‹ L'ossuaire (volume 2)Chapitre 24 sur 105 · PREMIERE PARTIE, CHAP. l . Il · texte numérisé non relu

PREMIERE PARTIE, CHAP. l . Il

la marche du temps avec celle des mœurs.

Les excursions belliqueuses , les envahissemeus féodaux , les accords , les guerres de châteaux , les contrats , les alliances , les souvenirs , tout était reflété sur ces parchemins séculaires. C'est ainsi que de nobles familles rattachèrent à leur blason les traits d'honneur de leurs ancêtres.

M. de Salmar, ainsi que ses pères , s'était occupé d'annotations héraldiques ^ et voyait ' accourir auprès de lui tous les nobles feudataires , pour s'enquérir des droits et des préséances de leurs devanciers. Son opinion était citée , elle faisait loi ; elle apaisa souvent les vieilles rancunes incrustées dans les baplistaires , et qui se léguaient de li-' gnée en lignée.

M. de Salmar, toujouis franc et juste, était généreux par nature et ferme par devoir.

11 élevait avec prédilection une jeune pupille ; c'était Tenfaiit que le sort avait jeté dans ses bras ; il Tavait sauvée dans une course matinale , il lui donna le nom ai" Aurore. Les objets qu'il avait trouvés sur elle furent recueillis comme un gage de destinée : un médaillon , suspendu à un ruban vert, renfermait un écrit qu'il ne montra jamais; l'empreinte d'un cachet rompu par le milieu le fit méditer. Ses recherches n'amenèrent qu'une incertitude pénible et un conflit de conjectures trop insuffisantes pour Téclairer et assez probables pour causer son effroi .

Plus ses investigations s'étendaient , plus il redoutait de pénétrer le mystère.

Une trace de sang semblait marquer le sentier de la vie d'Aurore. M. de Salmar en détournait les yeux avec horreur.

Lorsqu'au milieu de la nuit il entendait

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