‹ L'ornière; questions de l'année 1869Chapitre 2 sur 149 · II PRÉFACE · texte numérisé non relu

II PRÉFACE

mais en en changeant le titre, qui a cessé d'être vrai, puisque hors Paris j'ai repris , pour défendre Paris , ma plume, la seule arme dont je pusse me servir utilement

En toutes circonstances et sous toutes les formes , je n'avais cessé, notamment depuis 1863, d'avertir l'Empire du péril auquel il s'exposait en marchant aveuglément dans une ornière qui côtoyait un gouffre.

La désastreuse année qui vient de finir ayant donné raison à tous mes avertissements demeurés infructueux, j'ai intitulé ce vingtième volume l'OrniIere, Questions de tannée 1869; le suivant aura pour titre : LE Gouffre, Questions de Fannée 1870.

0 logique des choses, ne pouvais-tu donc attendre pour triompher de l'inconséquence des hommes qu'épuisée à crier dans le désert ma voix se fût éteinte dans la tombe I Si près d'y descendre, ne pouvais-tu m'épargner l'immense douleur de voir mon pays, de voir la France tomber du premier au dernier rang des nations ! Cette douleur est d'autant plus poignante, que je n'aperçois autour du gouffre pour l'en tirer que les routiniers qui sous ses pas

PRÂFAGE. m

ont creusé l'ornière, routiniers de gauche accusant les routiniers de droite, routiniers de droite accusant les routiniers de gauche, aussi incapables ceux-ci que ceux-là, conséquemment aussi coupables.

Entre la confiance de M. Rouher perdant l'Empire et la confiance de M. Gambetta perdant la République , où est la différence ?

LA

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