa &ire l'apologie du duc de Bretagne et opiner pour la paix. Louis XI n'avait pas demandé des conseils, mais l'approbation de ses plans : la guerre et la ruine du duc de Bretagne, il in-

• TMpu irnrry à Jacques Thibault,

(jui Uinl (l'eau m'a fait boire.

En m bu llm, non m uaf baiilt, Man(;rr d'angoisse rncclntc poire.

Enferré I Quand j'en ai mémoire , Je ply panr hqr ( «< raM^I Que Dieu lui duint i et «tin, voirt] Ce que je pense («t otteroi).

terrompit le vieux prince avec colëre, et l'accabla de paroles dédai^ ^^neuses. Le duc, effrayé, se hâta de reprendre la route de Blois, mais il fut saisi à Amboise d'une maladie violente, et mourut peu de joun après (1466), à l'âge de Mniniite^iiatone ans. Ses restes fbieni tnnqiortés à Bloist et déposés dans Téglise de Samt- Sauvear. Fias tard Us forent, par l'ofdre de son fils, transfSSrés en l'église des Célestins de Paris , et enfermés dans le tombeau de son përe. Comme l'infortuné I^)uis, il alliait 1 insuffisance politique au besoin d'agitation , le désir de bien faire à de remarquaUes défauts. Mais, s'il ne fot pas le plus grand prince de sa race, il fat sans aneun doute le mdlleur poète de son temps. C'est un faible élqge pour un homme qui porta la couronne ducale; cependant il faut accuser de ses imperfections le malheur de sa vie et les circonstances où il se trouva. Il fut captif durant les plus belles années de sa jeunesse , et retenu loin du théâtre ou ses qualités le rendaient propre à jouer un beau rôle. A son retour en France, il était pieeque vieux, et ee trouvait glacé par le terrible rqgard d'un homme capable d'écraser de plus vigoureux athlètes que lui. Alors fl se fit poète, et cherdia une gloire moins éclatante et plus durable que celle de la guerre. Dévot en raison des grandes fautes dont il implorait le jmrdon, il avait coutume de Caire asseoir à sa table, le vendredi, treize pauvres qu'il servait lui-même, le jeudi saint, leur Isvant les pieds, en mémoire de la cène de Jésus-Christ. H était beau et riche de taille , libéral et de grandes manières. Les plus fiers seigneurs se tenaient honorés d'être admis dans sa maison. Il était sans haine et ne cherchait pas la vengeance. On retrouvait en lui l'esprit, la grâce et la finesse de Yalentine de Milan, qui l'avait élevé, il eut trois femmes, Isabelle de France, fille aînée de Charles VI et veuve de Richard II , roi d'Angleterre; Bonne d'Armagnac, et enfin Marie de dèves , qui lui donna trois enfants.

Bientôt mourut aussi, à l'âge de soixante-dix ans, le comte de Dunois , qui avait jeté sur le règne précédent un si grand éclat.

Gnemer d'un grand emmge, il n'était point luis qadqae mérite politique, et on le vit Be mâer svee socoës de complots et de

négociations. Pour amener la chute du dangereux favori La Trémouille , il fit révolter le dauphin contre son père. Mais , rougissant d'une telle action , il eut £01 dans le pardon de Charles VII, qui le diaigea de traiter de la paix, à Londres, et de la liberté du dnc d'Oiléans, son fitèra naturel. On dut à son haliileté la soamisBion du Maine, et à sa "valenr la conquête de la Normandie. En récompense de ce dernier service, il fut créé comte de Longuovillo. Aprî's l'expédition de Guyenne , il reçut la mission d'arrêter un de ses anciens frères d'annes , le dnc d' Alençon , et obtint par ses instances une oommatation de peine en sa fiiveur. D fit partie de la ligne dn Bien PnUic, et barangoa les Parisiens an nom des princes. Pins heareoz on ]dns adroit que les autres conjurés , il se réconcilia avec Louis XI et négocia la paix de Conflans. Rendu plus calme par 1 âge, il vécut tranquille au milieu d'une cour orageuse. Suivant sa volonté dernière, il fat inhumé dans une des chapelles de l'église de Ciéiy, qui devait servir ans membres de sa famille. On porta son cœur à Chiteandun.

Louis . l'ainé des enfants du duc d'Orléans et de Marie de Clëves, était né à Blois (1462) ; il n'avait que deux ans à la mort de son père. EUevë loin de la cour et avec tendresse j)ar sa mère , il se faisait remarquer par son afiabilité. Il brillait dans tous les exercices , et avait hérité de la galanterie et de la légèreté de ses tamoL. Louis XI lui destina pour épouse Jeanne de FVance, sa pinpra fille, princesse diffimne et d'une santé délicate. •• Il me semble , disait le vieux monarque, que les enfants qu'ils auront ensemble ne me coiiteront guère à nourrir. - Poursuivant jusque dans l'avenir ceux qui , trop {Nrès du trône, lui faisaient ombrage, il ne voulut pas confier la régence an duc d'Oriéans, et la donna à sa fille, Anne de Beanjeu, âgée de vingt-deux ans. I« tempête, formée de tontes les humiliations subies par les grands sons le dernier règne , gronda autour du jeune Charles VIII. Mais sa sœur et sa tutnce apprit aux mécontents

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qu'elle n'avait aucone des faiblesses de son sexe, et qu'elle possédait une partie des qualités du dernier roi. Ceux quiVétiient Hattés de disposer du sceptre, parce qu'il était aux mains d'une femme, reconnurent leur erreur. Le duc d'Orléans , âgé de vin^i^t et un ans , se lia

avec les mécontents; son cousin, le duc d Angoulëme, et le tils de Dunois , l'engagèrent à soutenir les droits de âa naissance , et lui ^^>pelèrent l'ordonnance de Charles V qui décernait la régence an prince le plus rapproché du trâne. Anne de Beanjeu, pour gagner du temps, donna au duc d'Orléans le gooferoement de l'Ile* de-Firance et de la Champagne, et au comte de Dunots celui du Danphiné. Elle poursuivit les ministres du feu roi, et les jirisfins s'ouvrirent. Les États-généraux furent con\oqués à Tours, Les députés ne lui étaient point favorables, le duc d'Orléans pouvait faire tourner à son profit leurs dî^wsitions; mais par un excès de loyauté, il désira qu'ils examinassent librement les questions en litige, et s'abstint de leur fiûre savoir ses intentions. La régente tira parti de cette faute: ses émissaires travaillèrent des hommes disposés à se laisser corrompre ; elle fléchit les plus réciilcitrants , intimida les plus faibles, et feignit de compatir à des maux qu'elle se proposait d'entretenir. L'assemblée décida qu'au milieu de tant de plaintes et de calamités ses prétentions ambitieuses ne méritaient qu'une attentioa aeoimdaire, et qu'il suffisait au duo d'Orléans d'être reconnu comme premier prince du sang et chef du conseil de régence , auquel devaient être ajoutés douze députés choisis par les Etats. 11 résulta de cette déclaration qu'Anne s'était jouée du duc d'Orléans , et les courtisans se rangèrent du côté du plus fort.

