B LINVILLE
Kous y voilà. Toujours les préjugés à la place des principes! Connois-tu un homme plus estimable que Julien?
déricou rt.
'Non.
blinville.
!K*est-il pas....
DÉRicouRT, avec impatience.
Il est tout, vous me l'avez déjà dit, honnête, sage, laborieux, intelligent.
BLINVILLE.
Avec ces cyncilités , a-t-on besoin de parens ? Il y a quelques années, un homme nul se paroit encore des vertus de ses ancttres , et nous admirions un sot décoré d'un grand nom- Brti'^e, puérilité. L'homme que j'admire , moi, n'est pas celui qui brille d'un éclat emprunté ; mais celui qui ne doit rien aux aufres, et tout à lui-même ; et cet liomme , c'est Julien. Tu es tellerxîent pénétré de cette vérité, que tu l'associes à ton commerce; et tu lui refuses Adèle ! Toi, bon citoyen, bon mari, bon père, tu ne rons^irois pas de condamner ta fille à dévorer son cœur, à ne voir en toi que l'auteur de ses peines, tu perdrois son estime, celle de ta femme et la mienne pour àe vaines opinions ? Mais je connois mon ami, il ne peut être teureux que du bonheur de sa famille ; il abjurera un moment d'erreur, et couronnera la tendresse de deux enfans pour qui je ne l'aurai pas vai/iement imploré.
DÉRICOURT.
ElinvilL^, je suis ferme, mais sans obstination, et jamais je n'ai résisté à de bonnes raisons. Si je croyois que ma femme approuvât....
BLINVILLE.
laissons agir Adèle et .Julien. L'araovu' est éloquent : ils parleront à son cœur j et le cœur d'une mère a tant de plaisir à se rendre !
dÉricourt.
D'ailleurs elle aime tant cet aimable jeune homme....
BLINVILL E.
Que tu n'auras peut-être que le mérite de l'avoir prévenu.
DÉRICOURT.
Je le voudrois , mou ami , et je suis enchanté que tu aie»
victorieusement combattu , non pas des préjugés , mais les foibles craintes qui m'ont un instant arrêté.
BLIN yiLLE.
Le Notaire , vite le Notaire , car tu es pressé de jouir, surtout quand tes jouissances tiennent d'aussi près à celles de ce que tu as de plus ciier.
DÉRicouRT, souriant.]
Oui, le Notaire, et à l'instant,