JULIEN, F R A N C I S Q U E
FR.ANCIS<^U E.
Tu m'as renvoyé, .et;, je te cherche; tu veux- souffrir seul . et ]G viens m'afîliger avec toi.
JULIEN
Tu m'as élevé , tu t'es toujours montre mon ami; je t'aî donné ma conïLiace , et tu l'as trahie.
G O M E D* I E. . St
FRANCISQUE
Je n'ai cîierclié qu'à te servir. J'ai pu me tromper ; mais mes intentions étoient bonnes.
Cela ne suffit pas toujours , tu le vois. Tu m'as exposé à des reproches qui m'honorent, mais que tu de vois m'éparguer*
FRANCISQUE
Puis-je réparer ma faute ?
JULIEN
Tu le peux , et tu le feras.
FRANCISQUE
Parle : Francisque est tout à toi.
Mon bon ami , j'attends de toi un service* c'est le dernier que tu me rendras.
FRANCISQUE
Ordonne.
JULIEN
Prépare tout pour cette nuit , l'e m'éloiiînerai , sans pren-* dre congé de personne Je t'adresserai quelquefois des lettres pour Adèle ; tu les lui remettras , et tu me feras parvenir les siennes.
FRANCISQUE
Tu es décidé ?
JULIEN
Irrévocablement.
FRANCISQUE
Eli bien , tu partiras. Mais j'attends une grâce à mon tour," et ta condescendance te ré[)ondra de la mienne.
JULIEN
Explique-toi : tu me connois.
FRANCISQUE
Je suis vieux ; mais j'ai de quoi n'être à charge à personne. Ce que je possède est bien à moi , c'est le fruit de mon îra-vail et de vingt ans d'économie. Je puis être utile à un ami malheureux, que sa douleur empêchera de penser à sa fortune. Julien , je te suivrai , et je ne suis discret qu'à cette condition. Mes consolations seront sinq^les comme moi , je ntî te ferai pas de phrase 3 mais j'ai un bon cœur , et tu eaten". dras son langage,
JULIE N
Honnêlp et respectable lioinnie ! Et voilà ceiiv qii'uiT
fol ori^iieil hiimilioit ! Eraiici.sque , ta proposition ne m'étonne, pas ; mais je ne puis l'accepter.
FRANCISQUE
Ton vcfiis m'ofTeuse, .Julieii. Crois-tu que le soutien de ton enfance ne soit pas digne d'être le compagnon de ta jeunesse?
JULIEN
Je vais à l'armée ; je vais mener une vie errante , laborieuse , et ton âge ne te permet ]!lns,...
"Ne suis-je pas Français aussi ? n'ai-ie pas comme toi une Patrie à défendre , et du s;ing à lui oliVir ?
JULIEN
Je ne résiste plus. Oui , nous partirons ensemble. Monam", sois actif et discret ; je serai dans ce salon à minuit ; nous quitterons ces lieux en silence, ces lieux où lu as passé tes beaux jours , et oli ce matin encore la fortune m'avoit flatté de l'espoir le plus doux et le plus mensonger,