‹ L'orphelin; comédie en 3 actes et en proseChapitre 36 sur 52 · R LIN VILLE · texte numérisé non relu

R LIN VILLE

Poursuis , et tu seras juste envers tout le monde. Je te laisse. Montre-toi père tendre , époux sévère , et n'oublie pas que l'extrênae indulgence, eu relâchant les liens de la société, tend à sa dissolution.

DÉRICOURT, seul.

Vingt ans d'une conduite in-éprochable de mentis en na Jour ! le délire de la jeunesse dans l'âge de la raison ! l'opi-

"Ni;-

nion publique ïnéprisée , et pour cpl ? pour un enfant qui ne s'occupe pas d'elle. Toi qut3 j'ai tant aimée ,»tn ne peines p^s cpie ta fille innocente et vertueuse , aime aussi»ce Julie» devant qui elle n'a point à rougir.

SCENEXIII.

BÉRICOURT, JULIEN.

DÉRICOURT.

Ma fille vous est chère ; je vous l'ai accordée , et vous vous éloignez. Ma femme est tout pour vous , et vous m'oubliez , moi, à qui cependant vous devez cpielque cliose: vous abandonnez Adèle, à qui vous devez plus encore , et vous ne prévoyez pas les suites de votre démarche. Des occupations nouvelles, des objets iritéressans vous distrairont peutêtre. Mais que restera-t-il à ma fille quand elle vous aura perdu ? le regret de vous avoir aimé , et le vuide d'un cœur, pour qui l'amour est un besoin, et dans lequel rien ne voi3s remplacera jamais. Pensez-y mûrement, jeune homme ; et sachez que le vain orgueil de remplir des devoirs exagérés ne peut en imposer à un homme de mon caractère.

Je n'ai point d'orgueil, je n'exagère rien ; mais je connozs mes devoirs et je les remplirai , tout cruels qu'ils sont. Je n'amènerai pas chez vous la discorde, je ne l'y verrai pomt exercer ses fureurs ; et deux époux , jusqu'ici fortunés , ne me reprocheront pas de les avoir désunis.

DÉRICOURT.

Je m'attends à ces divisions , j'y suis préparé , et j'y saurai îŒiettre un terme.

j u L I E ît.

Je saurai , moi , les prévenir.

DÉRICOURT.

Dis que tu les rendras plus amères. Ma fille- me redeœaadera Julien , et je te redemanderai à sa mère.

Sa mère 039 rejette.

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