‹ L'ornement de la solitude; romanChapitre 1 sur 13 · XV, RVH DE L'ECU AVDÉ- SAINT- GERMA IN, XV · texte numérisé non relu

XV, RVH DE L'ECU AVDÉ- SAINT- GERMA IN, XV

M DCCG XCIX

PIERRE OUILLARD

A VERTISSEMENT

J'entreprends de conter le simple accident d'un réveil soudain ouvert — c'est le mien — sur les agonies d'après la mort. Un récit tel ne peut se satisfaire de l'étiquette roman, que par défaut d'en connaître de mieux approprié*'.

Les circonstances, à peine des péripéties, les sentiments seuls, peut-être, y varieront doucement ; point de secousse, nulle aventure, peu de paysage y rehaussera la parade ou l'intérieur sursaut de l'immobile drame.

Je dirai, l'œil avec persistance attaché sur l'émoi obscur de mon cerveau : j'étais ceci, ou, parmi de la brume creusée, tel un souvenir, encore que vague , me retrouve. La fréquentation amicale graduellement illumine son geste patient vers des prairies plus paisibles; je sus le chérir, et lorsque, m'évadant des ténèbres anciennes d'une angoisse, je vins sourire aux sourires d'un meilleur soleil que ma joie, encore enfantine, reconnut, soudain — où. le

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guide, enfui? il m'en reste une stupeur parmi les pensées reconquises, el de l'espoir.

Le jeu Loquace absent des adultères ou motifs autres à soutenir L'habituelle armature des épisodes d'un roman, qu'y chercherait le lecteur? — pas même le site ne s'y trouve, imaginaire, réel, où le caprice d'écrire fixe les événements successifs.

Je n'ai voulu regarder qu'en moi seul. Croquis à peine apparent, L'effigie ne s'y surprend guères de L'amie à qui je dois tant. Peut-être aussi l'ai-je créée, et n'est-ce sur quelque paroi de souvenir L'image d'une illusion".'

Je sais. Il n'importe (quelqu'un parle), à qui sait évoquer, s'il invente, et combiner en une suite liée les actes ou des sentiments dupasse. Pour ne m'opposer à la constante erreur, n'allais-je pas, moi aussi, projeter, avec tout l'artifice de concordances et d'analogies, le mensonge d'une histoire où j'eusse revécu ce que, pour être sincère,je n'ai vécu jamais!

Je veux tenter un orgueil différent.

La trame rejetée, factice, et toutes machinations, la mémoire ressuscite, simple: j'évoque de ses ombres un fantôme de mes moments. L'ennui depâles 'terreurs enfermait, seul à seul, ce qui se déçag-e, à présent, des cent plis. J'en saisis, c'est le hasard, le quelconque : enfant maladif, aboli en le deuil d'une rêverie jadis nocturne; — ailleurs, un adolescent mieux robuste a succombé à trop d'oubli, mais il s'épanouit à l'ivresse retrouvée du songe; il veut le vivre.

L'ORNEMENT DE LA SOLITt M Q

O t0i — si quelqu'un d'amiral demeure, et frémit, à me lire, de se reconnaître, je t'offre, dès le seuil, la brume, tu fus averti, parmi laquelle, puéril ou plusgrandi, confusément, durantdes laps d'années, je me retrouve CELLI-LA,

Étrange automne et de durée parmi les autres! Des tissus hésitent suspendus, brumes ou voiles, clos vaporeusement sur ce qui, aux espaces, figure Thorizon ou, par réminiscence, tel espoir. L'agitation jadis enfreinte des plaisirs vers plus de silence entasse une mauvaise torpeur tout alentour, et hurle, lamentablement, au ciel, gueule sinistre ou fauve s'interrompt le soleil, un cri de ses menaces.

Les mille puérilités dormaient encloses, leur sépulture, moi, d'où ne s'essorait nulle aile, sinon le dédain de vivre vers les lueurs, je les pressentais, des plus adolescentes collines. Trop jeune m'avait reployé, désir sans maturité, la ruse décevante jusqu'au seuil évité des festins hâtifs, pour se confronter à ce qu'il eût rêvé, jouissances, la suprême.

Ecoulée l'heure, le héros de la rencontre triste habite une tente au bord du fleuve, et ses lèvres s'assoiffent, encore, de la tentation des mêmes Ilots.

Il s'est esseulé, mais la foule, contemporain»' de sa vacuité, en course folle, se heurte par la plaine et les rivages, et il gémit de n'avoir trouvé, avec eux. quand il était temps, la source de leur rire.

Reviennent-ils, l'heure en sonne parfois, le château d'orgueil où éclate aux dalles le sonore rêve des souvenirs, ne s'assombrit jamais plus, et les voici à jamais oublier l'ancien ennui.

Le son^e que se rappeler nourrit vaut qu'on ait

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