La duchesse de Beanjen usa de son pouvoir avec violence et dureté ; elle traita avec une sorte de haine son cousin, qui avait jadis dédaigné son amour. Craignant pour sa sûreté , Louis se retira près du duc de Bretagne, dont la fille lui inspira une vive passion. Il s'occupait de faire annuler son premier mariage , atin de contrac^ter une alliance mieux assortie, l<«sqtte la régente, tourmentée par la jalousie, lui

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envoya l'ordre de venir au sacre du roi , où son rang lui faisait un devoir d'assister II obéit, et dt^ploya dans les fêtes qui suivirent cette cérémonie un luxe et une recherche extraordinaires. Au milieu de ces joutes frivoles , il ourdissait avec l'ancien complice de ses premières révoltes , le duc de Bourbon , une nouvelle trame contre la régente. Ils wircnt en avant le nom du Roi , de telle sorte que la duchesse de Beaujeu , soupçonnant la sincérité de Charles VIII , l'en-

leva et le conduisit à Montargis. Louis, désirant faire sanctionner ses actes, se rendit au Parlement , accompagné de Dunois et de son chancelier, Denis Lemercier. (jui , dans un long discours , exposa les torts de madame de Beaujeu , j)ersécutrice implacable du duc d'Orléans et de ses amis. L'austère président Lavacquerie répondit au prince avec calme et froideur, et ce résultat trompa l'espoir des mécontents. Ils eurent alors recours à l'Université, dont les vingt mille écoliers formaient un puissant levier pour les troubles et les émeutes. Les docteurs se montrèrent aussi réservés que le Parlement.

La régente qui n'ignorait point tontes ces menées, laissa son adversaire courir à sa perte, et justifier par son imprudence, la ri<

gfoeur des iDOsures (|u'»'ll(' allait pivscrire. Des honiinos d aimes déguibOs pénètrent dans Paris, avec l'ordre d'enlever Louis, et se présentent tout à €oup dans la salle du jeu de paume. Deux officien se hâtent d'avertir le prince, qui s'élance sur une mule*et disparut. Madame deBeaujeu lui retire ses commandements, destitua Dunois et décharge sa colère sur tous ses partisans.

Le duc s'était réfui^ié à Verneuil. Anne de Beaujeu l'y assiège avec le roi . dont elle guide les troupes. D'Orléans se soumet et consent à la suivre dans son voyage à travers la Normandie ; puis il recommence ses attaques, làve une armée, essaie vainement d'entrslner Orléans dans sa révolte et marche sur Beaugency , où La TremodOe , par sa ferme contenance , le force à la retraite. Ces deux échecs ne le découragent pas; sans cesse il poursuit ses complots. Ne trouvant plu> d'appui chez ses vassaux et dans sou apanage, il s'adresse à rarchiduc Maximilien , dont les menaces hautaines excitent l'indignation des Français. Le duc de Bourbon pour traiter avec la cour se rend à Blois, tandis que son cousin, le jeune Dunois, s'enfermait dans Parthenay pour y défendre les droits de la fille de FraM(,uis II , ipii semblait atteint d'une maladie mortelle. Louis s'enfuit en Bretagne, et fait répandre des proclamations dans les villes de la Guyenne, dont il était gouverneur. Le comte d'Ângoulème, son cousin, tient fermées les portes de Cognac; puis, forcé dans cette place, il obtient son pardon et la main de Louise de Savoie , âgée de onze ans , qui fut mère de Fian(,ois l'^ Après la reddition de Parthenay, Dunois se retire à Nantes. Le duc d'Orléami évacue Vannes et le rejoint au moment oii l'armée royale commence les opérations du siège. Maximilien lui envoie un secours de quinze cents hommes et le délivre.

Dans un lit de justice tenu i Paris, Louis, Dunois et le duc de Bretagne furent accusés de haute trahison , mais la guerre n'en continua pas moms avec une sorte de fureur. Vannes toniba au pouvoir

des Bretons et des Orléanais , tandis que La Tremouille rétablissait & Fougères Tautonté du roi.

Aux dissentiments politiques se mêlaient des haines jalouses excir iées par la beauté d'Anne de Bretagne. Le duc d'Orléans, qu'elle

aiiuait vn sccr(;t , n'ccvait d dle dvs marques df sa préférence, alors qu'elle prodiguait à un autre de ses admirateurs , le vieux d'Albret . des témoignages de son aversion. Un soir, veille de la bataille de Saint-Aubin4tt-Connier, le duc d'Oriéaiis fut averti que des hommes armés marchaient vers sa tante. U neonnut d*Albfet, qui feignit d'être venu là pour iaiie une patrouille. Mais Louis l'accusa d'avoir médité un assassinat : d'Albret repoussa ces imputations, et la division ôtait ])aniii les chefs quand on aperçut troupes royales i l 188) . La Tremoaille remporta une facile victoire. Le duc d'Orléaus. prisonnier, faillit être victime des soldats, qui se disputaient une si importante capture. Ses compagnons d'infortune périrent égorgés.

A cette nouvelle, la régente témoigna une sinistre jde. Louis, enfermé dans la tour de &ib1é , puis à Bourges , subit mille tortures. Tous les biens de Danois furent confisqués. La duchesse d'Orléans se montrait épouse dévouée; ses prières, ses instances ne purent fléchir sa sœur; die s'adressa au roi lui-même et parvint à l'émouvoir. « Vous aurez, lui dit-il , l'objet de vos regrets, et veuille le ciel que vous ne vous en repentiez pas 1 » En effet, le monarque, irrité des refus opiniâtres de madame de Beaujeu, voulut prouver qu d était le maître, et partit du château du Plessis-lîîs-Tours pour aller briser les fers de son cousin. Mais, arrivé au pont de Barîinjon, il chargea d'Aubigny de porter au duc d'Orléans la nouvelle de sa délivrance. Louis sortit de sa prison, dont les loisirs lui avaient servi à réparer les imperfections d'une éducation trop négligée. D renonça à ses prétentions sur Anne de Bretagne et associa le secours de son influence sur cette princesse aux belliqueux témoignages d'amour que lui donnait Charles VIII. Il se chargea donc de négocier l'allianoe qui amena la réunion de la Bretagne à la couronne.

