‹ L'orphelinChapitre 16 sur 24 · JULIEN, FRANCISQUE · texte numérisé non relu

JULIEN, FRANCISQUE

FRANCISQUE

U m’as renvoyé et je te cherché j tu veux souffrir seul , et je riens m’affliger avec^toi. <

^ JULIEN

Tu m’as élevé , tu t’es toujours montré mon ami , je t’ai donné mj confiance , et tu l’as trahie.

Je n’ai cherché qu’à te servir. J’ai pu me tromper ; mais mes intentions étoient bonnes.

' 4 JULIEN

Cela ne suffit pas toujours , tu le vois. Tu m’as exposé à des reproches qui m’honorent , mais que tu devois m’épargner.

FRANCISQUE

Puis-je réparer ma faute ? .

JULIEN

Tu le peux , et tu le feras.

FRANCISQUE

Parle: Francisque est tout à toi.

JULIEN

Mon bon ami , j’attends de toi un service ,‘ c’est le dernier que tu me rendras.

, FRANCISQUE

Ordonnes.

JULIEN

Prépare tout pour cette nüit , je m’éloignerai , sans prendre congé de personne. Je t’adresserai ' quelquefois des lettres pour Adele ; tu les lui re:nettras , et tu me feras parvenir les siennes.

FRANCISQUE. '

Tu es décidé ?

JULIEN

Irrévocablement. ' -

Eh bien , tu partiras. Mais , j’attends une grâce à mon tour , et ta condescendance te répondra de la mienne.

JULIEN

Explique -I toi : tu me connois.

Je suis, vieux ; mais j’ai de quoi netre à chargé à personne. Ce que je possédé est bien à moi , c’est le fruit de mon travail et de vingt ans d’économie. Je puis être utile à un ami malheureux, que sa douleur empêchera de penser à sa fortune. Julien, je te suivrai, et je ne suis discret qu’a cette condition. Mes consolations seront simples comme moi * je ne te ferai pas de phrases j mais j’ai un bon. cœur, , et tu eistendra,il son langage.

JULIEN

Honnête et respectable homme !... Et voilà ceux qu’un fol orgueil humilioit ! ^Francisque , ta proposition ne m’étonne pas j mais je ne pq|| l’sreeepter. “ ' ^

francisque.

Ton refus m’offense , Julien. ■ Crois-tu qwe le soutien de ton enfance ne soit' digne d’être le compagnon de ta jeunesse ?

Je vais z l’année ; je vais mener une vie errante , laborieuse , et ton £2,6 ne îe permet plus. .

FRANCISQUE

y Ne suis-je pas Français aussi ? Nai ~ je pas comme toi une Patrie à défendre, et du sa^ng à lui Guxir ?

JULIEN

Je ne résiste plus. Oui , nous partirons ensemble. Mon ami , sois actif €t discret ; je serai dans ce sailon à minuit j nous quitterons ces lieux en silence , ces lieux où tu as passé tes beaux jours , et où ce matiji encore la fortune m’avoit fiatté de i’espbir le plus doux et îe plus mensonger.

S C E NE X VIÎJ.

OFRA N Cî'SQ U E, scu/. •

ül , je le suivrai par-toitî— ; et que puis- je faire de' mieux ? Déri-' court trouvera un domestique , et Julien chercheroit en vain un ami l’infortune n’en donne pas encore. Ah 1 voilà la oniîdente.

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