‹ L'orphelin; comédie en 3 actes et en proseChapitre 14 sur 52 · ADULE · texte numérisé non relu

ADULE

Pas du tout.

BLINVILLE.

Vous l'approuvez donc?

C'est selon.

C O M E D I E. îg

BLINVILLi:.

Comment ?

ADELE.

Si mes parens me marient pour eu^...

BLINVILLE.

Ils en sont incapables.

ADELE.

S'ils me marient ponr moi...

BLINVILLE*

Vous y consentirez.

ADELE souriant.

Il faudra se résigner.

BLINVILLE.

Il seroit dur pour votre époux de ne devoir votre tnaifl qu'à votre résignation.

ADELE, avec liinidité.

Avant ffUP je m'explique davantage , dites-moi, Blinville , (juel est l'homme qu'on me destine.

BLINVILLE.

Je le ciois estimable.

ADELE.

Jeune ?

Oui.

ADELE.

Aimable ?

BLINVILLE.

C'est à vous à prononcer.

ADELE.

Il demeure ?

BLINVILLE,

Dans cette maison.

ADELE.

Son nom ?

BLINVILLE,

Est-il nécessaire de vous le dire ?

ADELE.

Non , mon cher Blinville. De quel poids mon cœur e$t soulagé ! Quoi ! mon père ne condamnera pas un amour..,

BLINVILLJE,

C'est lui qui l'a fait naitre,

B ih

C'est vrai, au moins. En fixant ce jeune homme près de lui...

BLINVILLE.

Il laissoit entrevoir ses desseins.

ADELE.

Blinville , je serai donc heureuse !

B LINVILLE lui prenant les mains.

J'o3e vous le promettre , ma chère Adèle.

ADELE.

Je vous dois un aveu : dès long-tems j'avois prévenu le choix de mes parens...

BLINVILLE.

,Vous êtes trop honnête.

Et si j'avois prévu leur facilité , avec quel empressement je vous aurois découvert mes sentimens secrets ! BLINVILLE, à part.

Cette jeime personne a des expressions singulières.

ADELE.

Mais je craignois que des préjugés mal éteints peut-être.,.-

BLINVILLE.

Que dites-vous ?

ADELE.

Je tremhlois que le défaut de fortune...

BLINVILLE.

Je ne vous entends plus.

Vous ne voulez donc pas m'entendre ?

BLINVILLE la Jîxant, Mais de qui me parlez-vous ?

A B £ L £ , vivement.

De qui me parlez-vous , vous-même ?

BLINV ILLE, après un tems, Adèle 5 vous aimez Julien.

ADELE.

Ilh ! qui pourrois-je aimer que lui ?

BLINVILLE.

Il m*en coûte de détruire une erreur qui vous est chère ; mais....

A D E L E ^ très-vh'emcnt.

Ce n'est pas lui que mon père a nommé ?

BLINVILLE.

Non , Adèle,

ADELE.

Ail , malheureuse !

BLINVILL E.

Mallieureuse ! Non , vous ne le serez pas. On a cm que Je pouvois vous convenir , on s'est trompé , voilà tout. Julien a votre cœur , vos parens sont raisonnables , il aura votre main , je crois pouvoir l'espérer.

Vous croyez qu'ils consentiront?....

BLINVILLE.

Ils ne désirent que votre bonheur.

ADELE.

Mon cher Blinville , voudrez-vous bien leur en parler ?

BLINVILLE.

Oui , Adèle , oui, je leur en parlerai.

ADELE.

Que vous êtes généreux !

BLINVILLE.

Pas trop , en vérité. Le sacrifice est pénible, mais je sens qu'il est nécessaire.

ADELE.

Mettez le comble à vos boutés. Julien souffre , Julien esc inquiet...

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