Pour iiiéritci l'aïuoiu" de la plus l)elle reine qui fût au inonde , Charles résolut de se signaler par quelque grande entreprise, et il ae prépara à la conquête du royaume de Naplea. Le duc d'Orléans, chargé de guider ravant-gaide, franchit les monts et se dirige sur Asti , (jui faisait partie de la succession de Valentine de Milan, sa ^rand'mèn'. Gènes lo reçut avec transport; il conduisit les galères de Fnuu o à la rencontre de la flotte de don Fivdéric , qu il obligea à prendre chasse. Ses premiers succès furent suivis de revers. Louis, déjà maître des plus importantes places du duché de Milan, s'aifierma dans Novare et y soutint un long siège. Bravant comme ses soldats les fiitigues et les privations, il tomba malade sans pouvoir se résoudre à capituler.

Cependant Charl»*s VIII traversait l'Italie sans trouver d'obstacles et faisait dans Naples une entrée triomphale. 11 se crut pour toujours maître de sa conquête et reprit la route de ses États. A Fomoue, il culbuta les Vénitiens qui voulaient hii barrer le passage, et courut au secours de Novare. Malgré l'infériorité du nombre , il se disposait à livrer bataille, lorsqu'on lui annonça la reddition de la place. A son passafje à Lyon, il perdit son fils unique et vint mourir lui-même au château d'Amboise. Son cœur fut déposé dans l'église de Cléry, qui, depuis peu, renfermait les restes de Tristan-l'Hermite et de Fkançois de Danois , fils du compagnon de hi Pnoelle. (1498.)

Le duc d'Orléans, alors retiré à Blois , ceignit la couronne et prit le nom de Ix)uis XII. Il pouvait exercer de légitimes vengeances, mais il prononça ct^ paroles : « Le roi ne venge ptis les injures du duc d'Orléans. " il conserva ses ennemis personnels dans leurs emj^is, et ne signala son avènement au trône que par des réformes utiles et des bienfaits. La discipline militaire tut remise en vigueur; on abrégea les formalités judiciaires; la magistrature devint inamovible; les lettres et les arts furent encouragés. L'amour qu'il avait jadis éprouvé pour Anne de Bretagne, devenue veuve, s'étant rallumé, il voulut rompre

ANCIEN liT MODERNE.

son union avec l'infortunée Jeanne de France, dont il avait reçu tant de preuves d'affection. Le pape accueillit sa demande de divorce: une commission , nommée par la cour de Rome , annula son mariage et lui permit d'en contracter un second. Ainsi fut réalisée la douloureuse prédiction de Charles VIII à sa sœur.

Jaloux de faire triompher ses prétentions sur le duché de Milan et sur le royaume de Naples , il rassembla son armée aux environs de Lyon et la confia au maréchal de Trivulce , qui fit en douze jours la conquête du Milanais. Louis se rendit dans la capitale du duché et

y reçut l'hommage de ses nouveaux sujets. Mais il perdit sa conquête ; son armée fut détruite , et ses capitaines ne parvinrent qu'avec peine à sauver les fuyards. Ce désastre jeta le royaume dans une grande consternation; on avait fait de nombreuses fau-

tes. Louis n'avait déjà plus les illusions de la jeunesse , mais il ne voulait pas renoncer au fatal héritage que loi avait laissé «m àîeale. Il condnt une trêve de troia ans avec Ferdinand, qni gou* vemait Naples. Puis il négocia le mariage de Claude de France avec

Charles d'Autriche , dans le but de leur faire accorder les É^ts najx)liUiiiis. Fi'rdiimnd mit obstacle à ce projet, qui blessait ses intérêts, et ce fut ù cette é|xxjue que l'archiduc et reinjKjreur conclurent avec Louis XII les trois traités de Blois. Louis et Maxiinilien, à la sollicitation des légats du SaintrSiége, font, par le premier, allianoe. pour punir les iniquités des Vénitiens , qui avaient causé de notables préjudices à l'Église , au Saint-Empire romain et au roi très-dirétien, en s emparant «le plusieurs \ illes et provinces. Par le se«"ond, l'investiture du duché de Milan est accordée à Louis, par l'empereur, pour loi et ses héritiers mâles , et, à leur défaut, pour Claude de France, fiancée à l'archiduc. Par le troisième , on fixe la dot de la princesse , qui devait recevoir, mais seulement à la mort de son përe. les duchés de Milan . de Bretagne , de Gênes , d'Asti et de Blois, et en outre la Bourgogne , si le roi ne laissait pas d'héritiers mâles. On retrouve dans ces traités les indices de la passion de I^)uis |X)ur son duché de Milan. II y ajouta une convention non moins impoiitique, qui devait, sebn lui , désarmer les plus dangereux de ses ennemis. Il céda au due Ferdinand ses droits sur le royaume de Naples, sous la condition qu*il épouserait sa nièoe. Les Vénitiens se plaignirent des termes et de l'objet du premier traité de Blois ; Louis essaya de suspendre les apprêts de la li|L,iie formée contre eux. G^eorges d'Amboise, ministre du roi , reçut de l'empereur l'investiture du Milanais. (1605.) Mais le troisième traité suscita en France la désapprobation universelle. On eût tu avec peine la Bretagne se détacher du royaume, et on avait toujours regardé comme chose naturdle et néœsaaîre le mariage de CAaude avec Friinçois , duc d'Angoulême , héritier du trône. Louis, étant gravement malade, ordonna par testament cette union. Plus tard, il déclara que l'alliance projetée avec 1 archiduc

