TRISTE AVEU
15 loAt 1869.
Mil. Cournet et Quentin appartiennent à Topinion des irréconciliables, qui n'est pas la nôtre, quoique nous ayons été condamné à deux reprises, coup sur coup, en mars 1867, pour deux articles dont la modération étonnera le lecteur lorsque nous pourrons les replacer impunément sous ses yeux ; nous ne savons donc de la détention préventive de MM. Cournet et Quentin que ce que Y Avenir national, le Rappel et le RéveU nous en ont appris , et nous n*avons publié de détails que ceux que nous avons empruntés à ces journaux. Aussi, avant de dire la douloureuse impression qu*avait fait naître en nous le triste aveu inséré en tète de nos colonnes sous le nom de Communiqué , avons-nous attendu les explications du Réveil, à la rédaction duquel appartiennent MM. Cournet et Quentin.
Le 13 juin, M. Cournet est interrogé sur son identité, et de Taveu du Communiqué il demeure un mois entier, il demeure jusqu'au 13 juillet sans étrç interrogé sur les faits en cause ; il n'est confronté que le 29 juillet et le 5 août ; et voilà ce que le Communiqué qui nous a été adressé trouve tout simple!
Triste, triste aveul
C'est le cas, en voyant le mépris de la liberté individuelle poussé si loin, de répéter encore une fois ces paroles du
UN GRAND ACTE. 8ii
journaliste de province de 1843, couronné en 1852 boub le nom de Napoléon III :
Eh quoi! s'écrient les peuples étrangers, les Français, malgré toutes leurs révolutions, n'ont pu encore fonder chez eux ni la liberté, ni Tordre, ni la prospérité!... Ils ne sont point maiires de leuri personnes, car le dernier agent du pouvoir a le droit de ks jeter dam une prison et de les y laisser DES MOIS ENTIERS en détention préventive. Qu'ont donc gagné les Français à leurs révolutions?
Cest le cas, étant Français, de baisser humblement la tète devant les peuples étrangers!
UH 6RAHD ACTE.
U êoùi 1869.
A la bonne heure! voilà de la bonne et grande politique!
Nous pouvons la louer sans réserves, car elle a toujours été la nôtre.
Cette politique qui honore les ministres du 17 juillet change en confiance en eux la défiance que nous avions.
L'amnistie du 14 août 1869, à laquelle ils ont tous et chacun attaché leurs noms en la contre-signant unanimement , solennellement , lui imprimant ainsi le caractère d'une œuvre commune délibérée en conseil, n'est pas restée, ce qui eât été une faute, au-dessous de l'amnistie du 16 août 1859, dont elle est le digne pendant.
Elle est sans conditions, sans exceptions, sans restric* tions. C'est ce qui en fait un grand acte.
Si louable et si habile qu'il soit, cet acte ne désarmera pas les partis , car il est dans leur nature de ne jamais se laisser désarmer ni vaincre, pas plus par la clémence que par
la violence; mais il grandit TÉlu du 10 décembre 1848» Tamnistié du 20 décembre 1851 , le couronné du 21 novembre 1852, et rélève au-dessus d*eux.
S'élever constamment au-dessus des partis tantôt par la magnanimité, tantôt [par le dédain, tantôt par Tinitiative, au lieu de les persécuter, ce qui a toujours pour double effet de les grossir et de s'amoindrir : c'était là et peut-être n'est-il pas trop tard pour que ce soit encore le génie de la durée I