‹ L'ossuaire (volume 2)Chapitre 13 sur 105 · INTRODUCTION. XXIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXIX

dans nos hameaux, on ne voit pas les fossoyeurs tenir des boutiques de trépasses; on ne touche les ossemens chrétiens que pour les ensevelir en terre , lorsqu'ils sont aperçus souffreteux exposés au vent et à la foulure.

« Moi, je n ai pas peur dans les cimetières; je me suis agenouillée, même la nuit, sur les tombes de ceux qui sont près de Dieu.

» Un soir de la dernière moisson , en relevant une gerbe pour retourner au logis , la faucille d'un travailleur se choqua contre quelque chose de dur; elle en fut ébréchée. Le moissonneur saisit avec colère ce qu'il avait heurté ; il allait le lancer loin comme on fait

XXy INTRODUCTION.

dune pierre; tout à coup il s'arrêta et pâlit!..

C'est un os de mortî..

— Ça s'peut, dit une vieille mère; ce champ a e'té un charnier, il y a plusieurs cents ans.

«Chacun fit le signe de la croix et s'approcha pour voir l'os : — 11 faut le porter en terre be'nite.

Le berger passait en ce moment.

— « C est un bras de jeunesse, » dit-il

— Le bei'ger était savant, il n'y avait que moi de fille parmi les moissonneurs, c'était mon devoir d'aller, selon l'usage de chez nous, creuser une fosse pour la relique mortuaire, et faire seule une veillée d'uneheuredans le clos des morts.

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