ANCIEN ET MODEUNË. 31 f

était oontmire an bien , firofit et ntiUté de la chose publique. » Cependant la reine Anne de Bretagne, qui n'aimait pas la France,

s'était opposite à la \ iolation du troisième traité de Blois, et ayant insisté pour qu'on tînt la promesse faite à Maximilieii , les Etats-généraux furent convoqués à Tours. I^es députés y décernèrent à Louis le titre de Père du pei^file; personne ne se plaignait des malheurs de la guerre, car la prétention du roi sur Vltalie hn était personnelle, et il en avait fait les fiais avec ses propres ressources et les revenus de son duché d'Orléans ; le sang qui avait coulé était celui des nobles , toujours ardents \umr la t,niern\ ou celui d'aventuriers prêts à tout risquer pour le pillage. Les impôts n'avaient donc pas subi d'augmentation et l'on remarquait de Tordre dans les finances. Les députés n'avaient garde de songer aux infortunes des soldats d'Italie quand ils voyaient le peuple heureux ; mais ils firent des représentations sur la partie des traités relative au mariage de Claude avec un autre prince que 1 héritier présomptif de la couronne. Le rf)i accueillit ces observations, qu'il avait peut-être suggérées. Il déclara que, docile au VŒU national, il choisissait le duc d'Angoulême, petit-fils de Louis d'Orléans , pour l'époux de sa fille. Les États jurèrent de faire accomplir cette union , et Claude fut fiancée & FVançois. Ainsi se trouvaient annulées les principales dispositions du troisième traité. Philippé gîirda le silence, mais il assemblait une armée pour tirer vengeance de son injure lorsqu'il inounit.

Tandis que la guerre d'Italie reprenait plus terrible (1507) . Louis devenu veuf d'Anne de Bretagne , qui expira au château de Blois (1614), épousa Ifarie d'Angleterre. U fut victime de son imprudente et fiiUe passion pour cette jeune princesse, et emporta dans la tombe les regrets de son peuple. Bien qu'il aimât le feste et la magnificence, son duché, administré par d'habiles serviteurs, fournit à ses dépenses sans qu'il grevât le trésor. Il gouverna les finiuices du royaume avec la même sagesse. 11 aimait la ville d'Orléans et y séjourna en diverses circonstances. Lors de son mariage avec Anne de

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Bretagne, le» habitants lui firent une réception pompeuse , et il logea à la maison royale. D assista à la prooessioii de la Quasimodo, où lurent montrées tontes les châsses des saints. Les édie>

vins , pour se conformer à un ancien usage , essayèrent de réunir une somme de six iiiil!e livres, qui «levait être otTcrte à leur sei<,nieur et duc; mais les Orléanais, Mêles à leurs prim-ipes d'économie, ne se cotisèrent que pour quatre mille livres que le bon roi refusa généreusement, n fit rédiger THistoire du siège d'Oriéans et du procès de la Puodle, et chargea Léon Tripault, avôcat , de recueillir et de publier les coutumes de notre province. H prenait des mesures sévhvs pour qu'on Tse nuisît pas à la n'putation de son bon vin d'Orléans, et faisait punir les marchands qui se rendaient coupables de quelque tromperie. Guillaume Tassin subit, pour un délit de cette nature, un châtiment exemplaire. « Bkns fut toujours le lieu du monde qu'il aima le plus , et il en fit son séjour habituel *. •* Bien que sa jeunesse eât été leste et galante , il faisait punir ceux qui péchaioit avec scandale. Une pauvre sœur hospitalière de l'intirmerie d'Orléans, a^ ant éroulf If^ doux propos d'un archer, fut dégradée et flétrie publiquement. Protecteur éclairé des lettres et des arts , il appela en France les hommes les plus distingués de l'Italie et forma hi plus riche ooUectioo que l'on connût alors des ouvrages de l'antiquité. Les bibliothèques des rois de Naples et des ducs de Milan lurent réunies à 'odle de Blois. Il eust en son temps du bien et du mal lieaucoup, par quoy il avoit ample cojg^ioissance du monde » C'est un des plus illustres princes du nom d'Orléans.

François I*' était de la branche cadette d'Orléans , et descendait en ligne directe de Louis, assassiné par Jean-sans-Peur. En montant sur le trône, il cessa de porter son titre de duc de Valois, et donna le titre de dur d'Orléans et l'apanage à son second fils, Henri. Nous aurons à parler des faits historiques relatifs à la province plutôt qu'à

< BsBNilR, HiêMn 4ê BMê.

* SAlliT-GBtAiR , BiHain de Imna XI t.

ANCIEN ET MUOEHNE. 313

décrire les exploits et les amours de ce jip-aiid roi. Peu après son avènement , il se rendit à Orléans accompagné de la reine ; les poètes

de la ville composèrent en leur honneur des vers et des devises , on joua des proverbes et des mystères, et les rues furent sablées sur leur passade. Lorsque la reine accoucha du dauphin , les Orléanais signalèrent encore leur dévouement au descendant de leurs ducs, par des feux de joie et des fêtes Après la paix d'Italie (1517), il traversa cette bonne ville, où il fut reçu avec enthousiasme. L'année suivante (1518), il fit son entrée à Chartres avec la reine son épouse et sa mère , descendit à la cathédrale , et reçut les hommages des échevins ; mais , peu satisfait des présents qu'ils lui offrirent , il leur demanda cinq cents écus que les habitants payèrent en rechignant. •• Peu de jours après expira dans cette ville un personnage fameux par les agitations de sa vie , et qui avait joué un rôle important dans les guerres d'Italie , Jacques Trivulce, Milanais, l'un des plus grands capitaines de son temps. Érard de Lamark, évcque de Chartres, fit mettre sur son tombeau : fci repose cehù qui jamais ne s'ètatf reposé.

au L'OIlLtANAiS

Les revers que nos armes avaient subis n'einpêcfaèrent point le roi de faire de nouvdles tentatives sur l'Italie. Vaincu 4 Pavie, il gémissait captif, lorsque Salviati, légat dtt pape, vint en F^ranoe pour traiter de sa rançon ; ce prélat fut reçu avec honneur par les

Orléanais. Le clergé, les inatj^istrats , l'Université, " les échevins allèrent à sa rencontre, et le ramenèrent, sous un dais de damas blanc , jusqu'en l'église de Saint-Marceau , où il se revêtit de ses habits pontificaux. * La ville d'Orléans fut taxée à trente mille écus pour sa part, dans cdle de deux millions d'écus d'or exigés pour la délivrance du roi.

