‹ L'ornière; questions de l'année 1869Chapitre 9 sur 149 · LES FRONTIÈRES NATURELLES DE LA FRANCE. H · texte numérisé non relu

LES FRONTIÈRES NATURELLES DE LA FRANCE. H

FRONTi&HE. — Les limites, les confins d*im pays , d'an État, en tant qa*iU le séparent d'un autre pays, d'un autre État.

Par cee mots : « Frontière naturelle » , M. Joies Amigaes entend-il frontière infranchissable on tout au moins difficile à franchir en cas d'agression ?

Si telle est la signification donnée par M. Jules Amigues à cette expression ti frontière naturelle », il nous permettra de lui dire que les montagnes ne sont pas plus infranchissa-' blés que les fleuves, ainsi que l'attestent nos campagnes d'Italie sous notre première République et notre prise de possession de l'Espagne sous notre premier Empire ; ainsi que l'avait attesté déjà, deux mille ans plus tôt, le passage des Pyrénées et des Alpes par l'armée d'Annibal. Il est corieux de constater que les pays les mieux protégés par la nature sont ceux qui ont été le plus fréquemment envahis : c'est la Judée, c'est la Grèce, c'est l'Espagne, c'est l'Angleterre. Et, d'ailleurs, est-ce que la civilisation, qui a des besoins de communication de plus en plus impérieux, n'est pas en train de creuser des tunnels afin de pouvoir passer désormais sous les montagnes?

H. Jules Amigues nous permettra d'ajouter qu'avec la marine à vapeur les rives de la mer ne sont pas plus inabordables et sont moins faciles à défendre que les rives d'un fleave.

Lorsqn' après Sully, Richelieu , If azarin , Vauban , la Convention nationale, Napoléon I", Louis XVIII et Charles X , et avec toute la grande opposition nationale et libérale de 1815 à 1830, nous demandons la rive gauche du Rhin comme limite naturelle, est-ce que nous nous abusons? Est-ce que nous nous imaginons que cette limite sera un obstacle infranchissable ? Non, nous demandons la rive gauche du Rhin comme étant la ligne de démarcation géographique la plus naturelle en même temps que la moins ambitieuse;

12 LAPAIX PRECAIRE.

nous la demandons parce qu'elle nous a déjà appartenu A PERPÉTUITÉ par des traités (1) qu'il ne s*agit que de faire revivre ; mais nous la demandons surtout a6n d'éloigner, selon la belle expression de Mazarin, du « cœur de la France n la main ennemie qui pourrait être tentée de le percer de son épée, car s'il était vrai» en 1815, que a notre » indépendance nationale fût livrée à la chance d'une seule V BATAILLE et à Une guerre de huit jours » , ainsi que récrivait Chateaubriand, combien cela n'est-il pas encore bien plus vrai en 1869, avec les lignes de chemins de fer et avec

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Art. IL — Lt cetiion dei ci-devtDt proviocet belgei i It Répobliqae frinçtite, itipol^ par Tarticlt 111 da traité da Campo-Formio, eat renoofalée ici de la manière la ploi formelle ; en sorte qoe Sa Hajeité Impériale et Rojale, pour elle et aes faccetteort, tant en son nom qn*aa nom de l'Empire germanique , renonce i tooi lea droits et titres aux susdites provinces , lesquelles seront possédées A PERPÉTUITÉ, kn toute soovBRAiBnrri bt propmM, par la République française , avec tous les biens territoriaux qui eu dépendent. Sont pareillement cédés à la République française pai^Sa Majesté Impériale et Royale, et du consentement formel de TEmpire : 1® le comté de Folkensteiu et ses dé* pendances; 2« le Frickthal et tout ce qui appartient i la maison d'Autriche sur la rive gauche du Rhin , entre Znriach et Bâie , la République française se réservant de céder ce dernier pays i la République helvétique.

Art VI. — Sa Majesté TEmpereur, tant en sou nom qu'en celui de l'Em** pire germanique , consent à ce que la République française possède désormaia en toute propriété les pays et domaines situés i la rive gauche du Rhin , et qui faisaient partie de l'Empire germanique; de manière qu'en conformité de ce qui avait été expressément consenti au Congrès de Rastadt par la députation de rEmpire et approuvé par l'Empereur, le thalweg du Rhin soit désormais la limite entre la République française et l'Empire germanique, savoir : depuis Teodroit où le Rhin quitte le territoire helvétique jusqu'à celui où il entre dans le territoire batave. Eu conséquence de quoi la République française renonce formellement à toute possession quelconque sur la rive droite du Rhin , et consent i restituer à qui il appartient les places de Dusseldorf, Ehrenbreitstein , Philippsbourg , le fort de Cusel et autres fortifications vis-i-vis de Mayence ; à la rive droite , le fort de Kehl et le Vieux-Brisach , sous la condition expresse que ces places et forts continuent à rester dans l'état où ils se trouveront Ion de TévacoatioB.

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