‹ L'ornière; questions de l'année 1869Chapitre 48 sur 149 · LA MINORITÉ · texte numérisé non relu

LA MINORITÉ

qui au premier tour de scrutin n'avait eu que 13,333 voix, en a eu au second tour 15,777, lesquelles ont été prises aux voix# d'opposition radicale, puisque le chiffre des voix De* vinck est resté ce qu'il était au premier tour, tandis que le chiffre des voix d*AIton-Shée a diminué de 3,153.

Dans la cinquième circonscription, H. Garnier-Pagès, qui an premier tour de scrutin avait eu 126 voix de moins que II. Raspail, en a eu au second tour 4,797 de plus, grâce aux voix du candidat officiel, M. Frédéric Lévy, qui sont venues grossir le chiffre de l'opposition relativement modérée.

Dans la siiième circonscription, M. Ferry, qui au premier tour avait eu 416 voix de plus que M. Cochin, a maintenu son rang et Ta emporté au se/cond tour de 1,787 voix.

Dans la septième circonscription, M. Rochefort — trèsheureusement pour lui et pour sa cause, après les engagements téméraires qu'il avait solennellement pris — n'a pas été élu ; mais, au second tour de scrutin, il a eu 13,887 voix, tandis qu'au premier tour il n'en avait eu que 9,913. Le chiffre de sa minorité a donc grossi de 3,914 voix. M. Jules Favre, qui n'avait eu au premier tour que 12,028 voix, ne Ta emporté au second tour sur M. Rochefort que grâce à 6,288 voix empruntées, savoir : 2,757 voix aux 7,538 voix de la candidature radicale de H. Cantagrel, et 3,531 voix empruntées aux 4,833 voix de la candidature officielle de H. Savart.

Ces chiffres significatifs portent avec eux leur enseignement. L'outrage à la personne du chef de l'État a été écarté de sa couronne par la main de la majorité; mais cet outrage Ta effleuré de si près, qu'il serait par trop modeste de considérer comme un triomphe pour l'Empire l'élection de M. Jules Favre.

Si le gouvernement est guidé par l'instinct de conservation, il aura constamment l'œil fixé sur ce point noir grossissant chaque année et se nommant la Minorité.

Ce point noir montre le danger qu'il y aurait à persister dans une politique où les fautes sont restées sans réparation et où les abus qui pullulent et qui persistent légitiment i* opposition croissante et en font la force.

L'opposition croissante, c'est la majorité qui tend à devenir minorité et la minorité qui tend à devenir majorité.

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