SCENE PREMIERE
•A -HELENE rangeant.
■^LLONS donc , tu ne rien. Des tables , des tasses , et t«ut ce qu’il faut.
FRANCISQUE ratissant.
Depuis une heure vous ne me laissez pas le teaips de respirer. Je suis cependant d’une activité. . .
HELENE
Dans notre métier , on n’ert a jamais assez.
FRANCISQUE. '
La 'vilaine chose que le service !
Il est plus agréable d’être servi.
Aussi ) si je '^deviens maître. . . ■
HELENE
Que feras - tu ?
• Je me servirai moi - même. ■
HELENE
Tu ac t« plaindras de personne.
FRANCISQUE, '
Mais aussi , persoane n« se plaindra de moi,
HELENE
Si tout le mande pensoit ainsi. . .
FRANCISQUE
Il n’y aurait ni maîtres ni domestiques , et chacun serait k se place# HELENE.
Et de quoi vivrions - nous ?
FRANCISQUE
Manque -t- on jamais avec des bras et du courage ? \
HELENE
Il y a vingt ans que tu sers , et tu n’as pas encore fait ces réflexions»
francisque.
C'est qn’autrefois je n’étoîs qu’un valet , et aujourd’hui je suis un homme. ( Ils vont et viennent en préparant le déjeûner, ) , .
Ttt n’as pas à te plaindre du citoyen Déricourt ?
FRANCISQUE.’
Non , certes.
Et de sa femme ?
FRANCISQUE
Encore moins ,*
HELENE
Peur lear fille. ».
L^ORFHELÎir^
Tout le itionde l’aime , et on la serviroit pour rien;
HELENE
Oui , tout le monde l’aime , et je crois que Blinville. . * FRANCISQUE.
Que Blinville. . .
Pourroît avoir des projets. . .
FRANCISQUE
Projets inutiles.
HELENE
Tu croîs . cela ?
FRANCISQUE
Parbleu , si je le crois î Julien rte la quitte plüs; Ils n’ont jamais l’air de se chercher , et ils se rencontrent toujours.
Ils ont été élevés ensemble.
FRANCISQUE
Et ils s’aiment sans le savoir.
HELENE, vivement.
Tu ma fais frémir.
francisque.
Eh ! pourquoi ? Julien est pauvre en apparence ; mais il a î’estime de notre Citoyen , et il la mérite. 11 est poli , spirituel , et joli garçod , ce qui ne gâte rien.
Oui J mais Julien ne connrît pas ses parens.
Aujourd’hui il n’en faut plus ; on esc i’eniant de soi - même.
A la bonne heure. Mais Blinville a une fortune acquise , et il 'est ausii joli garçon.
FRANCISQUE
Le plus joli garçon est toujours le préféré.
Et tu crois aue le oréféré , c’est .fui i en ?
F RANCIS Q U E
Cela n’est pas douteux , et notie Citoyen trouvera cela de sôn gcuè j car il est riche sans être fier , et bon. . .
HELENE
Sans être dupe.
Èst-on jamais dupe , quand on fait le bonheur de ses cnfans ?
H E L È N E 1 détournant la conversation.
Finissons d’arranger tout. Blinville se leve matin , il a déjA fait ss«s doute le toux du parc, et il vk rentrer avec son appétit erdinaîre.
FRANCISQUE
Je ne sais pourquoi je ne puis vous parler de Julien que vous ae changiez de conversation ?
HELENE, embarrassée.
C’est toi qui en changes , puisqu’il ae doit être question en ce momeaj que du déjeûner.
FRANCISQUE
Tenez , Hélène , c’est une remarque que j’ai faite cent fois : vous n’aimez pas Julien. C’est pourtant veus qui l’avez apporté ici à l’âge de déux aqs « vous pleuriez ca 1« présentant à notre «itoyenne , elle pleurdt «n h* receva.nt , et j’aurois pleuré aussi si elle ne m’eût renvoyé.
COMÉDIE
HELENE
Oh ! tu. vas me raDpeîîer tîes choses que je sais mieux que toi»
Sans doute , vous îe savez mieux que moi : voilà pourquoi » quand Je vous «fl parle 5 vous prenez impair de mystère^ . .
HELENE
Du mystère ^ et à propos de quoi ?
FRANCISQUE
Que sais- je ? Ecoutez donc ; il pouvoit y en avoir dans le temps. Notre Citoyen passe en Amérirnie pour recueillir une succession ; il éprouve des .didîcultés : son ahseuee dure trois ans , et à son retour il trouve. . . HELENE, vivemsnt.
Un enfant malheureux que sa femme a accueilli.
Je ne sais pourquoi mes idées reviennent aujourd’hui là-dessus ; car depuis dix-huit ans pavois à-pau-près oublié tout cela, ip est toujours vrai fu’Adele et Julien feroient un bien joli ménage.
H E' L £ N E , détournant entore la conversation.
Mais , Francisque , nous causons. . . aious caasens. . . et nous ne pensons pas que îe temps s’écoule.
FRANCISQUE, tirant sa montre.
Sept heures. x -
HELENE
Et le citoyen Blinville ?
F R A N C ï xS Q U E.
K ext sûrement de retour de sa promenad*. Je vais voir s’il n’a besoin de rien, {veqajdant les tables. ) Tout me paroît prêt, e H E, L E N E.
Oh ! tout absolument.
FRANCISQUE
Au revoir , Hélene,
HELENE
Adieu , Francisque.