ADULE
Pas du tout.
BLINVILLE.
Vous l'approuvez donc?
C'est selon.
C O M E D I E. îg
BLINVILLi:.
Comment ?
ADELE.
Si mes parens me marient pour eu^...
BLINVILLE.
Ils en sont incapables.
ADELE.
S'ils me marient ponr moi...
BLINVILLE*
Vous y consentirez.
ADELE souriant.
Il faudra se résigner.
BLINVILLE.
Il seroit dur pour votre époux de ne devoir votre tnaifl qu'à votre résignation.
ADELE, avec liinidité.
Avant ffUP je m'explique davantage , dites-moi, Blinville , (juel est l'homme qu'on me destine.
BLINVILLE.
Je le ciois estimable.
ADELE.
Jeune ?
Oui.
ADELE.
Aimable ?
BLINVILLE.
C'est à vous à prononcer.
ADELE.
Il demeure ?
BLINVILLE,
Dans cette maison.
ADELE.
Son nom ?
BLINVILLE,
Est-il nécessaire de vous le dire ?
ADELE.
Non , mon cher Blinville. De quel poids mon cœur e$t soulagé ! Quoi ! mon père ne condamnera pas un amour..,
BLINVILLJE,
C'est lui qui l'a fait naitre,
B ih
C'est vrai, au moins. En fixant ce jeune homme près de lui...
BLINVILLE.
Il laissoit entrevoir ses desseins.
ADELE.
Blinville , je serai donc heureuse !
B LINVILLE lui prenant les mains.
J'o3e vous le promettre , ma chère Adèle.
ADELE.
Je vous dois un aveu : dès long-tems j'avois prévenu le choix de mes parens...
BLINVILLE.
,Vous êtes trop honnête.
Et si j'avois prévu leur facilité , avec quel empressement je vous aurois découvert mes sentimens secrets ! BLINVILLE, à part.
Cette jeime personne a des expressions singulières.
ADELE.
Mais je craignois que des préjugés mal éteints peut-être.,.-
BLINVILLE.
Que dites-vous ?
ADELE.
Je tremhlois que le défaut de fortune...
BLINVILLE.
Je ne vous entends plus.
Vous ne voulez donc pas m'entendre ?
BLINVILLE la Jîxant, Mais de qui me parlez-vous ?
A B £ L £ , vivement.
De qui me parlez-vous , vous-même ?
BLINV ILLE, après un tems, Adèle 5 vous aimez Julien.
ADELE.
Ilh ! qui pourrois-je aimer que lui ?
BLINVILLE.
Il m*en coûte de détruire une erreur qui vous est chère ; mais....
A D E L E ^ très-vh'emcnt.
Ce n'est pas lui que mon père a nommé ?
BLINVILLE.
Non , Adèle,
ADELE.
Ail , malheureuse !
BLINVILL E.
Mallieureuse ! Non , vous ne le serez pas. On a cm que Je pouvois vous convenir , on s'est trompé , voilà tout. Julien a votre cœur , vos parens sont raisonnables , il aura votre main , je crois pouvoir l'espérer.
Vous croyez qu'ils consentiront?....
BLINVILLE.
Ils ne désirent que votre bonheur.
ADELE.
Mon cher Blinville , voudrez-vous bien leur en parler ?
BLINVILLE.
Oui , Adèle , oui, je leur en parlerai.
ADELE.
Que vous êtes généreux !
BLINVILLE.
Pas trop , en vérité. Le sacrifice est pénible, mais je sens qu'il est nécessaire.
ADELE.
Mettez le comble à vos boutés. Julien souffre , Julien esc inquiet...