LA BOITE D'ALLUMETTES
La politique puérile guette les expédients, la politique virile les cKdaigne.
Qui veut sineèremeiit la paix , doit la vouloir logiquement.
Tout esprit de récrimination mis de côté et la vérité seule prenant la parole» qui a contraint l'Europe à passer presque tout entière du pied de paix armée au pied de guerre ex*' pectante? N'est-ce pas la Prusse? Donc, c'est à la Prusse à subir les conséquences de sa politique envahissante et à se soumettre de gré ou de force aux conditions nécessaires pour que l'Europe puisse revenir du pied de guerre expectante au pied de paix armée, tel qu'il existait avant 1866. C'est le moins qui puisse être demandé au gouvernement prussien, c'est le moins qu'il puisse accorder, même dans l'hypothèse où l'idée de la triple alliance entre la France, l'Italie et la Prusse , reprise cordialement par le successeur de M. le marquis de Moustier, serait indissolublement nouée.
La paix précaire , dont la rupture n'a tenu qu'à un fil en 1868, de l'aveu même du comte de Bismark, la paix, toujours à la merci d'une « allumette » , selon l'expression de lord Palmerston, ne saurait se prolonger au delà de 1869.
Aux nations qui ont une grande industrie et un grand commerce, il faut, à l'état de règle et d'habitude, un autre lit qu'an lit de camp.
Laissons , laissons aux Badois et aux Prussiens la pleine liberté de s'arranger entre Allemands ! Gardons-nous strictement d'en faire l'objet d'aucune représentation , encore moins d^aucune note soit verbale, soit écrite; respectons scrupuleusement leur liberté, mais assurons notre sécurité autrement que par un rempart à perpétuité de 900,000 baïonnettes I