A son retour, François connut à Btirdeaux une jeune femme, dont le nom se rattache à la plupart des événements de sa vie, Anne de Pisseleu , fille de la dame de Sanguin. Il la fit comtesse de Pratbièvre et duchesse d'£tampes, la maria avec Jean de Brosse, et , mettant les intérêts de son amour d'accord avec ceux de sa politique, il empêcha, par cette union, le retour des querelles des maisons de Blois et de Montfort. La faveur dont jouissait madame d*Étampes s'étendit sur Antoine Sanguin , son parent. Admis à la cour, ce prêtre répondit au roi, qui lui demanda s'il était gentilhomme: " Je le crois bien , sire, car je descends en droite ligne de l'un des enfants de Noë, mais je ne me rappelle pas bien duquel. • Cétte repartie lui vahit, dit-oD, l'évêché d'Oriéans avec les titres de piédicateur du loi, de grand-anmônier de France et enfin de cardinal. Un antre dignitaire ecclésiastique de cette époque, Antoine Duprat , grand-chani t lier et cardinal-légat , s était fait donner la riche abbaye de Samt-Benoîtsur-Loire; mais il ne put entrer paisiblement en jouissance de ce bénéfice. Les religieux, prétendant qu'ils avaient mi privilège spédal pour élire leur abbé, résistèrent, et le chancelier, oiUigé de plaider contre, eux en s'appuyant sur le concordat , eut bientôt recoure à la force des armes pour les réduire. Alors se renouvelèrent toutes les disputes religieuses auxquelles donnaient Ueu les prétentions des rois de France, en opposition avec celles de l'Église gal>

licane. Et, par malheur, se firent jour atun, pour la première fois, ks doctrines de Jean Galvin.

Cet ardent réformateur faisait alors ses étndes de droit » l'uni

verj>it('' d'Orh'ans ; il avait reçu (1530), en sa qualité de Picard, la inaille d'or de Florence, qui était due annuellement aux élèves de Picardie par Beaugency, et s'était prêté vobutiers anx cérémonies puériles qui s'aoooropliasaient, en pareille occasion, devant la porte de l'église Saînt-FSrmin de cette ville. En lui , rien n'annonçait le hardi logicien dont l'audace surpassa celle de Luther. Il avait couru les béMu Fices , recherchant la laveur des p^^ands personnai^os , lorsque la direction de ses idées chatigea tout à coup Prenant ixjur base de la croyance l'inspiration , il attribua le salut de l'homme aux mérites seuls de JéausOuist, et déclara mensongers et inutiles les dogmes sur la pénitence, la confession, le puigatoire, le culte des images, la messe, l'impanation des luthériens et la transsubstantiation des catholujues ; il n'admettait que le baptême et la cciie. Il publia à Bâle son livre de X Imiitution Chrétienne , et le dédia à François l'*; puis il se retira à Genève, où domina bientôt sa foi sévère et impérieuse. 11 avait conçu le plan d'un ordre de choses si austère que le monde devait être diangé en un couvent. Il défendait les jeux et les distractions, et n'accordait aux fidèles d'autres délassements que le prêche ou la lecture de la Bible. Toute infraction au culte, toute faiblesse, tout acte de débauche ou d'irrélif^ion était puni sans miséricorde. Grenève devint la Rome du calvinisme qui se })ropagea et s'organisa, séduisant les esprits révoltés du paganisme de Zwingle et dégoûtés du papisme de Luther. La France accueillit les idées nouvelles ; nobles, magistrats, bourgeois, gens du peuple, tous ceux qui alliaient à la science une certaine hardiesse de pensées , professaient ouvertement la réforme. Les femmes aussi l'onibrassaient , soit par mode, soit par conviction : on citait les princesses Renée et Marguerite ; on soupçonnait la duchesse d'Ëtampes ; de nombreux pamphlets poussaient les esprits à la ruine du catholicbme.

316 LORLKANAIS

Moins soucioux do (léfondro le pajw que de repousser les principes démocratiques de Calvin , François I" ordonna des enquêtes contre les hérétiques , et plusieurs périrent au milieu de supplices où toute la cour assista. Parmi les victimes on cite Etienne Dolet, Orléanais. Déjà connu par la fougue de son éloquence et 1 emportement de ses écrits, il dut à l'amitié de Minot, président au parlement de Bordeaux <*t ancien profess<>ur de droit à l'université d'Orléans , d'échapper aux consétjuences d'une condamnation qui l'atteignit à Toulouse. Il se retira à Lyon et y fonda une imprimerie qui lui servit à répandre ses ouvmges et ù multiplier le nombre de ses ennemis. Enfin il fut saisi , traduit en jugement et brûlé vif * . Ces terribles

exécutions n'arrêtèrent |)oint les progrès de la religion nouvelle; les martyrs enfjuitèrent les prosélytes, et l'audace grandit avec le danger. On raconte que François 1" ayant trouvé, jusque dans sa chambre

• Bon t^iiitaphc fut ain*l faito ;

S'im ttnlft iptf Di'Ut , tfti fiia tnrba JoUl.

ANCIBM ET MODBRNK. 317

à coucher de Chaniburd , des placards contre la messe, en conçut une telle odère « qu'il jum d'exterminer tous les novateurs*. » Il fit brâler six hérétiques, et vint exprès de Blois à Paris pour assister & leur supplice. Il portait un flambeau; les ducs d'Orléans et d'Angoulême, le duc de Vendôme et le diiuphin icnaioiit les cordons du dais. François proscrivit les iinprinit urs , ou défendit tout au moins d'imprimer aucun livre sans l'autorisation royale. Mais l'hérésie fit une résîstanoe courageuse, et • le dragon ne se laissa paa dompter aisément. •

L'université d'Orléans, qui avait nourri dans son sein oe terrible ennemi de la papauté , reçut du roi d'Angleterre , Henri VllI , nne preuve de haute conliuiuc vu son .savoir II envoya les chevaliers Bacon, Fox et Paget pour consulter ces illustres docteurs sur son divorce avec Catherine d'Aragon et son mariage avec Anne de Boleyn. H les récompensa généreusement , et donna peu de temps après au duc d'Orléans, qui était son filleul , quatre cent mille éeus pour aider an payement de la rançon du roi. D ajouta à ce don magnifique une fleur-<le-lys d'or enricliie de pierreries , qui contenait du bois de la vraie croix enchâssé ^

François I" , restaurateur des lettres , éleva dans l'Orléanais de nombreux monuments. Germain Pilon . Jean Goujon , Pierre Bontempa, Jean JUesoot, Philibert Delorme, Viart rivalisèrent avec les artistes et les sculpteurs de Iltalie. Primatiocio traça le plan deChambord , et dix-huit cents ouvriers fuient occupés à extraire, tailler et disposer les pierres des carrières de Dînant et de Ménars. Rien ne fut épargné pour élever un palais adnuFable dans ces lieux, qui rappelaient au roi les aventures de sa jeunesse. La belle comtesse de Thonry , la ohâtdaine de Montfmult, y apparaissaient dans son souvenir, n y tenait une cour galante où les filles d'honneur de la reine se faisaient remarquer })rës des épouses et des damoiselles des châ-

