SCENE X y
JULIEN, ADELE.
La voici. ( à Adèle. ) Viens prononcer entre l'amour et Ici devoir ; viens soutenir mon courage ou me rendre à jamais méprisable ; décide enfin du sort de ta mère , et dis-moi qui doit l'emporter d'elle ou de ton amant.
ADELE.
Si J'en suis réduite à cette cruelle alternative...
JULIEN
Il faut opter et promptemeut. Demain , ce soir , dans una heure peut-être il ue sera plus tems.
ADELE.
Et c'est moi que tU interroges ! Consulte ta probité : il fau6 n'écouter qu'elle.
JULIEN
Je pai'tirai donc.
ADELE.
Pars , je sais souifdr et me taire.
JULIEN
J'emporterai ton image.
ADELE.
Et tu me garderas ton cœur.
JULIEN
Quand on aime une fois...
ADELE.
Ah , oui ! c'est pour la vie.
JULIEN, avec enthousiasme. Je pars pour l'armée. La gloire et l'amour élèveront moii ame.
ADELE.
Sois François , sois Républicain. ( montrani son cœur. ) Ta récompense est là.
JULIEN
Je la mériterai. Bien servir sa PatiiG , bien aimer sa mai-' tresse.
oo L * O E. r H E L I K ,
ADELE.
C'est tout ce que peut un Jiuiinéte homme , c'est tout ce qu'on peut attendre de lui.
J V L I E lî , en pleurs.
Adieu , Adèle.
ADELE, pressant sa ninlv.
Adieu... adieu... Jusque à quand ? ( Us s'embrassent. )
T^ous nous attendrissons. Ce n'est point dans les pleurs qu'on s'arrache à ce qu'on aiine.
ISTqus faisons assez pour la nature : donnons du moins un moment à l'amour. ( Jls ^''enibrasseni encore. ) Voilà mon portrait , je le destinois à mon époux. Mon père t'en a donné Je titre ; depuis long-tems ton^ Adè'e t'avoit nommé en secret , ce portrait est à toi. Qu'il nourrisse ta tenciresse, qu'il t'encourage à la vertu. Je sfjrs. Mon ami , ne cherclie plis ù me revoir. Les forces humaines ont un terme , et i'épicuve ne peut aller plus loin.
J U L I E T^ seul , après avoir considéré le portrait en silence.
Voila donc tout ce qui m'e'i reste , voilà mon unique consolation!.., Adèle seule me tiendra compte de mes soulfrances , les autres m'oublieront dans le sein du repos,