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L'orviʹetan

De toutes les panacées offertes à la crédulité publique, il n’en est peut-être aucune dont la réputation ait surpassé celle de l’orviétan. Malgré la vogue extraordinaire qu’obtint cette drogue aux xvne et xvme siècles, et le grand nombre de ceux qui la débitaient, les noms de ces derniers sont, pour la plupart, tombés dans l’oubli. Il m’a paru intéressant de rassembler les notes que j’ai recueillies, il y a plusieurs années déjà, sur les plus fameux de ces charlatans, et d’établir, d’après des pièces authentiques, l’histoire du plus célèbre d’eux tous et de sa famille, demeurée, pendant près d’un siècle et demi, en possession du privilège d’exploiter le secret de ce spécifique que la pharmacie ne dédaigna pas d’adopter. On y verra les luttes inces-

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santés qu’ils eurent à soutenir, soit avec leurs rivaux, soit avec les apothicaires, jusqu’au moment où, déchu de son ancienne renommée, leur électuaire tomba peu à peu dans un complet abandon.

L’article Contugi du Dictionnaire de J al, seule biographie publiée jusqu’ici, m’avait d’abord servi de guide; mais les lacunes et les erreurs qu’on y rencontre m’ont bientôt forcé de l’abandonner pour recourir à des documents plus exacts.

Les sources originales auxquelles j’ai puisé sont assez nombreuses.

Les Archives nationales possèdent beaucoup d’actes à l’aide desquels la famille Contugi a pu être suivie depuis l’arrivée à Paris de son chef, jusqu’à la disparition de ses derniers membres. On y trouve la relation de quelques-uns de leurs procès, et une liste étendue des personnes qui obtinrent des brevets pour l’exploitation de T orviétan.

A la Bibliothèque nationale, le département des Manuscrits conserve des copies abrégées de quelques registres paroissiaux de l’ancien Paris. Ces recueils, devenus si précieux depuis la perle des

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originaux dans l’incendie de 1 Hôtel de Ville, m ont permis de compléter et de placer à leur date les naissances, les mariages et les décès des descendants de notre opérateur.

Le catalogue des Imprimés ne mentionne presque rien de spécial sur l’orviétan ; mais on trouve dans de nombreux ouvrages, des passages que j ai mis à profit.

Je n’ai rencontré, aux Estampes, qu’un des portraits que j’espérais y voir, et seulement de rares gravures ayant traita notre sujet, et dont quelquesunes seront reproduites dans ce volume.

Enfin, dans les Commentaires de la Faculté de médecine de Paris, soigneusement gardés aux Archives de l’École, j’ai recueilli des détails curieux sur les rapports de cette Compagnie avec plusieurs charlatans, et en particulier avec Contugi. On y assiste aux études médicales de l’un des fils de ce dernier, qui parvint au grade de docteur régent, el 11e passa point inaperçu.

Grâce à l’ensemble de ces renseignements, 1 histoire de l’orviétan a pu être tirée de l’obscurité qui l’enveloppait, et dégagée de la confusion existant jusqu’alors entre les divers personnages qui

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ont porté ce nom. Si la lecture de ce travail présente quelque intérêt, je serai amplement dédommagé des longues recherches qu’il m’a obligé de faire.

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