> Gaiuam», HUtain 4* FhmçoU f". * Le PtN Dakul, BMrin d» Ftmitet.

telains d'alentour « que le roi prenoit plaisir à y attirer, afin d'étiddir Ja politesse et la eourtoisie» en donnant de vives pointes de générosité aux âmes bien fiûtes » Cela peat expliquer l'osage des mystérieuses oonstructioi» de Chambord. Partout on y trouve des escaliers

dérobés, des portes secrètes, des galeries soutt-rraines qui servaient à mettre à couvert l'honneur et la réputatiçn des conquêtes du prince. Ces jardins et ces appartements, témoins de tant de fêtes joyeuses, furent visités par un monarque grave et sérieux, Chaiks-Qnint. 11 « y passa quelques jours pour la délectation de la chasse aux daims, " qui étaient là dans un des plus beaux parcs de France, et à très- - grande foison. l'uis it fit son entrée à Orléans, acconjpagné du roi, du dauphin, du duc d'Orléans et des })lus grands personnages de la <x)ur de France. Les habitants lui oifiirent un buâét d'argent et de vermeil (1439|. La hardiesse de remperenr permit au rai de mamiester la loyauté de son caractère; mais les princes du sang disaient tout haut qu'il fallait se saisir de sa personne, et loi frire rendre ce qu*il avait si durement exigé au moment du traité de Madrid. Le duc d'Orlc-aus sauta un jour en riant sur la ci-oupc du cheval de l'empereur, qu'il étreignit dans ses bras. « Pour le coup, s'écnat-il, vous êtes mon prisonnier. » Charles tressaillit, mais tourna la chose en plaisanterie. Le jeune duc, d'accord avec le roi de Navarre et le duc de Vendôme , résolut d'anêter Chailes-Quint à Chantilly, et le com|dot. manqua par le refiis de Montmorency, maître de ce château.

Les malheurs dont le royaume fut si long-temps à se remettre avaient été causés par la trahison du connétable de Bourbon. La découverte de ses complots eut lieu à Vendôme. Laicy, un de ses secrétaires, essaya de corrompre, deux gentilshommes qu'il avait rencontrés dans une hôtellerie de cette ville. Ceux-ci le d^ioncèrent au sire de Brésé, qui en écrivit à la reine-mère, alors à Cléry. Elle rc-

vint & Skis, et ne négligea rien pour peidre le oomiétable, qa'eOe poomÛTOit de sa haine jakmfle. Saint-VaUier. l'un des complices de

Bourbon , fîit traité avec rigueur, et ne dut la vie qu'aux lettres de grâce, datées de Blois, cjui lui furent apportées au moment suj)rême. Nous ne répéterons point ici ce qui fut raconté du prix que le roi mit i cet acte de démence ; prix acquitté, ditron, à Chambord. Papilkm, chancelier du Bourbonnais, et l'un des oonspiFateurs, se laissa saisir àOriéans.

La guerre reoomniença. Le roi la fit précéder d'un cartel adressé

à l'cinporeur. Celui-ci répondit par un de ses hérauts, qui fut n^-u à Paris avec solennité. François le fit introduire dans la grande salle de son palais, où il était entouré du duc de Vendôme, d'Hercule d'Est, duc de Chartres et de Montaigis; du duc de LongueviUe, comte de Dunois; de Salviati , légat du pi^, et de plusieurs prélats. Bayard signa le procès-verbal des faits que le roi avait à ceenr de présenter avec exactitude aux siècles à venir. Ces défis ne pouvaient qu'entretenir sans résultat l'animosité des deux souverains. Les guerres furent presque continuelles sous ce règne, et les peuples étrangers n'étaient pas les seuls à en gémir. La soldatesque, qui s'acheminait tantôt du midi vers le nord, tantôt du nord vers le midi, ravageait tout sur son passage. Les Oriéanais, pour se soustraire à ce fléau, construisirent un petit pont à l'extrémité de la \ ille , atin de permettre aux soldats de Gascogne de suivre la route de Paris sans pénétrer dans leurs murs. On tenait alors les portes fermées; des chaînes barraient les rues, et l'artillerie se tenait prête à fimdroyer les maraudeurs qui auraient voulu choisir un autre chemin.

AfBL milieu des événements que nous avons décrits , (lis{)araissent les ducs d'Orléans. Sous François I", ce titre fut porté par le second fils de France , Henri , qui devint roi , et s'attacha dans sa première jeunesse à Diane de Saint-Vallier, fille du complice de Bourbon. Le jeune prince se mêla aux luttes religieuses, mais en restant fidèle à

320 LOItLÊANAlS

la religion catholique. L'épouse qu'on lui désigna, Catherine de Médicis, lui apporta en dot des prétentions sur l'Italie, c'est-à-dii-e un

levain de nouvelles guerres. A la mort du dauphin , son frëre, il céda le titre de duc d'Orléans ù Charles, troisième fils du roi.

Ce jeune prince, né en 1521 , était bravt; comme un héros, spirituel et joyeux compagnon . Lorsque François I" eut , malgré ses pétulants avis, laissé passer librement l'empereur, il prit le commandement de l'armée qui envahissait le Luxembourg. La campagne fui brillante; mais le duc, au lieu de conserver sa conquête , quitta brusquement les troupes, joignit l'armée du Roussillon, et laissa l'ennemi réi>arer ses jxîiles. L'année suivante il reprit Luxembourg, place importante qui se défendit avec vigueur. L'histoire ne dit pas

ANCIEN ET MODEft.NË. 3SI

antre duse de oe pnuce, qpi'tas 6ène mvit tout à coup à l'afiection du roi.

Après lui . le titre ht donné à Louis de France , second fils de Henri II . qui ne vt'cut qu'un an et neuf mois; puis à Cbarles-Maxiluilien , roi aous le nom de Charles IX .

