PREMIÈRE PARTIE, CHAP. l
lième siècle. M. de Salmar, le chef d'une d'elles , y exerçait la profession de commissaire terrier ; son érudition et sou aptitude à déchiffrer les écritures de tous les temps lui donnaient dans sa province une prépondérance de savoir. Les généalogies des illustres familles du Forez étaient inscrites avec soin "sur ses tablettes nobiliaires , avec les particularités remarquables des liefs dont il possédait les titres.
Les Flachères , les Pelouza , les Maulevriers , alliés aux maisons de France et de Savoie , portaient dans leurs écussons les insignes des croisés, et leurs légendes de vaillance étaient un médaillon historique.
Un sire de Damas prit l'engagement d'aller par trois fois outre mer vaincre les infidèles.
La châtelaine de Coliguy, en l'absence des comtes de Talaru , cnvo^ sa déclara-
lO L OSSUAIRE.
tion qu'elle n'abaisserait point le pont-levis du château de Saint-Marcel devant la force des armes, et qu'elle saurait combattre. Les Laubépin vinrent aussi inscrire à la châlellenie de Néronde leurs protestations contre l'usurpation du duché de Bourgogne , comme représentant les derniers rejetons de cette branche royale. Tous ces titres étaient un faisceau de gloire; ils sont restés ignorés des historiens.
M. de Salmar en connaissait l'esprit. Sa mémoire était le recueil des fastes du pays.
Ainsi la châtellenie de Néronde, l'une des plus anciennes du royaume , possédait des archives où toutes les phases de la contrée étaient inscrites.
Tous les démêlés assoupis , tous les traits de grandeur, tous les actes de générosité y élaient enregistrés, et on pouvait étudier