‹ L'ornière; questions de l'année 1869Chapitre 45 sur 149 · LA LIBERTÉ PAR LA NATION · texte numérisé non relu

LA LIBERTÉ PAR LA NATION

liable; TEmpereur était dans la logique des choses et de la situation ; il n'y serait pas s'il ramassait sur le champ de bataille où il a été vaincu M. Emile Ollivier, qui a reçu une blessure profonde, à laquelle il faut laisser le temps de saigner et de se cicatriser.

Nous ne Pavons pas caché avant la lutte électorale, et nous le rappelons après : si nous désirions si vivement que II. Emile OUivîer fût réélu à Paris, c'est que la conséquence inévitable de cette réélection nous paraissait devoir être son entrée dans les conseils de l'Empereur, où il eût personnifié la lettre du 19 janvier 1867, avec un verso ajouté à son recto. Cette entrée, ce n'était pas pour M. Emile OUivier que nous la souhaitions ardemment, c'était uniquement pour la liberté, qui a besoin d'une caution lui enlevant son caractère précaire. La politique, qui devrait être une science, n'est malheureusement encore qu'un jeu où les hommes qui, la veille, étaient atouts, cessent de l'être le lendemain pour le redevenir à une autre partie. M. Emile OUivier était un atout que l'opposition a écarté bêtement. C'est le mot. Qui y perdra? Ce ne sera pas le vaincu du 24 mai, car il lui reste an beau rôle à remplir : dans la législature expirée, H. Emile OUivier, sur les bancs de la minorité, y représentait la modération; dans la législature naissante, sur les bancs de la majorité, M. Emile OUivier y représentera la liberté aux prises avec la réaction et la révolution, la première enivrée de son triomphe dans les départements, la seconde enivrée de sa victoire à Paris.

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