QUESTIONS DE L'ANNÉE 1869 ET DE L'ANNÉE
LA PAIX PRECAIRE.
LA fiOlTE D ALLUMETTES.
l«r janvier 1809.
Si Ton en croyait la Gazette nationale de Berlin et les journaux français qui lui font écho, TEurope devrait s'attendre à voir une allumette de plus s'ajouter à sa boite et risquer d'allumer une guerre générale.
Cette allumette incendiaire, ce serait Faccueit favorable fait par M. le comte de Bismark à la proposition du gouvernement de Bade, proposition consistant dans la conclusion d'un traité qui permettrait aux jeunes gens du grand-duché et à ceux de la Confédération prusso-allemande soumis au recrofenient d'accomplir leur service militaire indistinctement dans l'armée badoise ou dans les armées de l'Allemagne du Nord .
Pour qu'une pareille allumette risquât d'embraser l'Europe, il faudrait que les grands États qui la composent n'eussent que des toits couverts en chaume.
•• ^' '••XA'pWX PRÉCAIRE.
Sérieusement et de bonne foi, qu*impofte à la France que cette proposition ait été faite par le gouvernement badois et favorablement accueillie par le gouvernement prussien? Qu'est-ce que cela change à Tunification militaire de TAIlemagne telle qu'elle existe » en vertu des traités que nous avons ignorés en août 1866, mais que nous n'ignorons plus depuis deux ans? Est-ce que rien de ce qui se passe sur la rive droite et septentrionale du Rhin nous regarde et doit nous regarder? Est-ce que nous avons quoi que ce soit à y contredire?
Sur la rive droite et septentrionale du Rhin, les confédérés du Nord et ceux du Sud sont chez eux ; ce n'est que sur la rive gauche et méridonale du Rhin qu'ils sont chez nous.
Plus que jamais nous persistons à penser qu'ils ne peuvent et ne doivent y rester. C'est maintenant le sentiment unanime, que la conGance dans la durée de la paix et que la prospérité ne se rétabliront en France et, par suite, en Europe, que le lendemain du jour où toutes les forteresses enclavées entre nos frontières actuelles et nos frontières naturelles, entre nos frontières de 1815 et nos frontières de 1801, seront rentrées dans nos mains ou auront été rasées.
Finissons-en donc avec la politique puérile, pour inaugurer fermement, franchement, dignement, la politique virile! • Est-ce que nous avons besoin d*imaginer hypocritement de faux prélextes? Est-ce que les motifs légitimes nous font défaut? Depuis que le vainqueur de Sadowa a brisé sous le talon Ile sa botte éperonnée ce frein pacifique qui datait de 1815 et qui se nommait la Confédération germanique, est-ce qu'il y a une seule personne réfléchie qui croie la durée de la paix en Europe compatible avec une armée allemande dé« passant un million d'hommes, une armée autrichienne de 800,000 hommes, une armée française de 900,000 hommes^ non compris la garde mobile , une armée italienne de 500,000 hommes, etc., etc.?