Au commencement du règne de Henri II se manifesta une maladie épidémiqiie qû. ncvagea rOdéanais; un impôt de aoiiante-dix mille livres fut levé sur les habitants du duché; la Loire finmchit ses bords et inonda les campagnes ; la persécution contre les hérétiques fseoromença, et l'on cite panni les victimes de ces excès relif^ieux Anne Audelot et Pelonquin , brûlés vifs par sentence de Louis Dodien , prévôt d'Orléans, et la demoiselle de Challet , exécutée à Chartres. Pierre GaiUaid, prêtre soupçonné d'hérésie, fut oondamné à &iie amende hoBorahle, tête et pieds nus. Pour calmer les plaintes des Qrlésnais, Henri visita leur capitale (1551) avec CSatherine de Médicis et Diane de Poitiers. Il se rendit à Saint-Aignan , et y revêtit l'habit et l auniusse, en sa qualité de chanoine d'honneur. La duchesse de Saint-V allier tomba de cheval près de Saint-Pierre-Empont, et se cassa la jambe. Non kin de la maison où elle fut transportée, prenait naissance un enfimt devenue fimeuse, Bfaiie Toocbet. On oonnaSt ramoor de Henri II pour Diane. Anet en offie de nombreux témoignages. La belle veuve de Louis de Brezé séduisit par ses grâces et son esprit un monarque moins â|?é qu'ellt* de vingt années. Philibert Delorme éleva ce monument, admirable dans son ensemble et dans ses détails. La porte d'entrée était garnie de trophéeset ornée des chiffies D. H. Un bas-relief en brome représentait Diane couchée sur des peaux d'animaux, entourée de lions, de biches et de loups, le bras passé autour du cou d'un cerf. Les plafonds et les murs étaient revêtus de marbre et décorés avec le plus grand luxe. Partout se montraient des chifiires et des emblèmes amoureux. A Cbambord, l'H couronné et le croissant se mêlent, dans les frises, à l'F et la sahunandre de FVançois I*'. Cependant on assure

312 LOHLÈANAIS

que la fidélité de cette maîtresse si pttbiiqiieinent adocée était loin de répondre à l'édat d'une tdle ponion. Brisnc fol enrprit dans un rendez-vous galant avec elle par Cflande de Tais, gruid-

maStre de l'artillerie , qui paya de la perte de sa place la possession d'un sfcrot danfjoreux. Henri fit à Chamboid i l554j l'essai des arquebuses perfectionnées, dont l'usage, presque inconnu des gens de guerre, s'introduisit rapidement dans les chasses; il y signa (1662) le traité avec les princes de la confédération gennaniq[iie qui se détaobaient du parti de Chaiks-Quint, tnité qui hd valut la Lorraine et les villes de Metz, de Toul et de Verdun, «oncédées au vicaire de l'Empire. L'âge de Henri II semblait promettre uses sujets un règne long et paisible, lorsqu'il fut tué dans un tournoi par Montgommery, seigneur de Lorges, dans l'Orléanais. Déjà le père de ce ci^taine avait failli donner la nunrt à Erançoia I", an milieu d'un assaut joyeusement donné avec des boules de neige et d'antres projectiles, an comte de Saint-Pol. qui défendait l'entrée de son hôtel , à Romorantin ; un tison ardent . lancé par Jacques de Montgoinmery, atteignit François au menton. La cicatrice qui resta ^rès la guérison fut l'origine de la coutume de porter la barbe longue et les cheveux courts. Ce fâcheux souvenir empêcha d'abord le jeune Gabriel de Montgommery d'accepter le défi de Henri II; le roi, offensé, lui donna l'ordre de fournir la carrifare. Montgommoy brisa sa lance, ma», an Heu de jeter le tronçon , il atteignit involontairement le casque du roi à la hauteur de la visière qui se leva ; le bois s'enfonça au-dessus de l'œil , dans le cerveau, et Henri tomba morteliement blessé. Nous retrouverons plus tard son meurtrier mêlé aux guerres de religion.

FVançois II était jeune et incapable de gouverner de ai graves événements. Antoine de Bouilxm, duc de Vendâme, et son frère Louis, prince de Condé , avaient embrassé la réforme , il ne tenait qu'A eus de saisir le jxiuvoir ; mais Guise et le cardinal de Lorraine, tous deux cathohques, s'en emparèrent. Us captivèrent le jeune roi , qui adorait

ANCIEN ET UODERNB. 3913

knine Marie Sturt, lenr nièoe, et qoi détestait rhéréiie. Os firent anaei aUiaiioe mo Médida. Cette prinoeese , jusqu'akm souple et ignorée, attendait le moment de satisfaire ses instincts ambitieux. Le connétable de Montmorency fut disgracié, »;t 1 on conféra plusieurs de ses chaires au duc de Guise. Le roi de Navarre (Antoine de Bourbon) , mari de Jeanne d'Albcet, ae retira dans ses domaines. On renouvela les édite contre les hérétiques, et la réaction catholique s'annonça par les plus cruelles mesures prescrites aux inquisiteurs. Toutes les pnmnees étaient infectées de calvinisme et de protestantismr ; on comptait en France près de deux mille éplises réformées (1669) ; on tenait publiquement des prêches ; les calvinistes, répandus dans rOrléanais, excitaient le peuple par leurs discours et les écrits du maître, ics gens de cour et les seigneurs accueillaient surtont ces idées; on dtait ka Bourixm, lea CMtUlon, les Montmorency, les CSoIigny, les Dandelot. Le pariement Ini-mèroe , qui comptait parmi ses membres les Olivier, les L'Hôpital, les Cujas, les Coquille, montrait son ()p{x)sition aux envahissements do Rome en évitant d'appliquer les édits. Plusieurs conseillers étaient protestants. Anne Dubonig, magistrat parlementaire, qui avait été l'un des plus bril- Umts élèves de Tuniversité d'Oriéans , confessa publiquement sa foi . et souffrit avec courage le supplice du feu. Sa mort inspira des projets de rémstance. Dociles aux exhortations de Calvin , les huguenots résolurent de défendre leurs doctrines « même à coups d'arcjuebuse. Leurs réunions devinrent de véritables congrès politiques , où l'on délibérait de la guerre et des impôts. Le succès des calvinistes en Ecosse alluma l'ardeur belliqueuse de gens qui se voyaient insultés , et qui sentaient leur puissance. Les calvinistes demandaient que Ton rendît aux fHrinces du sanjo^ le pouvoir usurpé par les Guise, dont l'ambition menii(,:iit la couronne. Lta plus violents disai<*nt (}ue ces tyrans avaient mérité la mort. La noblesse ne les aimait ]x)int, parce qu'ils accueillaient les solliciteurs en leur montrant les potences à l'usage dea plus importuns. £nfin les huguenots , tel fut le nom qu'on

