LE PARTI DU PROGRÈS
• Opposition, que voalez-voas ? Vous voulez la sincérité du suffrage universel ; gouvernement, nous la voulons autant que vous. Vous croyez que des urnes uniformes, des .enveloppes uniformes et des tableaux de candidatures sont des moyens de la garantir ; soit! Fessai de ces moyens sera scrupuleusement fait. Nous ferons plus encore : ou les agents de Tadministration centrale, départementale, communale ne distribueront aucun bulletin de vote, ou ils distribueront également les bulletins de vote de tous les candidats, sans distinction. Telle est la loyauté de nos intentions, telle est notre confiance dans Fesprit de la grande majorité des électeurs, qne nous ne redoutons rien des efforts séparés ou coalisés des partis. Ce qui nous importe, c'est qu*à tous les yeux aucune suspicion ne couvre d'aucune ombre la sincérité du suffirage universel. «
Si le ministre de Tlntérieur eût tenu ce loyal langage à la tribune du corps législatif, est-ce que le gouvernement impérial n'en eût pas tiré aujourd'hui une grande force et un grand prestige, non-seulemept devant la France, mais devant toute l'Europe ?
— Assurément oni. •
— Alors, pourquoi donc ne Ta-t-il pas fait?
— Pourquoi la routine est-elle la routine? Pourquoi ce qni est droit et simple est-il ce que l'on comprend toujours trop tard ?
LB PARTI nu PROGRÈS.
9 atril 1SS9.
La lettre du 19 janvier 1867, cette louable intention trahie par Tezéculion, atteste que si l'Empereur des Fran-
çais ne comprend pas la liberté telle que nous la concevons, une et indivisible» se pondérant par elle-même, par elle seule, il a cependant vers elle une propension que n^ avaient positivement pas, ils Tout avoué, et que vraisemblablement n'ont pas encore M. Rouher et ses collègues.
Donc, ce qui serait souhaitable, ce serait qne les élections générales de 1869 ouvrissent les portes de Tenceinte législative à un groupe d*hommes de parole exercée et de convictions éprouvées, qui, laissant aux prises Tnn contre l'autre le parti de la réaction et le parti de la révolution, constituât le parti de la liberté, le parti du progrès, seule porte par laquelle la France puisse enfin échapper au supplice qu'elle subit depuis près d'un siècle, et qui consiste à reconquérir sans cesse ce qu'elle a perdu, pour reprendre sans fin ce qu'elle a reconquis ; supplice plus cruel et non moins humiliant que celui du tread-mill, infligé en Angleterre aux indigents, .et qui consiste à tourner une roue dans le vide.
l'esprit n'SXCLUSIOll.
10 tvril 1SS9.
L'esprit d'exclusion engendre l'esprit d'exclusion, comme l'esprit contraire, l'esprit de tolérance, engendre l'esprit de tolérance.
En 1863, aux dernières élections générales, c'est l'esprit de tolérance qui a soufflé, et c^est à lui que l'opposition a dd l'éclatant triomphe qu'elle a remporté à Paris en faisant nommer ses neuf candidats, les amis de M. Thiers aidant IIM. Jules Favre, Eugène Pelletan, etc., à passer; les amis de MH. Jules Favre, Eugène Pelletan, etc., aidant If. Thiers à être élu.