HE L E N E
Ils ont été élevés ensemble.
F R. A w c I s ou K.
Et ili s'aiment sans le savoir.
HELENE, vivement.
Tu me fais frémir.
FRANCISQUE
Eh ! pourquoi? Julien esÈ pauvre en apparence; mais il a l'estime de monsieur , et il la mérite. Il est poli, spirituel, et joli garçon ; ce qui ne gâte rien.
HELENE
Oui, mais Julien ne connoîtpas ses parens.
FRANCISQUE
Tant mieux , il sera l'enfant de lui-même.'
HÉLÈNE
A la bonne heure. Mais Blinville a une fortune acquise , et il est aussi joli garçon.
FRANCISQUE
Le plus joli garçon est toujours le préféré.
HELENE
Et tu crois que le préféré , c'est Julien ?
FRANCISQUE
Cela n'est pas douteux , et monsieur trouvera cela de son goût ; car il est riche sans être fier , et bon
HELENE
Sans être dupe.
FRANCISQUE
Est-on jamais dupe , quand on fait le bonheur de ses enfans ? HELENE, détournant la conversation.
Einissons d'arranger tout. Blinviilcse lève matin, il a dé;à fait sans doute le tour du parc, et il va rentrer avec son appétit ordinaire.
FRANCISQUE
Je ne sais pourquoi je ne puis vous pai-lerde Julien que vous ne changiez de conversation.
HÉLÈNE, embarrassée.
C'est toi qui en changes, puisqu*il ne doit être question en ce moment que du déjeuner.
FRANCISQUE
Tenez, Hélène, c'est une remarque que j'ai faite cent fois: vous n'aimez pas Julien. C'est pourtant vous qui l'avez apporté ici à l'âge de deux ans : vous pleuriez en lo présentant à notre maîtresse , elle pleuroit en le recevant , et j'aurois pi.'uré au4ji. si elle au m'ci>t; rcavoyj.
6 L'ORPITELITT,