‹ L'orphelin; comédie en 3 actes et en proseChapitre 2 sur 52 · HE L E N E · texte numérisé non relu

HE L E N E

Ils ont été élevés ensemble.

F R. A w c I s ou K.

Et ili s'aiment sans le savoir.

HELENE, vivement.

Tu me fais frémir.

FRANCISQUE

Eh ! pourquoi? Julien esÈ pauvre en apparence; mais il a l'estime de monsieur , et il la mérite. Il est poli, spirituel, et joli garçon ; ce qui ne gâte rien.

HELENE

Oui, mais Julien ne connoîtpas ses parens.

FRANCISQUE

Tant mieux , il sera l'enfant de lui-même.'

HÉLÈNE

A la bonne heure. Mais Blinville a une fortune acquise , et il est aussi joli garçon.

FRANCISQUE

Le plus joli garçon est toujours le préféré.

HELENE

Et tu crois que le préféré , c'est Julien ?

FRANCISQUE

Cela n'est pas douteux , et monsieur trouvera cela de son goût ; car il est riche sans être fier , et bon

HELENE

Sans être dupe.

FRANCISQUE

Est-on jamais dupe , quand on fait le bonheur de ses enfans ? HELENE, détournant la conversation.

Einissons d'arranger tout. Blinviilcse lève matin, il a dé;à fait sans doute le tour du parc, et il va rentrer avec son appétit ordinaire.

FRANCISQUE

Je ne sais pourquoi je ne puis vous pai-lerde Julien que vous ne changiez de conversation.

HÉLÈNE, embarrassée.

C'est toi qui en changes, puisqu*il ne doit être question en ce moment que du déjeuner.

FRANCISQUE

Tenez, Hélène, c'est une remarque que j'ai faite cent fois: vous n'aimez pas Julien. C'est pourtant vous qui l'avez apporté ici à l'âge de deux ans : vous pleuriez en lo présentant à notre maîtresse , elle pleuroit en le recevant , et j'aurois pi.'uré au4ji. si elle au m'ci>t; rcavoyj.

6 L'ORPITELITT,

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