‹ L'orphelin; comédie en 3 actes et en proseChapitre 48 sur 52 · JULIE K · texte numérisé non relu

JULIE K

Ne parlez pas de nouveaux dons, les vôtres sont trop cliers. TTn homme de mon caractère n'a besoin de personne : Je saurai supporter mon sort, si je ne puis vaincre l'adversité; et vos conseils, autrefois si précieux, sout superflus en ce moment. Mad. D K R r c G u R t.

Ali! Julien! que d'erreurs ont causé la prévention el l'injustice !

JULIEN

La prévention, ^injustice! c'est vous qu'elles subjuguent.

c'est moi seul qu'elles accablenL.Ne me retenez pas, et laissezmoi partir.

Macl. DÉRICOURT.

Un moment. Rsads-moi ton cœur!

JULIEN

Je ne le puis.

Macl. DÉRICOURT,

C'est ta meilleure amie qui te presse, qui te conjure de ne pas la repousser; c'est une mère égarée et sensible, qui souffre par t(;i, et pour toi, qui voudroit.... qui ne peut !....

JULIEN, d^une voix étouffée.

X^ne mère !.... une mère !

MaJ. DÉRICOURT, sa reprenant.

Je t'en ai tenu lieu , j'en ai rempli les devoirs,

jSTe me i-appellez pas le passé; vous l'efïlicez de ma mémoire. Si je vous dois beai'ooup, fais-je moins aujourd'hui? Je l'enonce à tout ce qui m'attache à la vie , je quitte Adèle , je me dérobe à votre époux , je me jette clans un monde inconnu, sans support, sans espoir, sans autre ami qu'un vieux domestique qui compatit à mes maux , et qui veut les partager ; je m'expose à tout, je brave tout, et pour qui? pour vous seule, femme absolue et barbare. .. Won , je n'aiphis de mère.... je n'en ai plus ; vous avez mis entre nous une éternelle séparation.

Mad. DÉRICOUR^T.

Tu m'accuses.,., tu m'outrages, et je ne puis te blâmer.

j u L I EN.

l);ins l'état oîi je suis , sais-je ce que je fais ?

Mad. DÉRICOURT.

"Me connois-je moi-même? Ma tête n'est plus à moi.... mon désordre est au comble.... mes idées n'ont plus de suite.... de liaison. .. Julien , je perds en toi la moitié de mon être , je ne puis ni te voir, ni me séparer de toi. .. Je n'oppose à tes vœux que rimnuissance.... le désespoir.... des larmes stériles c\m ne peuvent t'appaiser.... Oui, tu me hais, tu le dois, je le sens.

fevs suis convaincue ; mais quelqu'indigne que je t'en paroisse,

f.tne je- goiiEe encore une fois le plaisir d'être mère. Julien

waoH' fils y mon cher fils , mes bras te sont ouverts ; crains-tu ^e t'^ précipiter ? ( Julien balance. ) Julien ! (^ilse jette dans fts bras, )

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