m LOHLÊANAIS

adopta pour les désigner, résolurent de renverser les Guise, et de mettre au pouvoir Condé , dont plusieurs voulaient faire un roi. Ce prince n'ayant point accepté le rôle dangereux de chef de la conspiration, La Renaudie, gentilhomme obscur et aventurier que la justice avait naguère poursuivi , s'en chargea. Le premier soin des conjurés fut de saisir la personne du roi , qui se trouvait à Blois , ville peu capable de résister. Cinq cents cavaliers et mille fantassins, ^rens de cœur et déterminés , devaient marcher sur Blois par petites bandes , tuer les Guise . enlever le roi et remettre le gouvernement aux Bourbon. Les Guise, informés du complot, quittèrent Blois et se retirèrent à Amboise. La Renaudie se fit tuer, ses complices furent exécutés ; mais la guerre civile était dès lors allumée. Condé, repoussant avec peine les accusations dont il était l'objet , prit la fuite . Coligny se retira aussi , en conseillant à la reine régente de ne point

détruire le parti calviniste si elle voulait contre-balancer l'ambition des Guise. Elle goûta ret avis, et fit rendre peu après une amnistie

génénde pour tons les ciiiiMS coaumB boub préfeeKte de religion. Tdle fut la eonspimtion d'Amboue; phie é'vBne tête lut tramohée par la hache des bourreaux. L'arroganoe impérieuse déployée par les Guise

éclaira la reine-rntTe sur une telle allianw, et elle commença à se refroidir pour eux. Elle montra moins d'éloigaenient pour les calvinistes , et fit sttcoéder an ebancelier Olivier, qd venait de mourir, Wskiti de L'Hofâtel, dont la femme et lea enfeota pnfeasaient la raUgion réfbnnée. Le premier acte de œt ittuatre magiatrat fot Tédit de Roroorantin , qui interdit l'examen de» ei'iiuea d'héréaie aux tribunaux séculiers, et l'accorda aux évoques seuls, à l'exclusion des inquisiteurs ; il fut aussi décidé que les Etats-généraux :>ei*aient rasaernbléa à Orléans, où les évêquea se réuniraient en synode national ' .

Le ni arriva danaoette viHe acooaapagné de Catherine, du prince de Montpenaier et dca Guiae. On prit dea précantiona pour le aouatmire aux complota dea proteatanta. FVançoia de Vieuville, chai^ de la police . fit surveiller les bateaux qui étaient sur la Loire depuis Cléry jusqu'à Jar^eau . et découvrit près de celte dernière ville trois navires chargés d'armes et de munitions , dont il attaqua et détruisit l'eacorte. Lea hommea d'armea ae logèrent aux envirana, et de préfémee dana ka maiaona dea proteatanta. Le rai de Navaife (père de Henri IV) lut l'objet d'une aurveillance apéoiale, on lui interdit l'entrée de la cathédrale de Sainte^roix : tout le monde rabandonna, excepté Coligny et le cardinal de Châtillon.

Cependant Philippe il, surpris de ces apprêta qui semblaient à aon zèle fervent une tiiédeor aaorilége, adressa des repréaentatiana dnefgiqoea à la reine- nère. Lea Gniae feigmrant de a'émouvoir de aea reprodiea, leur «ctivité ae réveilla; on diaaipa lea prêohea. on pendit les miniatrea , on eut reeours à la confiscation dea faiena , et la ville d Orléans , garnie de troupes nombreuses, fut le quartier général du roi et des Lorrains. Ils espéraient que les Etats-généraux amèneraient la ruine du calviniame et la destraction des huguenote. Par

• CAmw*v,iiv. II.

3t6 L'ORLfiANAIS

eux la révolte devait reœvoir un coup mortel. Les princes de Bourbcn ne se Mniciaient plus de se rendre anx États, dont ils avaient provoqué la réunion; cependant ib parliient avec une nonibranae escorte : on leur enjoignit de la renvoyer lorsque déjà ils ne pouvaient plus reculer. Ils continuèrent leur voyage , comptant peu sur la proinesî»e qu'ils seraient traités silon leur dignité. Ils arriv^rent à Orléans; le ni les reçut d'un air sinistre. - J'ai eu avertissement, dit41 an prince de Gondé, de plusieurs entreprises &ites par vous contre ma personne et mon État, et je vous ai mandé pour être édainâ de la vérité*. An moment on il sortait, il fut arrêté dans la cour de l'hôtel , celui du bailli Grasiot, par Plulippe de Bfailly- Brézé et François de Chavigny, capitaine des gardes. La dame de Roye, sa belle- mère, fut conduite prisonnière à Saint-Germain-en- Laye. Peu de jours après, le bailli.Grosbt, soupçonné d'entretenir des intelligences avec les protestants, fut condamné à mort par le tribunal inquisitorial de la ville, mab il parvint às'échapper.

Ces mesures violentes avaient excité une grande rumeur. François n , pour apaiser les mécontents , se rendit à l'église Saint- Aignan et y toucha les écrouelles. Mais le soir, pendant les vêpres, il tomba en défaillance , et on le rapporta en son palais , place de l'Étape, d'où il ne devait plus sortir. Sa mort semblait prochaine; les ennemis de CSondé se hâtèrent de le faire mettre en jugement, et ils mandèrent à l'avance des bourreaux pour l'exécution. Le procès commença. Le prince choisit pour conseil un avocat de la ville nommé M" Robert, qui lui donna l'avis de ne point ré|x)ndre aux interrogatoires ei de dédinn la compétence du tribunal . Il garda le silence et se laissa condamner à la peine capitale. Cette nouvelle plongea la ville dans TafBiction; il fîdlnt défendre aux habitants de sortir de leurs maisons passé midi , et même de regarder aux fenêtres. Les menaces des Guise ne purent contraindre L'Hôpital et le comte de Sancerre à signer cet arrêt dicté par la politii]ue. Pleins d'impa- * nsTmo, U*. jcxv.

tience, ils sollicitèrent l'ordre de mort de la reine-mère qui s'y refusa. Les Bourbons lui étaient nécessaires pour combattre les Guise, et elle promit son appui au roi de Navarre, qui reconnut ses droits à la régence Pendant ces débats le jeune roi mourut à Orléans et son cœur ftit déposé dans l'église de Sainte-Croix.

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